‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 69 sur 120 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

* air distrait vers le côté opposé à celui où « il écoute; ce misérable a des yeux et des « oreilles pour épier tout ce qui se fait ici (i); « car les liaisons de Scaurus avec un grand

« nombre de mauvais citoyens inquiètent les « consuls. Cicéron fut le premier qui emplova « ce moyen lors de la conjuration de Catilina; « et depuis cette race d’hommes s’est multi- « pliée; elle acquiert de l’importance par la « crainte qu’ils inspirent, et bientôt les déla- « teurs disposeront à Rome de la vie et de la « fortune des citoyens. Ab! voilà l’aimable et « voluptueux Sali liste , qui annonce de grands « talents comme écrivain, mais qui est trop « détourné de ses travaux par l’ardeur de parce venir et l’amour des plaisirs (2). Il n’y a pas

« long - temps qu’il s’était attaché à Fausta ,

« femme de Milon; ce dernier l’ayant surpris « dans un tète-à-tète, l’a fait battre de verges « par ses gens comme un esclave, et lui a a extorqué une bonne somme d’argent.

« Ce groupe que vous voyez au milieu de

(1) Cicer . , Catil. y orat. I-

(2) Sallust. , Catil. 3.

j36 LE PALAIS DE SCAURÜS.

« l’exèdre mérite notre attention , c’est Mécc throdore qui rassemble ainsi la foule autour « de lui; il est à -la -fois peintre et philo- « sophe ( i ). Le distinguez - vous auprès de « cette table de marbre noir, sur laquelle il « trace des figures géométriques ? Approchons , « nous lui ferons aussi quelques questions ; il y « répondra selon sa coutume , par des figures « et des emblèmes. » Chrysippe l’aborda avec politesse ; ils se prirent la main , et notre ami nous présenta à l’artiste philosophe. « Mon « cher Méthrodore, lui dit -il, qu’est -ce que « la vie ? » Celui-ci fit un point imperceptible au milieu de la table noire, et l’effaça subitement d’un coup d’éponge. « Quel est le « moyen d’ètre heureux? » Méthrodore traça un cercle étroit autour de lui. Un jeune officier de César, qui arrivait des Gaules, s’approcha, et lui demanda ce que c’était que la gloire. Il dessina un laurier dont la cime était battue par la tempête, et le pied rongé par des reptiles. Un personnage à longue barbe, enveloppé d’un large manteau, et qui professe

(i) Plin. , lib. XXXV, cap. n.

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