‹ Le palais de Saint-CloudChapitre 41 sur 91 · MARIK-LOUISE EN · texte numérisé non relu

MARIK-LOUISE EN

Dessin de Godefroy fait à Saint-Cloud. (Collection Garniei').

Cour : Iphigénie en Aulide, auquel sont invitées toutes les personnes qui ont assisté au mariage.

Dans le parc, l'illumination générale avait été disposée avec un art infini ; elle rendait le jeu des eaux plus brillant par les feux sur lesquels ces eaux retombaient en cascades. L'aspect de la grande cascade avait quelque chose de magique : « Dans leurs descriptions des jardins enchantés, dit le thuriféraire

du Blonileur, les poètes n'ont donné qu'une faible idée d'un tel aspect et d'un tel effet de lumières. »

Dans toutes les parties du parc, des jeux de toute espèce avaient été préparés. Une foule immense venue de Paris et des environs s'est mêlée à la fête où rien ne manquait, enthousiasme, mouvement et gaieté. Qui songeait alors à faire des rapprochements avec d'autres fêtes données en l'honneur d'une archiduchesse d'Autriche? Quelques-uns sans doute voyaient dans ce mariage une imitation de Louis XVI, « s'étonnaient de la présence d'une princesse montant sur un trône dressé si près de l'échafaud, où son propre sang avait coulé, souvenir cruel qui blessait le sentiment des convenances ». A ce sujet, le général de Ségur donne son impression de tristesse; mais c'était une exception, et dans ce jour du 1" avril 1810 la foule avide de plaisirs ne se faisait pas de telles réflexions.

Chose étrange et qu'ont notée les contemporains : à Paris, pendant la cérémonie civile, il pleuvait à verse, tandis qu'à Saint-Cloud il faisait beau. Le lendemain, à l'heure de la solennité de Notre-Dame, il pleuvra à Saint-Cloud, tandis qu'à Paris la journée sera radieuse. « L'étoile de l'Empereur, dira-t-on, l'a emporté deux fois sur les vents de l'équinoxe. »

Dès la pointe du jour, le lundi 2, les villes et les campagnes de Paris se sont mises en mouvement pour se réunir sur la route de Saint-Cloud.

Des salves d'artillerie retentissent pendant que le soleil apparaît un instant; la voiture du sacre, suivie et précédée d'un cortège sans pareil, prend le chemin de Notre-Dame; au bruit des cloches, des salves, des acclamations enthousiastes d'une foule idolâtre. Napoléon et sa jeune épouse font leur entrée triomphale dans Paris.

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