CHAPITRE XIV
La Cuisine et ses dépendances.
« Si vous étiez, mon cherMérovir, continua « le jeune artiste grec , un homme comme ce « Catius (i), que vous voyez causer là bas « familièrement avec le chef des cuisiniers, « et que vous fissiez ainsi que lui un cours « de philosophie gastronomique , je vous con- « duirais dans la pièce la plus intéressante de « la maison , selon quelques amis de Scaurus ; « c’est la cuisine où l’on prépare les splendides « repas qu’il donne chaque jour (2). L’heure « de commencer les apprêts du dîner est « arrivée ; ce lieu n’est plus abordable. Au « surplus, sa disposition est la même que
« celle de ma petite cuisine , où vous accou-
« rûtes hier pour éteindre le feu que mon « cuisinier maladroit avait mis à la cheminée
(1) Horat . , sat. 4, Itb. II.
(2) Varr. , de re rust. , lib. I , cap. i3.
j46 LE palais de SCAURüS.
« en voulant rôtir des grives ( i ) ; vous vîtes « comme la flamme , en se développant , me- « naçait déjà le toit (2): aussi a-t-on soin « d’éviter ordinairement les plafonds de bois « dans ces pièces, de peur des incendies (3). « Celle de Scaurus est voûtée ; ses dimensions « sont d’une grandeur démesurée, elle a i4& « pieds de longueur (4) ; et cela ne vous éton- « nera pas en songeant quels festins il donne , « et combien il a d’hôtes , d’affranchis , d’es- « claves à nourrir. Pour moi , dont le léger
(ij Horat . , sat. 5, lib. I.
(3) ColumeL , de re rust. , lib. I , cap. 6.
(4) Voici une inscription antique recueillie à Palestnne par M. Akerblad, dont les recherches en ce genre sont célèbres à juste titre. Cette inscription fait mention d’une cuisine de semblable grandeur.
M. SAVFE1VS. M. F. RVTILIVS C. SAVFEIVS. C. F. FLACYS CVLINAM. F. D. S. S. C. EISDEM Q. LOCVM. EMERVNT. DE L. TONDEIO. L. F. PVBLICVM EST. LONGV. P. C.XAVIIIS LATVM. AF. MVRO. AD
E. TONDEI. VORSV. P. XYI.