CHAPITRE VIII.. I l
« lois (i). Ce mot heureux mit tout le monde « à l’aise , et de longs éclats de rire terminè- « rent cette plaisanterie. Mais le sarcasme du « philosophe n’en devint pas moins la nou- « veile de Rome , et pendant plus d’un moi»
« les mauvais plaisants s’amusèrent à venir « toutes les nuits attacher des grenouilles à la « porte de Statilla et à celle de Scaurus ; on « poussa même la méchanceté jusqu’à en sus- « pendre à l’entrée de l’appartement de Lollia. En parlant de la sorte , nous traversâmes quelques pièces décorées avec tout le goût possible, et une belle salle dont le plafond était soutenu par des colonnes auxquelles étaient attachées de riches tentures brodées de diverses couleurs ( 2 ). Nous ne pûmes pénétrer jusqu’au thalamus (3) de Lollia, où
( 1 ) Plin. lib. XXXII, cap. 5.
(a) Voyez presque toutes les peintures d’Hcrculanum qui représentent des scènes intérieures.
(3) C’était chez les Grecs, la chambre conjugale. (Vitrüv. lib. VI, cap. 10 ). Cette dénomination était aussi passée chez les Romains; on la trouve fréquemment employée par leurs poètes.
fl6 LE. PALAIS DE SCAURUS.
elle était avec ses femmes ; les eunuques s’y refusèrent , prétextant qu’il fallait pour cela un ordre de leur maîtresse. Chrysippe voulut aller le lui demander ; nous l’en empêchAmes * en lui faisant entendre qu’il n’était pas dans nos mœurs de faire d’une femme jeune , belle et distinguée par son rang , un objet de curiosité, et que nous aurions certainement pendant notre séjour à Rome d’autres occasions de lui offrir nos hommages et de faire sa connaissance. Il approuva notre délicatesse ; et afin de nous dédommager , il nous conduisit dans un cabinet voisin, où Lala de Cyzique , femme célèbre pour la peinture des ' portraits (i), travaillait à celui de Lollia. Lala me parut belle encore, quoiqu’elle ne fût plus dans toute la première fraîcheur de l’âge ; elle était vêtue d’une légère tunique sans manches; un manteau de pourpre jeté sur la partie inférieure de son corps, en dessinait les formes élégantes, retombait en plis gracieux sur son fauteuil , et couvrait le pavé
(i) Plin. lib. XXXV, cap. 2.