‹ Le Palais de ScaurusChapitre 45 sur 131 · CHAPITRE VIII. Iiy · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. Iiy

autour d’elle ; son tableau reposait sur un chevalet de bois précieux ( 1 ); auprès, était une petite table de marbre, dans laquelle il y avait autant de trous que de teintes diverses; plus loin une vieille femmê broyait des couleurs , tandis qu’une autre faisait fondre sur le feu de la cire mêlée avec de l’huile ( 2 ) pour servir de lien aux couleurs (3). Je restai longtemps à voir travailler cette artiste célèbre ; j’admirais la grâce inimitable de ses mouvements , la promptitude inconcevable de son pinceau (4) , et sur-tout la beauté de son ouvrage. L’émotion que j’éprouvais parut la flatter ; elle m’adressa la parole avec une politcse exquise, et nous invita à venir voir chez elle les derniers tableaux qu’elle a terminés. Nous l’avons promis et nous n’y manquerons

{ 1 ) Voyez une peinture représentant une femme peignant au eestre. (Pitt. Ercolan. t. Vil, tnv. I, p. 5).

(a) Plii». lib. XXXIII, cap. 7 .

(3) Cette description est tirée en tout ce qui lient au mécanisme de l’art d’une peinture publiée dans les ruines de Pompéi, t. 11.

(4) Pmi», lib. XXXV , cap a.

pas. Lala m’a fait connaître , pour la première fois , tout ce que les talents et la gloire ajoutent de séduisant aux charmes de son sexe.

De là nous passâmes dans plusieurs pièces remarquables par le bon goût de leur décoration, et de leur ameublement; mais ce qui nous frappa d’une surprise muette, ce fut le

cabinet de toilette de Lollia ! Rome

offrit à Brennus moins de trésors pour sa rançon que Scaurus n’en a réuni dans l’appartement de sa femme; jamais mortel n’a, je crois, rassemblé en un même lieu tant de différents genres de richesses (i). Croirais-tu qu’une seule perle d’un des colliers de Lollia a coûté six millions de sesterces ( 2 )! La quantité d’objets consacrés à sa parure m’a effrayé (3). Je ne saurais faire l’énumération de cette immensité de choses destinées à la toi-

( 1 ) Pli n. lib. XXXVI , cap. i5.

(2) Sukt. Cæs. 5 o. environ 1,600,000 francs.

( 3 ) Voyez Sabine, ou la matinée d’une dame Romaine, par Boeltigcr.

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letle des dames romaines (i). On nous montra des vases de toutes formes et de tous métaux , contenant , soit des parfums (a) , soit des compositions pour donner à leurs cheveux la teinte des nôtres (3) , ou rendre aux teints livides et pâles les couleurs fraîches et pures de la jeunesse (4)- Des armoires

(1) Mundus muliebris. Tit. Liv. lib. XXXIV. — 7. Vlpian. lib. XXV. — 10.

(2) Plin. lib. XIII, cap. 3 .

( 3 ) Les Romaines de l’antiquité , comme 'celles de nos jours, avaient généralement les cheveux noirs ; les chevelures blondes , étant rares , furent regardées comme une beauté; dès lors on se teignit les cheveux de cette couleur (Plih. lib. XXVIII, cap. 12; Mut. lib. XIV, epigr. 24-25). On peut remarquer dans les peintures antiques le blond douteux que l’on a souvent donné aux cheveux des principaux personnages ; les statues des filles de Balbus trouvées à Herculanum conservent encore distinctement quelques traces de la teinte rouge que l’on passa autrefois sur leurs cheveux. Les Germains et les Gaulois , selon Plfne et Martial, se servaient de semblables compositions.

( 4 ) PriN. lib. XXVIII, cap. 12. Dans la cinquième salle au premier étage du Musée royal de Naples on conserve différents petits vases d’ivoire, d’argent et de verre qui ont servi à renfermer des cosmétiques. Il y en a un entre autres qui contient encore du rouge. On voit aussi.

précieuses (i) renfermant, les unes des robes de prix, pressées sous des poids nombreux qui leur conservent le lustre et l’éclat qu’elles avaient en sortant de la main de l’ouvrier (a), les autres, des tissus d’une grande finesse pour se laver et s’essuyer (3) ; des miroirs de métal , et d’autres de verre , que l’on fait venir de Sidon (4). Quant aux ornements, c’est un délire chez les Romaines; elles mettent l’univers à contribution pour rehausser l’éclat de leurs charmes : l’Égypte leur fournit des étoffes xylines (5) ; Tyr change pour elles la blancheur éblouissante des toisons en une pourpre éclatante (6) ; l’or et la soie , mélan-

dans la morue armoire, des aiguilles, des fuseaux, des • dés à coudre, etc.

(i) Sknkc. cleTranq. anim. cap. i; Ui.pian. lib. XXV, îo.

(а) S k N PC. ibid.

(3) Ui.pian. lib. XXV, io.

(4) Plin. lib. XXXVI , cap. a 6.

(5) Le xylon était une espèce de lin ou de coton. (Pmn. lib. XIX, cap. i.)

(б) Tjb. lib. II, eleg. 4-

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