‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 105 sur 145 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

plates-bandes, autour desquelles il y a un petit sentier, qui sert à se promener et à conduire l'eau lorsqu'on les arrose (i). En sortant du parterre, on trouve après la pièce d'eau une pelouse d'acanthe (2), qui entoure un pavillon charmant, qu'on appelle les délices (3); et son nom est bien mérité, car on ne saurait distribuer un édifice de ce genre avec plus de recherche , d'intelligence et de goût. De chaque côté du pavillon il y a des allées, dont on a soin de tenir les arbres fort bas pour ne rien dérober à la vue • (4). La partie la plus importante de ces jardins est l'hippodrome (5), situé entre la montagne et

' i) On arrosait par irrigation, comme cela se pratique encore aujourd'hui à Rome et à Naples (Pmn., iih. XXI, cap. !\ ; Ruines de Pompéi ^ t. II).

(2) Pi.iN.jun., lil). V, Epist.G.

3) /r/., \\h.U,Epist. 17.

(/,) 1(1., lib. V, Epist. 6.

(5) flj/d. Lieu pour la course des chevaux et des charsce mot repond à cehii de n)ancye déconsert. II existe un bel exemple moilerne d'hippodrome dans la villa IJorulic'se à Rome.

le pavillon ; il est entouré de platanes, d'une grande beauté ; de leurs pieds s'élancent en grimpant des tiges de lierre, des vignes sauvages, qui, s'attachant à leurs troncs ou voyageant de branche en branche , unissent ces arbres entre eux (i), et les parent de guirlandes comme pour un jour de fête. L'intérieur de l'hippodrome renferme des allées (2), dessinées en forme de labyrinthe (3) par des massifs de lauriers touffus que l'hiver ne dépouille jamais de leur feuillage, et dont l'épaisseur recèle des rosiers (4j de toutes saisons, qui s'élèvent;, se mêlent aux rameaux des lauriers, et les couvrent de fleurs brillantes, en sorte que ces bosquets semblent offrir à la fois de toutes parts l'image de la gloire et du plaisir.

Le flanc de la colline est entièrement couvert d'un bois dont la fraîcheur est entrete-

(i) Plin, jun., lib. V, Epist. 6.

(2) Ibid.

(3) Plin., lib. XXXVI, cap. i3.

(4) Plin. jun., lib. V, Epist. 6,

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