CHAPITRE II
«grande élévation (i); on a même été en « cela jusqu'à l'abus ; mais de sages ordon- « nances ont fixé la hauteur ordinaire des « maisons de soixante (2) à soixante-dix cf pieds (3). Cette précaution prévient beauce coup de malheurs , car dans les incendies « on ne peut porter facilement des secours « aux étages trop élevés; les tremblements a de terre renversent les hauts édifices dont « les murs sont trop faibles ; enfin les inon- « dations , qui causent tant de dommages à « Rome (4)) minent les fondations et entraî- « nent la ruine des maisons (5) surchargées « d'étages (6). C'est peut-être ce qui contribue « à faire abandonner les cœnacula (-y) , ou éta-
(i) ViTRUv., lib. II, cap. 8.
(2) AuREL. VicT., Epilom.
{^) Strab., lib. V.
(.')) Tacit., Annal. ,\\h. I, 76.
(ii) Tacit., Hist.^ lib. I, 86.
(f)) Jiivénal parle do la chute frérpicnte des maisons. Satyr. '\^ v. 7 et 8.
(7) Varro, (le Ling. lat., lib. IV.
« ges supérieurs, parles gens aisés; il n'y a rt que des personnes d'une forr.une médiocre, c( des étrangers , des affranchis qui les habi- « tent ; aussi se louent-ils à bon marché : un (c logement complet et commode sous le so- « /«rmm(i) ne coûte guère que 2,000 sesterce ces par an (2), tandis qu'on ne peut louer « une maison agréable à moins de 3o,ooo « sesterces (3). Les incendies , dont je vous « ai parlé tout à l'heure , sont un des plus « grands fléaux de Rome; ils ne punissent « que trop souvent l'orgueil et le luxe (4) de « ces républicains dégénérés , qui, au lieu de « construire comme leurs ancêtres , selon « l'utilité, ne cherchent qu'à satisfaire une « passion effrénée et des caprices extrava- (f gants (5). Les personnes riches qui élèvent
(i) C'était la terrasse qui terminait la maison (Isidor., Origin.^ lib. XV, cap. 3; Pollux, Oiiomast., cap. 8, 5).
(2) Plut,, Vie de Sylla. Environ /joo fr.
(3i CicER., Orat. XXXV, /-'/•o Cœlio. Environ 6,000 fr,
(/,) Plin., lii). XXXVI, cap. i5.
(5) V'arro, c/(' /îe /v/5^., lib. I, cap. Ti.