HISTOIRE DU PALAIS DE
SAINT-GLOUD.
La censure avait enlevé les allusions aux « princes supprimés », à la « Germanie » qui pouvaient déplaire à Marie-Louise et bien d'autres qui s'attaquaient au pouvoir absolu. Quoi qu'il en fût, il y en avait encore beaucoup trop pour l'Empereur qui avait cru voir dans cette comédie une satire des alliances entre ses généraux et les familles de la vieille noblesse. Il avait froncé le sourcil à ce portrait d'un chambellan :
« Je crois qu'il attend un décret pour penser » ; puis en entendant l'Intrigante promettre un brevet de colonel, il se tourna avec humeur vers ses aides de camp et leur dit : « Il n'y a que moi qui fasse des colonels ! »
Un dernier vers :
.lo suis siijcl (In |»i ince (M loi dans ina famille.
lui fit dire avec irritation : « C'est à moi que ce mot s'adresse » et il se leva décidé à interdire la comédie d'Étienne. h' Intriganfe disparut de l'affiche au bout de douze représentations. Sous la première Hestauration on offrit à Etienne de reprendre sa pièce au Théâtre-Français. Il refusa noblement, de crainte de donner lieu, par sa faute, à des réflexions désobligeantes pour l'Empereur dont il avait reçu des bienfaits. « La défense d'une comédie, écrivit-il alors dans son journal, n'est pas un malheur pour un auteur; mais l'ingratitude est un malheur pour tout le monde. » Il est rare de voir un tel témoignage de reconnaissance, et il méritait d'être signalé (1).