CHAPITRE Y III
Appartement de Lollia.
« V ous venez d’observer, mon cher Mérovir, « me dit Clirysippe, des raffinements de délite catesse bien nouveaux pour vous. Je vais cc vous en montrer d’un autre genre : passons « par cette porte de communication dans l’apte partement de Lollia, femme de Scaurus. « Cette partie de l’habitation s’appelle le gy- « nœconitis (i), car les Romains séduits par la « douceur de nos mœurs et de notre langue, tt s’empressent à suivre nos usages et à em- « prunter nos dénominations; ils voudraient « nous rendre Romains, et sans s’en douter tt ils deviennent Grecs. Ce gynécée est une
(i) Vitruv. , lib. VI, cap. io. Cette dénomination appartenait à la distribution des maisons grecques. Mais les Romains imitèrent des Grecs beaucoup de choses qui tenaient au luxe et aux commodités de la vie; aussi chaque palais romain eût un gynœccum , un prothrrum , un exèdra , etc.
« preuve de l’influence que nous exerçons â « cet égard; puisque c'est chez nous seuls que « les femmes habitent, dans la partie la plus « reculée du logis, un appartement interdit « aux hommes (i); les Romaines au contraire « occupent ordinairement le premier étage sur « le devant de la maison, et y reçoivent qui « leur plaît (2).
« Pour première surprise , considérez ces « deux personnages bouffis qui nous ouvrent « la porte , et dont les vêtements efféminés , « la peau lisse , le teint blanc , la voix claire , « contrastent si singulièrement avec leur haute « stature; ce sont deux eunuques (3). Ces ri- « dicules victimes de la dépravation des moeurs « et du luxe asiatique, s’introduisirent à Rome « avec le culte de la mère des Dieux, dont « les prêtres, selon le rite phrygien, doivent « d’abord cesser d'être hommes pour être dignes « de servir ses autels (4)- Maintenant, à l’exemple « des peuples de l’Asie, on commence à leur
(1) Vitruv ., lib. VI, cap.
(2) Cornel. , Ncp. prœfat.
(3) Peùon. , satyric. cap . g. Pignor. de serv . 178.
(4) F est. de signifie, verb.