‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 54 sur 120 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

« la peinture et dans la philosophie (i); car « c’est une grande erreur de croire que l’é- « tude des arts soit incompatible avec celle « des lettres et de la philosophie. Socrate soute tenait au contraire que les artistes étaient « les philosophes par excellence. Voici un Ajax « de Timomaque le Bysantin (2). A l’extré- « mité de la galerie, dans la partie comprise « entre le ceintre de la voûte et la corniche « qui la supporte, considérez cette fresque; « elle n’est point remarquable par la beauté « de son exécution, mais le sujet en est adcc mirable; c’est une allégorie de la vie hu- « maine. Elle nous montre l’homme livré en <c naissant à l'influence des bonnes et mau- « vaises inclinations : dès qu’il commence ce « voyage orageux qu’on appelle la vie, diverses <r routes se présentent à lui ; les unes fleuries <c et riantes , où les plaisirs et la volupté s’of- « frent pour guides , conduisent aux erreurs , « aux regrets , et enfin , par une pente irré- « sistible, à l’excès du vice, du repentir et du

(1) P lin . , lib. XXXV, cap. 11.

(2) Ibid.

« malheur; les autres , âpres dès l’abord, mais « plus faciles ensuite, mènent ceux qui les « suivent dans le chemin de la science, des « vertus, et les font arriver au séjour de la « vérité et du bonheur. Cette peinture a été « copiée en Grèce d’après un vieux tableau, te exposé dans je ne sais quel temple de Sa» a turne (i) , et a fourni au philosophe Cebès « le sujet d’un petit ouvrage intitulé Pinax , ou cc le tableau. » Ceci me plaît mieux, lui dis-je, que les peintures du Yenereum; et même, en vrai barbare , je donne à cette fresque la préférence sur tous les autres tableaux de cette galerie, ce Quoi ! s’écria Chrysippe , vous la <c préférez à ces monochromes d’Apelle (2) ? » Sans doute, lui répondis-je; et même si les peintres célèbres que vous venez de me nommer , n’ont produit que des imitations serviles de la nature, comme ces combats d’animaux

(1) Cebet. Theb . , tab. p. 1.

(2) Petron . , satyric. cap. 19. On appelait Monochromes les peintures à une seule couleur .{Plin.Jib. XXXV, c. 3.) On se servait pour les tableaux monochromes d’une couleur rouge qui venait des Indes , et qu’on appelait Cinabaris Jndica. Ibid. lib. XXXIII, c. 7.

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