‹ Le palais de Saint-CloudChapitre 48 sur 91 · CHARLES X ET SA FAMILLE · texte numérisé non relu

CHARLES X ET SA FAMILLE

Si Louis XVIII, regrettant Versailles, aimait peu Saint-Cloud, Charles X, au contraire, l'habitait avec plaisir, et longtemps. La ville s'en animait davantage

de ce séjour prolongé de la cour ; les grandes eaux attiraient toujours la foule ; la foire était plus animée que jamais.

Un petit événement amusant fut l'arrivée, en juillet 1827, d'une girafe femelle de 12 pieds, que le pacha d'Égypte envoyait au Roi. On n'en avait jamais vu de cette taille et le jardin du Roi (Jardin des Plantes) auquel elle était réservée n'en possédait pas de comparable.

Charles X aimait la chasse, et le petit parc de Saint-Cloud lui fournissait des après-dîners faciles et giboyeux ; mais, en dehors de la chasse et des réceptions forcées, le Roi menait une vie calme et assez monotone. L'étiquette gardée rigoureusement les jours de représentation était presque bannie de Saint- Cloud. Après la messe, dite à midi, les officiers de la maison étaient libres d'agir à leur guise et cela jusqu'à l'ordre donné à neuf heures du soir. (( A ce moment, raconte le comte de Neuilly dans ses Souvenirs, on se rendait dans le grand salon où se trouvait la famille royale. Le

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Roi faisait son whist avec Mme la duchesse de Berry quand elle était à Saint-Cloud. M. le Dauphin jouait aux échecs avec un de ses officiers, en dépit du hon sens ; à dix heures et demie précises, il baisait la main de son père et de sa femme et allait se coucher. Mme la Dauphine travaillait près de la table d'écarté à un ouvrage de tapisserie ou à découper des cachets qu'elle donnait en masse à quelqu'un de peu fortuné qui en tirait un bon produit : on lui en envoyait de tous les secrétariats et des ministères. Elle nous appelait successivement pour faire sa partie à cent sous, jamais plus, ni moins. Le jeu du Roi durait jusqu'au delà de onze heures ; après quoi, la soirée était terminée. Cependant quand il était rentré, ceux de nous qui voulaient continuer le jeu restaient ; et alors, l'or roulait sur la taille. »

Dans cette cour très calme de Charles X, il semble que l'intérêt ne s'attache guère ni au vieux Roi ni au duc et à la duchesse d'Angoulème. Le Dauphin revenu de l'exil avec des idées que rien ne doit lui faire changer n'a pas essayé de se mettre au diapason de son temps ; son intelligence très courte n'est pas suffisamment cultivée et il n'essaie ni de se conserver des amis (1 ), ni de se faire des partisans pour le jour où il serait appelé à monter sur le trône.

Quant à la duchesse d'Angoulème, murée dans une douleur farouche que le temps n'a pu adoucir, entêtée dans ses rancunes comme dans ses hauteurs, elle a fait de l'austérité rigoureuse une religion étroite qui lui donne sans doute droit à la vénération des ultras, mais ne saurait lui gagner le cœur des royalistes modérés ou des libéraux. On se souviendra de cette princesse honorable, mais peu aimable, comme d'une figure de la tragédie antique. La fatalité a marqué son front que ne détendra aucune miséricorde magnanime, que ne déplissera jamais aucun sourire de la vie qui passe.

Et pourtant, ne soyons pas exagérément amer pour cette malheureuse Dauphine : elle se montra charitable pour les pauvres, fut l'Antigone du vieux Roi en exil et s'occupa de l'éducation de ses neveux. S'en occupa-t-elle utilement? Voilà ce dont les mémoires contemporains nous font douter. C'est d'elle que Mademoiselle tiendra ses hauteurs, et le jeune duc de Bordeaux ses idées arriérées sur la société de son temps.

L'intérêt va surtout au fils posthume de la duchesse de Berry, à l'Enfant de la Providence qui semblait être appelé à monter sur le trône.

Henri de France s'était vu, tout petit enfant, l'objet à la fois d'un grand respect et d'une grande sévérité. La sévérité était parfois nécessaire, car il était d'un

(■1) A peine si ses deux belles pages militaires de 1815 et de 1823 l'ont, sauve'' de la ( rili(|Ue sévèi'e de ses contemporains.

caractère violent et volontaire; une seule personne semble avoir obtenu de faire céder le petit prince, c'est sa sœur, la jeune Mademoiselle, raisonnable et pondérée, qui, devant tous, le déclarait irréprochable, mais savait bien lui adresser elle-même des reproches quand ils étaient seuls. Rien de touchant, ont souligné les témoins oculaires, comme cette tendresse éclairée d'une enfant de

Collcclion de Gai-niei-. (Cliclié Maindi-oii)

huit à dix ans à l'égard du jeune duc de Bordeaux. Entre le frère et la sœur du reste, l'atrection était réelle et profonde. La gouvernante de Mademoiselle, la duchesse de Coûtant, cultivait ce mutuel attachement qui devait être plus tard une de leurs plus douces consolations dans les années d'exil.

L'enfant est bien jeune avant la révolution de 1 830, pour que nous le suivions dans ses jeux avec les jeunes de Bourbon-Busset (petits-fils de Mme de Gontaut), avec Agénor de Guiche, avec Josselin de Chabot, avec Charles de Mefîray ; il révèle des goûts militaires, aime jouer au soldat avec la garde à Bagatelle ou à Saint-Cloud, déclarant au moment de l'expédition d'Alger à son fidèle Lavillatte qu' « il voudrait bien aller en Afrique, qu'il serait fier d'en revenir avec une balafre sur la figure comme celle du général Auguste de La Hochejaquelein ».

SAINT-CLOUD SOUS LES DERNIERS BOURRONS

Au sortir de la première enfance, le jeune duc était enlevé aux mains de la duchesse de Gontaut et confié au duc Mathieu de Montmorency, « l'homme le plus pieux du royaume », ce qui scandalisa les libéraux. Le duc mort presque aussitôt après, Charles X fit choix d'un de ses compagnons d'exil, le marquis de Rivière fait duc à cette occasion. Rien de plus intéressant ù lire que les instructions adressées par Mme de Gontaut au nouveau gouverneur. En maîtresse femme qu'elle était, elle dépeint l'enfant sous toutes ses faces, avec son caractère loyal et son esprit de justice, sa sensibilité et sa volonté. Charles X croyait en M. de Rivière à qui il confiait V Enfant de la Providence. Le duc mourut à peine deux ans après sa nomination, le prince ayant huit ans; on ne peut donc savoir ce qu'il aurait fait de lui. Le dernier gouverneur était un cœur dévoué, mais un esprit étroit et arriéré qui fit du jeune duc un parfait chrétien, mais non un chrétien ayant fait son éducation de prince. M. de Damas le suivra à Holyrood et à Prague, et subissant les influences combinées de la duchesse d'Angoulême et de M. de Blacas, il arrivera à faire de cet adolescent très doué, séduisant et susceptible de se gagner des partisans, un prince d'ancien régime, invisible au commun des mortels, inaccessible au\ idées nouvelles, ignorant son temps et inconnu de la plupart (1 ).

L'enfance et l'éducation des princes appelés à monter sur le trône offrent de curieux points d'étude et de comparaison et il est bien précieux de pouvoir suivre les moindres détails dans les Mémoires de la duchesse de Gontaut ; tantôt auprès de la duchesse de Berry, tantôt auprès du vieux Roi, voilà le jeune prince commençant ses études, bataillant avec ses camarades au Trocadéro... Trente ans plus tard, un autre héritier du trône y prendra mêmes ébats

Mais de gros événements se préparent, dont Saint-Cloud fut le théâtre, et nous devons rentrer dans la politique.

AVANT LA HÉVOLUTION.

Dans ce palais, en effet, furent signées les fameuses Ordonnances qui devaient précipiter Charles X de son trône : Saint-Cloud aA^ait été l'Alpha de la dynastie des Bourbons; la branche aînée allait y trouver son Oméga.

Nousn'avons pas à reprendre par le détailles différentes phasesparlementaires

(1) Un seul de ses gouverneurs semble a^■l)ir cnlrcMi un i-(iiii|in)niis possible entre les idées nouvelles et les préjugés et us anciens, c'esl le oénéral niar(|uis d'Ilaulpoul. qui essaya à Prague, en 1834, de mettre ses idées en pratique. Li' due d(^ Blaeas ne devait pas larder à le faire remplacer par le général de Saint- Chamans. Les préeieux Mémoireu dr M. d ilautpnul \ iciinenl d'être publi(''s, lib. Pion.

et politiques du règne de Charles X, les espérances d'apaisement et de concorde que des mesures maladroites devaient faire évanouir. Les lois d'indemnité et de sacrilège, le droit d'aînesse et les menées de la Congrégation avaient dévoilé tout ce que pouvait tenter la folle ambition de l'ancien parti de Coblentz redevenu tout puissant.

Yillèle a supprimé la garde nationale, la résistance s'organise sous le ministère Martignac, et, en pleine ère de difficultés, qui (Uiarles X a-t-il chargé de les surmonter? Le prince Jules de Polignac, un ami particulier, un homme qui avait hésité à prêter serment à la Charte, qui ne comprenait pas la France moderne, et dont le dévouement aveugle ne pouvait qu'aider son maître à se précipiter dans l'abîme. Avec le prince Jules aux AITaires étrangères, le ministère de. résistance comprenait : le général de Bourmont à la Guerre, le vice-amiral de Rigny à la Marine (bientôt remplacé par le baron d'Haussez), le comte de Chabrol aux Finances, M. Courvoisier à la Justice, le comte de Montbcl à l'Instruction publique, le comte de La Bourdonnaye (puis .M. (iuernon de Banville) à l'Intérieur. Quand, le soir du 8 août 1820, M. de Martignac nommait les nouveaux ministres devant Hoyer-Collard, le président de la Chambre s'écria : • Un tel ministère ne se comprend pas... Allons, Charles X est toujours le comte d'Artois de 1789! >-

Devant la Chambre très houleuse de \H'M), le ministère com[)r('iiait encore trois membres nouveaux : M. de Peyronnet, rhomme de combat du ministère Villèle ; MM. Capelle, de Chantelauze qui, avec le prince de Polignac, MM. de Montbel, d'Haussez, (iuernon de Banville, devaient préparer les Ordonnances; en juillet, Bourmont sera en Algérie.

L'adresse royale a été reçue froidement le 1 8 mars, la Chambre est prorogée ; les protestations venaient de toutes parts. Le Hoi s'entêta. Sans s'être préparé pour la lutte, endormi comme tout son entourage dans une inconcevable quiétude ; sans s'informer des progrès immenses des partis, de l'etlet produit à l'étranger [les avertissements ne lui manquaient pourtant pas de Vienne et de Saint-Pétersbourg (1)|, Charles X se montre décidé à résister à la Chambre.

La dissolution est dictée par Ordonnance du 1 6 mai et l'ouverture de la nouvelle Chambre était fixée au 3 août. En apparence, l'attention des esprits se portait du <'ôté de l'Afrique : un coup d'éventail donné par le dey d'Alger sur les doigts du consul de France s'ofîrait en prétexte d'une expédition que le Boi et le duc d'Angoulême désiraient ardemment. Envisageant l'avenir avec une

(1) Ih'peches <lu (-ointe de Raynoval et du duo de Mortemart, alarme jetée par Pozzo di Borgu dans le corps di|ilonia1ii]U('. etc.

SAIiNT-GLUUD SOUS LES DERNIERS BOURBONS. 189

confiance qui peut étonner, Charles X comptait sur un double triomphe militaire et électoral.

Tandis que le généraldeBourmontetramiralDuperréfaisaient voile pour Alger et que la France électorale s'agitait, le Koi recevait à Saint-Cloud son cousin, le

D'après un dessin d'Aulii-y. CoUeclinn (larnier. cliché Maindron.

roi de Naples, père de la duchesse de Berry et frère delà duchesse d'Orléans, accompagné de sa seconde femme, Marie-Isabelle, infante d'Espagne. En l'honneur des Majestés siciliennes, il y eut fête à Rosny chez la duchesse de Berry, fête à Compiègne, fête à Chantilly chez le duc de Bourbon. Après avoir visité toutes les résidences royales, les souverains demeurèrent quelques jours à Saint-Cloud où une soirée théâtrale fut donnée en leur honneur.

Un incident se produisit que relate la duchesse de Gontaut : « On passait par l'Orangerie pour se rendre à la salle de spectacle. Charles X y conduisait la

HISTOIKE DU PALAIS DE SAINï-CLOUD.

reine de Naples à qui il donnait le bras. 11 dit au duc de Bordeaux : « Suiveznous. » Le jeune prince entrait dans l'Orangerie ; se trouvant sur la même ligne que le duc d'Orléans, il s'arrêta avec respect. Le baron de Damas le poussa alors et dit tout haut : « Passez, Monseigneur, le Roi le veut ainsi » . Mademoiselle, avec sa gracieuse gentillesse, s'approcha de son oncle et prit sa main. « Arrivé au théâtre, ajoute Mme de (rontaut, le duc d'Orléans se plaça près de moi, se plaignit de l'incident qui venait de se produire, me parut blessé de la leçon qu'il prétendait avoir reçue. » — La duchesse essaya, mais en vain, de le convaincre qu'il y avait eu méprise ou précipitation de la part du baron de Damas, le Roi attendant son petit-fils. M. de Damas, on^ne peut le nier, avait eu une idée bieji inopportune d'interpeller ainsi tout haut son élève, bien qu'en strict droit royal il eût raison... Le duc d'Orléans, comblé par Charles X, se souviendra moins des bienfaits reçus que de maladresses comme celle-là.

Le séjour des souverains napolitains se termina par une fête au Palais-Royal, fête luxueuse avec illuminations dans le jardin, resplendissante d'illustrations de tous les partis, car les anciens émigrés y coudoyaient les coryphées du parti libéral et même quelques députés avancés. Le mot de la soirée où les tlontlons des orchestres couvraient à peine la voix des politiques etïrayés, le mot fut dit par M. de Salvandy : « C'est une vraie fête napolitaine, car nous dansons sur un volcan. » 11 n'y manqua même pas le feu, car la foule qu'on avait laissé pénétrer dans le jardin arracha des arbustes et brûla des chaises entassées. Les signes de l'etrervescence pu])lique ne manquèrent pas de se produire, et en souvenir sans doute de Camille Desmoulins prêchant l'insurrection le 12 juillet 1 789 dans ce même jardin des orateurs révolutionnaires excitaient la foule et prônaient la liberté.

Laissons les contemporains s'extasier sur cette fêle sans seconde, Charles X disant à une heure du matin au baron Gérard : « C'est une féerie, une des mille et une nuits », le Journal des Débats glisser délicatement sur les divers incidents des jardins ; suivons le Roi toujours souriant dans sa bénévole quiétude ' et rentrant au milieu de la nuit au palais de Saint-Cloud. Ce fut la dernière fête mondaine de la monarchie.

L'esprit de parti avait entièrement fait perdre à l'opposition non seulement la notion de la justice, mais encore le sentiment du patriotisme. Il n'y a pas dans l'histoire de France un fait d'armes plus glorieux et plus utile à la chrétienté et à la civilisation que la prise d'Alger. Et cependant la politique, la fièvre électorale avaient tellement altéré le caractère national que cette victoire grosse

SAINT-CLOLÎD SOUS LES DERNIERS BOLIRBOiNS.

de conséquences fut accueillie par les ennemis du ministère Polignac non seulement avec indifférence, mais même avec hostilité.

D'après une estampe de l'époque. (Colleclion Klcury).

Dans le fameux rapport qu'adresseront les ministres au Roi le 25 juillet, il sera question d'infâmes délations de la presse, de journaux de l'opposition prévenant le dey des préparatifs de l'armée française et doublant ainsi les diffi-

HISTOIRE DU PALAIS DE SAINT-CLU U D

cultés de rattaque. Tout cela est vrai. Les sans-patrie sont de tous les temps! U s'agissait bien de la prise d'Alger, magnanime entreprise où Charles X pouvait créer une autre France ! L'intérêt résidait dans les élections imminentes : renverser le ministère et peut-être la monarchie était le seul but des politiques.

Les choix faits dès le 23 juin par les collèges d'arrondissement n'avaient laissé aucun doute à Charles X ni à ses ministres sur le résultat général des opérations électorales; l'opposition reviendrait évidemment plus forte et plus hardie. Dès lors le Roi s'appuyant sur « l'esprit » de l'article 14 de la Charte, était décidé en principe à recourir au pouvoir dictatorial (1).

Des conlérences avaient lieu à ce sujet, quand l'élection d'une des séries le 12 juillet venait forcer Charles X à prendre un parti. Le résultat de ces élections était un triomphe pour l'opposition. Sur 428 députés élus, elle en avait 270, parmi lesquels 202 faisaient partie des 221 votants de l'adresse. Les amis du ministère n'étaient qu'au nombre de 145; 13 députés étaient douteux.

Ceci se passait au lendemain de la prise d'Alger. Le 5 juillet, Bourmont et Duperré faisaient triompher les armes françaises, et le pavillon royal flottait sur tous les forts et sur le palais du dey. Duperré pouvait mander au ministre de la marine : <( La question européenne agitée depuis des siècles est résolue. »

Cette page glorieuse ne doit-elle pas être mise en balance avec l'imprudente conduite de Charles X, et la conquête d'Alger ne peut-elle constituer avec plus de justice qu'on ne l'a dit des Ordonnances de juillet le véritable testament du gouvernement de la Restauration?

La nouvelle de la prise d'Alger est parvenue au ministère de la marine le 9 juillet. Le baron d'Haussez court chez Charles X qui tressaille de joie, et comme son ministre s'inclinait pour lui baiser la main : « Aujourd'hui l'on s'embrasse », dit le vieux roi en pressant M. d'Haussez sur son cœur.

Le dimanche U juillet, Charles X venait de Saint-Cloud aux Tuileries où il entendit la messe. Les ministres, les ambassadeurs, les maréchaux, les grands dignitaires lui faisaient leur cour et, à trois heures et demie, un cortège solennel se rendait à Notre-Dame pour le Te Deum. Charles X fut acclamé sur son passage et repartit à six heures pour Saint-Cloud après s'être arrêté aux Tuileries. C'était la dernière fois qu'il paraissait à Paris!

(1) Lf gt'uéi-al d'Andigiir. dans s(,'s Mémoires, t. U. expli(iue li' lùen fondé dus droils que runlérail à Charles X l'article 14. « L'essentiel élait de réussir. Mallieureusernent on n'avait, pris aucune mesure raisonnable. » Parlant de ces nièiiies mesures. M. Emile Ollivier — non suspect de faiblesse à l'endroit des Bourbons — qualine ces mesures de « maladroites », mais en même temps, il n'hésite pas à les dire justifiées d ])ar d'iniplacables provocations ». — A lire aussi les réflexions du Cliancelier Pasquier, Mémoires, t. VI. cliap. x et XI et le Journal de Cuviliier Fleury, Pion, 1901.

La lanterne de Dé/noslhène,

d'après Couivoisicr.

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SAINT-GLOrn sous LES DERNIERS ROURRONS.

Les Enfants de France eurent aussi leur part de l'allégresse nationale ; le lendemain 12, un feu d'artifice était tiré au Trocadéro de Saint-Cloud. Qui pouvait prévoir que ce serait là leur dernière heure de joie?

Glorieux par ses armées, Charles X n'en était pas moins battu sur le terrain électoral, battu avant la réunion de la Chambre. L'opinion était très surexcitée. Le Roi pouvait-il encore modifier l'état des esprits par un changement de ministère ? C'était l'avis des libéraux dynastiques qui mettaient en avant Casimir Périer et prétendaient ainsi sauver la monarchie. A aucun prix, Charles X ne voulait abandonner son ministère et, déjà, s'élaboraient les mesures de rigueur qui, selon lui, devaient imposer silence à l'opinion.

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