‹ Le palais de Saint-CloudChapitre 40 sur 91 · MARIAGE CIVIL DE NAPOLÉON F · texte numérisé non relu

MARIAGE CIVIL DE NAPOLÉON F

La mort du jeune prince dont nous avons rapporté le baptême solennel détermina Napoléon à contracter une alliance qui lui permît d'avoir des héritiers.

On connaît les scènes dramatiques auxquelles donna lieu, aux Tuileries, la répudiation de Joséphine. Le mariage de Napoléon avec Mme de Beauharnais n'avait pas reçu, à l'origine, de consécration religieuse; on put arguer que la bénédiction donnée la veille du Sacre était une carte forcée sans consentement réel de l'Empereur ; le mariage fut facilement cassé et la dissolution en fut prononcée le 12 janvier 1810. Joséphine se retira à la Malmaison, et un conseil secret fut tenu à Saint-Cloud dans le salon de Vénus pour délibérer sur l'alliance la plus avantageuse pour la France. Ce conseil présidé par Napoléon était composé de Joseph, roi d'Espagne; de Louis, roi de Hollande; de Mnrat, roi de Naples ; du prince Cambacérès, archi-chancelier ; du prince de Talleyrand et du duc de Bassano. Le choix roula sur trois princesses, une sœur de l'empereur Alexandre, une archiduchesse d'Autriche, enfin la fille du roi de Saxe.

On sait comment, malgré les bonnes dispositions du Czar Alexandre et l'opinion émise par Cambacérès et Caulaincourt sur Favantage de l'alliance russe, Talleyrand parvint à faire pencher la balance en faveur de l'archiduchesse Marie- Louise. Berthier, prince de Neufchâtel, fut chargé d'aller à Vienne épouser par procuration la fille de François I" (1).

' Le mariage fut célébré civilement au palais de Saint-Cloud le 1" avril 1810, conformément au programme tracé par le comte de Ségur, grand-maître des cérémonies. Les ambassadeurs, les cardinaux, les ministres, les maréchaux, les grands aigles de la Légion d'honneur, les grands-officiers de l'Empire et les officiers des maisojis, les sénateurs, les députés, etc., étaient à midi dans la galerie d'Apollon et placés suivant leur rang par les aides des cérémonies et assistaient à l'entrée du cortège.

Sur une estrade surmontée d'un dais étaient les fauteuils de l'Empereur et de l'Impératrice.

Au bas de l'estrade et de côté est une table couverte d'un tapis sur lequel sont placés les registres de l'état civil.

(1) M. 11? baron Antommarchi, dans la Rente /lehdomadairr. 1899. cL M. Alixn-l Yaiulal. dans le Caniel historique et littéraire, janvier 1900, ont public des documents touchant la mission du prince de Neufchâtel à Vienne.

A deux heures, le cortège étant réuni dans les appartements de l'Empereur, le grand maître des cérémonies, le colonel général de la garde de service, les grands officiers des couronnes de France et d'Italie vont chercher Leurs Majestés. Le cortège se met en marche pour se rendre dans la galerie en traversant les salons de Mercure, de la Vérité et de Mars.

En tète, les huissiers, les hérauts d'armes, les maîtres des cérémonies, les officiers de la maison du roi d'Italie, les écuyers, les chambellans, les aides de camp de l'Empereur, le gouverneur du palais, le secrétaire de l'état de la famille impériale.

Puis, les grands officiers de la couronne d'Italie, le grand chambellan de France et celui d'Italie, le grand maître des cérémonies et le grand écuyer d'Italie.

— Les princes grands dignitaires.

— Les princes de la famille.

— L'Empereur. ' ' ■ '

— L'Impératrice.

Derrière les souverains : le colonel général de la garde de service, le grand maréchal du palais, les grands aumôniers, les officiers de la maison de l'Impérali'icc, les dames d'honneur et la dame d'atour, les princesses de la famille, les dames du palais et les dames des maisons des princesses, les officiers des maisons des princes, tous les dignitaires de la Cour étant placés suivant leur rang.

Se trouvaient à droite de l'Empereur : Madame, le roi de Hollande, le roi de Westphalie, le prince Borghèse, duc de Guastalla, le roi de Naples, le prince Eugène, le prince archi-chancelier, le prince vice-grand électeur.

A gauche de l'Impératrice : la reine d'Espagne, la reine de Hollande, la reine de Westphalie, la grande duchesse de Toscane, la princesse Pauline, la reine de Naples, le grand duc de Wurtzbourg, la princesse Augusta, le grand duc et la grande duchesse héréditaire de Bade, le prince archi-trésorier, le prince vice-connétable.

L'Empereur étant assis, le grand maître des cérémonies prit les ordres de Sa Majesté et alla inviter le prince arclii- chancelier à se rendre devant le fauteuil de l'Empereur.

Ayant fait une révérence à Leurs Majestés, le prince archi-chancelier prononça les paroles prescrites par le Code Napoléon. L'Empereur, puis l'Impératrice répondirent et le prince archi-chancelier « au nom de l'Empereur et de la loi » déclara S. M. l. et R. Napoléon, empereur des Français et roi d'Italie et S. A. l. et R. l'archiduchesse Marie-Louise unis en mariage.

Après les signatures, des salves d'artillerie tirées à Saint-Cloud et répétées à Paris, aux Invalides, annoncèrent l'événement. Un grand dîner réunit les princes et princesses aux souverains, tandis que d'autres tables étaient servies pour les dignitaires et les autres invités. Après le diner, spectacle au théâtre de la

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