‹ Le Palais de ScaurusChapitre 16 sur 131 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

saluait tous ceux qui entraient (i). Je suis peu surpris, dis-je à Chrysippe, des talents de cet oiseau; mais ce que je ne puis comprendre , c’est qu’on enferme un animal aussi commun dans une cage où brillent l’or , l’argent et l’ivoire ( 2 ). « Les pies , répondit - il , « ne sont pas si communes que vous lè « croyez, dans cette partie de l’Italie; on « n’en trouve point en-deça des Apennins (3). « Aussi les considère-t-on comme des oiseaux « rares. Un philosophe cynique, qui vient « quelquefois ici, a nommé cette pi escaura; « Scaurus , qui l’a su , lui demanda l’autre « jour pendant le dîné, quelle raison lui « avait fait donner un tel nom à son ôiseau.

« C’est, lui répondit-il, avec la hardiesse de « sa secte, parce qu’elle est ainsi que vous « enfermée dans une cage d’or; encore cette

(1) Petbon. Salyric. cap. 9; Mabt. lib. XIV, epigr. 74 ; Pkhs. Prolog, v. 8, 9, 10.

(a) St at. lib. II , Silv. IV, v. 1 1 .

(3) Pline (lib. X, cap. ag) dit que de son temps c’était une chose nouvelle que l’apparition des pies de ce côté des Apennins.

5l LE PALAIS UE SCALKUS.

« pie méprise-t-elle tout ce vain éclat; elle « soupire après sa liberté ; laissez-lui dé- « ployer librement ses ailes, elle vous don- « liera une grande leçon de philosophie :

« vous la verrez s’élancer vers les déserts, « et préférer l’exil des forêts, à l’or, à farce gent, à l’ivoire dont elle est entourée : mais « vous, esclave volontaire du luxe, vous cc êtes amoureux de votre prison, et vous ne cc sauriez sacrifier à l’indépendance philosocc phique la moindre des brillantes superflui- « tés qui embellissent ce palais. Scaurus qui « entend assez la plaisanterie, prit fort bien a celle-ci, et ne s’en vengea qu’en faisant cc boire outre mesure le disciple de Diogènes. » Je distinguai dans le prothyrum quatre portes principales : savoir , la porte de Y area par laquelle nous étions entrés, la porte de Y atrium en face de celle-ci, et deux grandes portes latérales qui conduisaient dans des cours où étaient situées les écuries, les remises et autres dépendances (i). Telle est la

(i) On cherchait ordinairement pour les écuries l’exposition la plus chaude. (Vitruv. lib. VI, cap. 9).

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