‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 7 sur 120 · CHAPITRE II. g · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. g

temple de Romulus, non loin du forum romain; une immense quantité de pierres, de marbres et de bois de charpente encombrait tous les lieux voisins. Quel est cet édifice? demandai-je à notre ami; « c’est, répondit-il « en riant, un quiproquo du vieux Stabérius, « qui, oubliant son âge, se fait faire un palais « lorsqu’il n’a besoin que d’un tombeau (i); « au surplus il ne lui coûte guères; car, comme « il est sans enfants et fort riche, ses clients, « dans l’espoir d’avoir part à sa succession, « se sont empressés à lui fournir tout ce qui

u peut contribuer à l’embellissement de cette

« vaste demeure. Les uns ont payé des ou- « vriers habiles dans l’art de la construction, « ou fait venir les marbres les plus rares ; « d’autres lui ont donné des statues, des tact bleaux, des vases, des lingots d’argent, en « un mot l’élite des dépouilles de la Grèce (2). ce Vous voyez que Stabérius sera logé magnicc fiquement sans qu’il lui en coûte beaucoup ; ce l’avidité de ses amis aura fait tous les frais. »

(1) Horat ., od. i5, lit. IL

(2) Juv ., satyr. 3, v. 2i5.

En considérant les constructions de cet édifice , aussi attentivement que la faible lueur du crépuscule pouvait me le permettre, je fus surpris de la hauteur des murailles, de la manière adroite dont la pierre et la brique étaient mélangées, et de la quantité de machines dont on se servait pour élever ou mouvoir les matériaux. Je demandai à Chrysippe quelques détails à ce sujet: « Il fut un temps, me dit-il, « où cette reine des cités n’était pas mieux « bâtie que vos villes de la Germanie ; ses ci- « toyens agriculteurs et soldats reposaient avec « leur famille sous des cabanes de bois et de « roseaux (1). Ce ne fut qu’après la guerre de « Pyrrhus, vers l’an 47° de la fondation de a Rome, que l’on commença à se servir ici de « tuiles pour couvrir les maisons. Jusque s là a on n’avait fait usage que de bardeaux (2)

(1) Dionys. Halicarn. , lib. I.

(2) Plin Natur. hist . , lib. XVI, cap. io. Les bardeaux sont de petits ais ayant la forme d’une ardoise , et qui servent au même usage que ees dernières; les plus estimés eliez les anciens étaient ceux qu’on faisait avec l’espèce de cbêne appelé robur , puis ceux de hêtre. Les bardeaux d’arbres résineux, quoique plus aisés à tailler, étaient peu recherchés , excepté cependant ceux de pin. Ibid.

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