CHAPITRE XIX. 2t»l
me tireiJl remarquer un plaL énorme fait de seules langues d'oiseaux (i\ Je goûtai successivement des foies d'oie grasse (2); des foies deMustella, qu'ils vontpécher jusqu'en Rliétie, dans le lac de Constance (3) ; des scares, pris sur les côtes de l'Asie Mineure ( 4 , et dont on ne mange que les intestins (5 . On me montra d'énormes murènes (6), poissons pour lesquels les Romains ont une passion singulière {j). E^nfin le dernier plat, dont on me fit les honneurs, contenait trois bardeaux (8;. Je réfléchissais sur la singulière destinée de ce poisson, venu comme moi des côtes de l'Océan occidental (9), lorsque Scaurus, se penchant
1) Pi-iN., lib. X, cap. 5i.
2) Ibid., cap. i%\ Mart., lib. XIII, Efjtgr. 8i. 3] Plin., lib. IX, cap. 17.
4) Ihid.
5) Makt., lib. XIII , /:/y/^v. 55.
6) IhuL, Kpigr. 77.
7j CoLUMKL., lib. VIII , cap. 17.
8) Muhis^ ou surmulet. 9 Pm>., 11).. IX, cap. )7.
de mon côté, m'apprit que pour leur donner cet excellent goût qui flattait si agréablement le palais, on les avait fait mourir dans du garum (i). a Ce n'est pas tout^ me dit Chrycf sippe à voix basse, il y a quelque chose qui « les rend bien meilleures encore : c'est que « ces trois poissons, qui pèsent à peine deux « livres chacun, ont coûté trois mille sesterce ces (2) ! Ce ne sont pas cependant les plus ce chers; on en servit un l'autre jour chez ce Crispinus, qui coûtait à lui seul six mille ce sesterces (3). Il y a tel poisson d'élite qui se « vend à Rome plus qu'un beau taureau de « sacrifice (4). « Mais c'est prolonger trop longtemps cette énumération, que j'aurais voulu t'épargner. Continuons plutôt à te tracer le tableau animé que présentait la salle du festin.
Un esclave, placé en face de Scaurus, dans
(i) P1.1N., lib. IX, cap. 17.
(2) SuET., in Tib. \ environ 600 francs.
(3) JuvEN., Satyr. 4, v. i5 ; Senec, Epist, XCV. {'t) Y*ivT.,Sjmpos,f lib. lY, qucesc. 6.