CHAPITRE XIX
« livrer du dieu qui les obsède; quelques-uns « s en débarrassent en vomissant ; puis , sem- « blables au serpent qui , tombé dans un tonif neau, boit et vomit (i), ils reviennent boire « pour retourner vomir encore (2). Croiriez- « vous que ces éponges vivantes appellent cela « profiter du temps et jouir de la vie (3) ? » Cependant Scaurus s’étant fait apporter un vase qui contenait trois conges (4), le remplit d’un vin miellé , parfumé de nard, qu’on avait fait naviguer pour le rendre meilleur (5). Il prit ensuite une couronne de roses naturelles qui surmontait l’énorme cratère (6), et, l’ayant effeuillée dans le vase meme, il s’écria: Buvons les couronnes (7) ; puis il porta ses lèvres au bord du vase , et le fit circuler ensuite de main en main parmi les convives ; c’est ce qu’on appelle ici la coupe de l’amitié.
(1) Juven. y sat. 6 , v.. 4 2 3.
(2) Plirt. , lib. XIV, cap. 22. Su et. in Vitell. i3, in Claud. i3.
(3) P lin. , ibid.
(4) Trente-six livres pesant de liquide.
(5) P lin. , lib. XIV , cap, 18.
(6) C’est le nom qu’on donnait à ces grandes coupes,
(7) P lin. , lib. XXI , cap. 3.
Enfin le chant aigu dun coq du voisinage annonça l’approche de l’aurore (i); ce fut le signal de la retraite. Après avoir salué Scaurus, en lui disant : Les dieux te soient propices (2) ; chacun de nous sortit à la lueur des flambeaux (3). Les esclaves refermèrent sur nous la porte de l’atrium ; et nous sortîmes du palais de Scaurus.
(1) Pctron. , satjric. , cap. 17.
(2) Id. , cap. 5.
(3) Juven. , sat. 3, v. 286.