‹ Le Palais de ScaurusChapitre 25 sur 131 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

peintures, les marbres précieux, les statues de bronze recouvertes d’un or éblouissant, le mouvement continuel des pérsonnes de tous les rangs qui entraient et sortaient sans cesse , la quantité d’esclaves de différents pays, destinés à diverses fonctions (3), qui traversaient l’atrium pour le service de la maison, en un mot tant d’objets nouveaux me plongèrent dans une extase profonde.

Chrysippe , pour redoubler à-la -fois mon étonnement et ma curiosité, me dit: « Ce « que vous voyez n’est rien en comparaison « de l’intérieur du palais. Sachez que Scau- « rus est un homme magnifique (i) et qu’il « a réuni dans cette habitation des richesses « immenses , que j’ai tâché de distribuer avec « le plus de goût possible. »

(i) Pignorius a receuilli, dans son traité de servis, plus de trois cents sortes d’emplois exercés , dans les maisons de ville seulement, par des esclaves ou des affran- • chis j encore a-t-il omis plusieurs sortes de fonctions que Fon trouve indiquées dans les monuments rassemblés par Gratter*

(a) Lautissimus homo. ( Petron. satyric. cap. 9).

8o ' LE PALAIS DE SCAURUS.

Cependant la foule commençait à diminuer; Chrysippe choisit le moment favorable , et nous présenta à Scaurus ; après les salutations accoutumées, celui-ci nous adressa la parole : « Je rends grâce à Jupiter hospita- « lier , dit-il , de m’avoir envoyé des hôtes « tels que vous ! soyez les bien venus ; j’aime « votre nation à-la-fois simple, généreuse et « brave; j’espère que vous ne logerez point « ailleurs que chez moi; ce palais n’était au- « trefois qu’une masure en ruines; lorsque « mon père l’acheta, les rats mêmes l’avaient « abandonnée (2) ; il y construisit une agréa- « ble habitation; mais je l’ai tellement em- « bellie , qu’elle ressemble aujourd’hui à un « temple (1). De plus elle est vaste et bien « distribuée , car je soutiens que la commo- « dité d’un édifice en constitue la véritable

(1) Les anciens croyaient que cet animal, guidé pal un instinct prophétique , délogeait des édifices qui menaçaient ruine. (Plin. lib. VIII, cap. a; Cicer. ad Attic. lib. XIV, epist. 9).

(a) Petron. satjrric. cap. 18.

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