LES SPECTACLES A LA COUR. — VISITE DE LA COMTESSE POTOCÉA
Le théâtre était la distraction favorite de Napoléon ; aussi ne négligea-t-il pas le moyen de faire représenter des tragédies. La petite salle construite en 1743 fut démolie en 1802 afin de dégager les bâtiments et d'ouvrir un chemin direct pour la Malmaison. Elle fut remplacée aussitôt par la salle qui subsista jusqu'en 1863 et qui prolongeait l'Orangerie détruite également à cette époque. Le premier spectacle de cour eut lieu le i2 juin 1803 dans la nouvelle salle de spectacle, devant les ministres et les ambassadeurs qui assistaient à la représentation d'Estlie/' avec les chœurs. Après la tragédie, Lafon lut une cantate de Fontanes sur la guerre avec l'Angleterre qui venait de recommencer après la courte paix d'Amiens. Lors du baptême du prince Napoléon-Louis en 1805, il fut donné une représentation de gala d'Al/ial/e.
En dehors des représentations extraordinaires, la Comédie-Française venait donner régulièrement les pièces du répertoire. Cette habitude se continua même pendant les absences de l'Empereur et plus tard, quand Marie-Louise sera seule à Saint-Cloud, les comédiens ordinaires joueront deux fois la semaine.
Napoléon aimait à se faire lire d'avance par ïalma les pièces qui devaient être jouées à Paris, par exemple Hector de Luce deLancival, la Mort de Henri IV de Legouvé. A la lecture que Talma avait faite de cette pièce devant l'Empereur, quand il prononça ce vers mis dans la bouche de Henri IV :
Je Irenible, je no sais quel noir pressentiment,
Napoléon dit vivement à Legouvé : « Il faut clianger cette expression, un
(1) Mémoires de Baussel, df la duchesse d'Abranlùs, de Méneval, ele. Moniteur unicerael.
RÉVOLUTIOiN Eï EMPIRE. 171
roi peut trembler, c'est un homme comme un autre; mais il ne doit jamais l'avouer. » L'auteur substitua je frémis à je tremble.
A Saint-Cloud également furent représentés tes Vénitiens d'Arnault que la censure venait d'interdire. C'est grâce à cette curieuse cour de cassation que cette pièce dut de voir le jour. En revanche, les Etals de Blois de Rtiynouard,