‹ Le palais de Saint-CloudChapitre 65 sur 91 · PALAIS · texte numérisé non relu

PALAIS

Louis-Philippe. Il renfermait comme tableaux deux portraits de l'impératrice Eugénie et de la duchesse d'Albe par Winterhalter, Napoléon I" et JSapoléon IJI enfant à Saint-Cloud (inconnu), une Femme cïEleuxïs par LIenriette Brown, un tableau de Jordaens, différentes porcelaines de Sèvres et des objets d'art en matières précieuses qui appartenaient au musée du Louvre, et y ont été réintégrés le 8 septembre 1870,

Le salon des aides de camp, le salon des officiers d'ordonnance et l'antichambre des huissiers donnant sur le salon de l'Aurore et l'escalier de l'Impératrice renfermaient des tableaux modernes de Dubufe, Olagnon, Bouquet Dunouy (vues d'Italie), YEtang de Ville-d'Avray, par Cabat, etc. Dans la chambre à coucher de l'Empereur des portraits de famille : le Prince impérial, le roi Louis, la reine Ilortense, un buste en marbre de Murât, grand duc de Berg. — La chambre à coucher de l'Impératrice (ancienne salle de musique de Marie-Louise, puis cabinet de travail du roi Louis-Philippe) était placée à l'extrémité. De ses cinq fenêtres on embrassait un immense panorama qui s'étendait du mont Valérien à Paris. En dessus de portes, se voyaient les portraits des deux femmes de Monsieur. L'ameublement était en soie brochée couleur vert d'eau un peu gâtée par le temps : celui du cabinet de toilette a été renouvelé et est en toile perse. Dans la chambre, on remarquait comme meubles deux commodes Louis XVI splendides, au chiffre de Marie-Antoinette, et un guéridon en porphyre vert. Sur le fer à cheval donnaient le salon de réception et le cabinet de travail de l'Impératrice. Dans le cabinet de travail se trouvait un bureau de marqueterie à cylindre dont les contours étaient élégamment ornés par des statuettes en bronze doré représentant deux femmes chimères qui suivaient le mouvement du meuble. Ce meuble très remarquable de composition avait appartenu à Marie-Antoinette, et il fut transporte à Paris en août 1870 par ordre de l'Impératrice.

A la suite du cabinet de travail se trouvait le grand salon de réception où la Souveraine donnait ses audiences. Les serrures, véritables chefsd'œuvre, avaient été ciselées par Louis XVI; de cette époque dataient aussi quatre petits médaillons annonçant les heures, les saisons et les variations atmosphériques. Les murs étaient ornés de quatre tableaux en tapisseries de Beauvais, du portrait de Marie-Antoinette avec ses enfants en Gobelins, d'après Mme Vigée-Lebrun, du portrait de la princesse de Lamballe et de celui d'une fille de Louis XV par Nattier; deux dessus de portes en tapisserie des Gobelins d'après Boucher.

Au-dessus de la cheminée, une glace sans tain laissait apercevoir la lanterne

La famille impériale.

D'après une litlnigr;iphit! de 1860.

Dubufe, Oiagiion

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SAINT-CLOUD SOUS LE SECOND EMPIRE

de Démosthène et les futaies qui l'entourent, et le bassin du fer à cheval. Nous avons raconté l'histoire de cette glace dont Marie-Antoinette avait fait la surprise à Louis XVL

A la suite venaient les salons des dames et des chambellans ; dans l'un d'eux, appelé salon vert, s'était passée la scène dramatique entre le duc d'Angoulême et le maréchal Marmont ; on remarquait aux murs un portrait de l'Impératrice en costume Louis XVpar Winterhalter. Dans le salon rouge, des tableaux modernes qui sont aujourd'hui au Louvre et au Luxembourg, entre autres le fameux Henri III et le duc de Giihe, de Couder. Le Prince impérial habitait d'abord au second un appartement faisant face au Trocadéro ; par la passerelle, il pouvait communiquer directement avec son jardin favori ; après un cruel accident en 1866, il habita de préférence le rez-de-chaussée, l'ancien appartement du comte d'Artois et de Madame Adélaïde. ■ — Si, à l'ordinaire, la vie à Saint-Cloud était retirée et sans faste, il y avait des exceptions pour les visites de souverains ou de princes à diverses époques.

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