‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 107 sur 145 · CHAPITRE XM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XM

fit voir l'instrument caché qui produisait une musique si ravissante. C'est ce qu'on appelle un orgue d'eau (i). Il eut la complaisance de nous en expliquer le mécanisme , aussi simple qu'ingénieux. A quelques pas de cet endroit enchanté, il nous fit approcher d'un rocher escarpé et sauvage , au pied duquel, sous des saules d'une rare heauté, nous découvrîmes, comme parhasard, l'entrée d'une grotte , décorée intérieurement de pierres ponces , de rocailles , de coquillages , et consacrée aux Muses (2). « Suivez-moi, nous dit rt Chrvsippe eiî gravissant un petit escalier « taillé dans le roc ; venez sur la cime la plus « élevée de cette colhne respirer l'air si pur «f de ce lieu, et contempler Rome dans un « aspect tout différent de celui dont vous avez « joui ce malin sur la terrasse du palais de « Scaurus. D'ici vous pouvez découvrir la « ville tout entière , les sept collines tpji la

(i) \'iTiu V., lil). X, c;i]). i3.

(a) ri.iN,, lil). XXXVI, CM]). 3.1 ; Pi.i.\. jim., lih. I, Epi st. (j.

« dominent , les monts d'Albe , de Tuscu- « lum (i) , de Tibur, et le Soracte, qui porte « jusqu'aux cieux sa cime isolée. Plus près « de nous, vous voyez les faubourgs remplis « de villa délicieuses, le bois d'Anna-Pe- « renna, la voiel'laminiennecouvertedecbars, « enfin les vaisseaux qui sillonnent en divers « sens les flots sacrés du Tibre (2). Si main- « tenant vous portez vos regards du côté « opposé, vous apercevez la mer à Fborizon « et les tours du port d'Ostie, principal arse- « nal des flottes de la république. »

Nous marcbions véritablement de surprise en surprise; cbaque pas nous offrait quelque cliose d'inattendu, quekjue tableau ravissant; mais bientôt le plaisir que j'éprouvais ;i considérer tant d'objets nouveaux s'évanouit peu à peu, pour faire place à un sentiment mélancolique, dont je ne pus me défendre. Les ombrages épais et sombres des bosquets que nous parcourions ; ces sapins, ces téré-

(i) Mart., lili. \\,Ej)igr. G\.

(a) IbUU

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