‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 14 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

adroite dont la pierre et la brique étaient mélangées , et de la quantité de machines dont on se servait pour élever ou mouvoir les matériaux. Je demandai à Chrysippe quelques détails à ce sujet : « Il fut un temps , me dit-il, où « cette reine des cités n'était pas mieux bâtie (c que vos villes de la Germanie ; ses citoyens , (c agriculteurs et soldats , reposaient avec leur « famille sous des cabanes de bois et de ro- « seaux (i). Ce ne fut qu'après la guerre de (C Pyrrhus , vers l'an 470 de la fondation de « Rome , que l'on commença à se servir ici « de tuiles pour couvrir les maisons. Jusque- « là on n'avait fait usage que de bardeaux (2) « ou de chaume , comme à cette petite mai- « son (jue vous apercevez à l'extrémité de

(i) DioNYS. Halicarn., ]ib. I.

(2) Plix., Niitur. hist., lib.XVI,cap. 10. Les bardeaux sont de petits ais ayant la forme d'une ardoise, et qui servent au même usage ; les plus estimes chez les anciens étaient ceux qu'on faisait avec l'espèce de chêne appelé lobur, j)uis ceux de liétre. Les bardeaux d'arbres résineux, (pioique plus aisés à tailler, étaient peu recherchés, excepté cependant ceux de pin [Iblil.].

« la roche Sacrée, vers le Valabre (i), mais que « l'obscurité qui règne encore \ous empêche « de bien distinguer. Les habitations n'avaient « alors qu'un seul étage ; car les règlements « des édiles (2) défendent de donner dans les « édifices privés plus d'un pied et demi (3) « d'épaisseur aux murs; et les murs mitoyens « particulièrement sont assujettis à cette rè- « gle (4). Or, on ne pouvait guère élever pluff sieurs étages sur des substructions aussi « faibles (5). Depuis l'on a imaginé derenfor- « cer les murs de briques par des chaînes de « pierre, et même d'en construire entièrece ment de pierre; par ce moyen on est par- '( venu à donner aux habitations une plus

(i) Celait la maison de Roniulus (Vitruv., lib. II, cap. i; DiONYS. Halic\rn., lib. I).

(2) Plin., IVat. /iist.,\ih. XXXIV, cap. i5; Vitruv., lib. II, cap. 8.

(3) I pied 4 pouces 3 lignes 6/i5, niesurc de Paris.

(4) Pmn., ibid.

(^)) ViTuiTv., lib. II, r.\p. 8.

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