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de trouver dans les sciences, dans les lettres et les arts, ces distinctions et ces honneurs qu'il n'avait d'abord voulu chercher que dans la carrière des armes. Après avoir travaillé successivement, mais sans grand profit, avec MM. Ledoux et Vaudoyer, il devint, en 1803, l'élève de M. Percier, et trouva dans l'espèce d'éclat que faisait rejaillir sUr l'école le haut mérite du maître un nouvel aiguillon à ses ardeurs d'étude et d'investigation.
Admis, pour la première fois, en 1806, au concours du grand prix d'architecture , il n'en retira que l'honneur de la lutte ; mais cette même année ne s'écoula pas sans dédommagement pour lui : un intéressant mémoire qu'il venait de publier sur les anciens monuments delà Gaule motiva son admission dans l'Académie celtique de Paris.
Bien que le concours de 1807 ne lui eût pas mieux réussi que celui de l'année précédente, il sembla pourtant y avoir dans ces deux admissions consécutives un assez significatif indice d'aptitude et de talent, pour que l'architecte Vignon, qui voulait se j)résenter au concours du tenij)l(; à ériger sur iancien emplacement de la Madeleine, jugeai à propos de s'adjoindre le jeune ('■lève (le l'ercicr. Le résultat vint ])r()UV(M' que Vignon avait eu raison; mais quant à Mazois,
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trop jeune encore pour avoir vu dans cette collaboration autre chose qu'une porte ouverte à ses espérances, et trop inexpérimenté surtout pour avoir senti le besoin de prendre ses sûretés dès le début, il ne tarda pas à reconnaître qu'il aurait eu bien plus de profit à se montrer prévoyant qu'habile. En effet, une fois le but atteint, Mazois se vit presque aussitôt et sans ménagements évincé de cette grande entreprise au succès de laquelle il avait si puissamment contribué , et dont les conséquences avaient semblé devoir être un jour pour lui non moins avantageuses qu'honorables. Ce fut là un des plus cruels chagrins de sa vie, celui peut-être au sujet duquel il s'exprima toujours avec le plus de vivacité et d'amertume. A la suite de cette déception douloureuse, il quitta Paris pour quelque temps, et revint à Bordeaux se retremper dans les calmes et douces affections de famille.
Son énergie naturelle ne tarda pas cependant à reprendre le dessus, et sa joviale humeur se réveilla avec ses goûts studieux. De retour à Paris, vers le milieu de l'aiiiKM; 1808, il trouva, dans l'accueil l)ienv('illant de son maître, M. Pcrcier, ainsi ([Ue dans \v.s t^'inoigiiagcs d'estime et (raffection de l)eaucoup d'autres j)erson nages dis-
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tingués, au nombre desquels on doit particulièrement citer Fourcroy, Denon, le comte Jaubert et le peintre Gérard, un ample dédommagement aux tracasseries et aux injustices dont il venait d'avoir si cruellement à souffrir. Ce dernier, par ses encouragements et ses conseils, contribua surtout à la détermination que prit tout à coup Mazois de ne pas subordonner davantage aux résultats incertains d'un concours ses projets de voyage en Italie. Avec sa perspicacité habituelle, Gérard avait, sous la jeune écorce de l'érudit, découvert la vive imagination du poëte et deviné le futur auteur du Palais de Scaurus. Ce n'était point, selon lui, l'atmosphère de Paris qu'il fallait à cette îtme ardente et avide d'émotions, mais le ciel de l'Ausonie, mais la vue des temples . des cirques et des palaisruinés auxquels ce ciel sert de dôme. Là était son vrai champ d'étude.
Le jugement annuel de l'Institut venait d'avoir lieu; M. Achille Leclère, le camarade d'atelier et l'ami dt3 cœur de Mazois, avait ol)tenu le grand prix d'architecture. Voir Rome en compagnie d'un émule, d'un camarade aimé, était un doul)le attrait auquel il ne put résister. Ce fut pour lui la goutle d'eau (jui fait déborder le trop })lein du vase. Son départ fut donc aussitôt résolu, et, avec
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l'approbation de sa famille , il se mit en route le 1" novembre 1808.
La résolution était bonne et les événements vinrent bientôt la justiiîer. A peine arrivé à Rome, il reçut de M. Lecomte, architecte de la reine de Naples , qu'il avait particulièrement connu à Paris, la proposition de venir l'aider dans certains travaux extraordinaires que ses nombreuses occupations habituelles ne lui permettaient pas d'exécuter tout seul. L'occasion paraissant au nouveau débarqué aussi opportune que belle, il ne la voulut pas laisser échapper, et sut par la suite la mettre habilement à profit. On le vit en peu de temps , par son activité et son intelligence , justifier pleinement la confiance de son protecteur; par la distinction de son esprit, plaire au Roi et à la Reine; par la variété de ses connaissances et son vif désir de les accroître, se faire aimer des savants du pays : ce qui ne fut pas le moindre de ses succès; car, oubliant en sa faveur leur défiance ordinaire, ceux-ci se prêtèrent complaisamnient à faire tonil)er devant le jeune artiste français les barrières jusque-là si rigoureusement opposées à ton t (' tranger désireux de vo'w vi d'étudier les restes d'antiquités qui se trouvent partout accumulés à Xa})les. (iràce à, la protection de la Reine et au
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concours bienveillant des agents préposés à la conservation de ces richesses archéologiques, il obtint successivement la permission de tout voir et de tout visiter; puis la faculté de dessiner, de mesurer et même de fouiller les ruines du temple deSérapis à Pouzzole; plus tard enfin, l'heureux privilège de s'établir au milieu des restes bien autrement précieux de Pompéi , dont les travaux d'excavation, depuis longtemps interrompus par les événements politiques, venaient, grâce à , la munificence du roi Joachim Murât, d'être repris avec une ardeur nouvelle. Une telle faveur, dont il sentait vivement tout le prix, ne résultait pas uniquement de l'intérêt qu'il avait su inspirer à la reine Caroline. Mazois avait dans ses qualités de cœur et d'esprit, dans la distinction et la grâce de ses manières , dans sa raison précoce, dans son humeur facile, aimable et enjouée , un je ne sais quoi dont la séduction était irrésistible. Elle s'exerça à Naples de la façon la plus heureuse pour lui sur tous ceux chez qui il eût suffi d'une a])stention même exempte de tout mauvais vouloir pour anéantir ses efforts et briser ses espérances. On ne saurait mieux faire, à ce propos, que de transcrire quelques lignes tirées de sa correspondance avec son père; à cette époque.
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« Toute la côte de Naples, dit-il, à droite « comme à gauche du Vésuve, est couverte de mo- « numents grecs ou romains, plus ou moins con- « serves, mais tous d'un intérêt immense. On n'a « jamais voulu permetti'e aux étrangers d'en rien « dessiner. Aussi n'a-t-il fallu rien moins qu'un « ordre exprès du ministre en ma faveur pour « vaincre les résistances générales qu'on rente contre partout ici à cet égard. C'est assurément a en premier lieu à iM. Lecomte que je dois cette « bonne fortune ; mais peut-être aussi est-ce un « peu à moi-même et à la façon dont je m'y « prends pour apprivoiser les cerbères. Sous une « forme ou sous une autre , c'est toujours au « gâteau de miel du pieux Énée qu'il faut avoir « recours pour les empêcher d'aboyer.
« Au nombre des administrateurs gardiens de « tant de monuments anti([ues, j'ai trouvé uncha- « noine aimal)le autant qu'instruit, nommé Jorio , « qui n'aime pas les arts seidement, mais aussi « ceux qui les cultivent. C'est apparemment ce « qui me vaut ses Ijonns gnVcees. J'en ai su faire « le conqiagnon de mes excursions, et ([uehjue- « fois même le complice de mes larcins. A l'ombre « de sa soutane, je compte aller prochainement (( jus(ju';i l*a^stum, une des plus anciennes villes
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{( de la Grande-Grèce, où j'aurai enfin la joie de « voir, de toucher, de dessiner, de mesurer de « vrais monuments grecs. J'ai entrepris, en att( tendant, un travail considérable et qui est déjà « fort avancé. Si je suis assez heureux pour c( l'achever, j'aurai fait une chose qui me rappor- « tera honneur et profit. Il s'agit de l'ancien « temple de Sérapis. J'ai fait rouvrir de vieilles « fouilles; j'ai même pu en faire ouvrir de nou- « velles, et mes matériaux sont nombreux et pré- « cieux. Mais point de bruit! La réussite n'est « qu'à ce prix. Je me fais le plus petit et le plus « innocent que je puis ; car, si l'on soupçonnait c( ici que j ai l'intention de publier la moindre des « choses que je mesure et .dessine, tout me « serait à l'instant fermé, et le bon vouloir que « j'ai trouvé jusqu'à ce jour se changerait aussi- « tôt en tracasseries et peut-être même en hos- « tilités. ))
Comme on le voit, tous les moments qu'il pouvait dérol)er à ses travaux officiels, il les employait an profit de ses études particulières. Aussf parvint-il en peu de temps à amasser des matériaux C()nsidéral)les. Mais ce n'était là qu'un prélude au travail plus important sur lequel allaient Ijientôt se concentrer tous les efforts de son intelli-
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gence et se foncier toutes ses espérances de gloire et de succès. Une circonstance imprévue et toute fortuite, en le rapprochant davantage du Roi et de la Reine, lui permit de s'en faire mieux apprécierencore.On avait voulu, cette année là (1809), célébrer l'anniversaire de la naissance de l'empereur Napoléon avec un éclat inusité. M. Lecomte, chargé du service des fêtes, étant malade^, Mazois dut le remplacer. Le Roi et la Reine , qui venaient presque tous les jours visiter les travaux qu'on exécutait à cette occasion dans le palais de Portici, y rencontraient le jeune architecte, dont l'activité, le zèle et l'énergique direction ne pouvaient manquer d'attirer l'attention de LL, MM. Leur intérêt pour lui s'en accrut ; et le succès qu'obtint cette fête splendide et vraiment royale porta au comble sa faveur. Il en profita pour mettre avec confiance sous les yeux de sa royale protectrice quelques-uns des dessins qu'il avait rapportés de ses courses à Pompéi ; lui exposant avec chaleur ses vues , ses projets et ses espérances ; lui développant le plan de l'ouvrage tel qu'il l'avait déjà en tête ; lui disant enfin l'honneur qui en pouvait un jour revenir à la France, leur pays à tous deux; et comme il avait (iii ce moment l'éloquence cjuc donne toujours
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la vraie passion, il sut toucher la Reine, et obtint peu de temps après, par son entremise, l'autorisation officielle de s'établir à Pompéi pour y dessiner et mesurer librement les ruines de cette antique cité.
Un pareil triomphe , en réveillant l'envie et la susceptibilité des antiquaires du pays, n'eût été probablement pour Mazois qu'une nouvelle et inépuisable source d'ennuis et de persécutions de tout genre, si, par prévoyance peut-être autant que par bienveillance et générosité , la Reine n'avait cru devoir, en même temps , l'attacher à sa personne comme dessinateur de son cabinet. Ce titre, en ei'iet, imposa tout d'abord silence aux plus mécontents, et les émoluments qui s'y trouvaient attachés permirent en outre au jeune savant de se livrer désormais avec sécurité à des travaux non moins coûteux que péniljles. Jusque-là l'existence de Mazois avait été précaire. Pour subvenir aux dépenses de son voyage en Italie, sa famille avait dû s'imposer des sacrifices qui ne pouvaient avoir une longue durée. 11 le sentait lui-même; et c'est ce (|ui lui avait fait accepter avec empressenirnl, au],)rès de l'architecte delà lieine^, un emploi temporaire dont le produit lui permettait de prolougcr iililcHU'ul sou s/'^jour à Naplcs sans
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charge nouvelle pour les siens. A cet égard , les préoccupations incessantes qu'on retrouve dans sa correspondance avec son père et sa mère sont aussi honorables que touchantes , et il n'y a de comparable à l'extrême délicatesse de ses sentiments que la vivacité de sa tendresse filiale. Cette tendresse éclate, du reste, partout dans sa vie, et l'on pourrait presque dire que c'a été le plus puissant mobile de ses efforts, de ses travaux et de son ambition. Sera-t-il permis à celui qui trace ces lignes, et qui a été lié pendant dix années consécutives de la plus étroite amitié avec Mazois, de vouloir, dans cette notice , montrer l'homme encore plus que l'écrivain ? Plusieurs ont déjà parlé , d'autres parleront encore des mérites divers par où se recommande l'auteur du Palais de Scaurus et des Ruines de Pompéi; moi, son vieil ami, je veux un peu parler de ce que j'ai si bien connu, des qualités de son cœur.
La correspondance qu'il entretenait avec sa famille est tellement expansive, tellement remplie de cette spontanéité juvénile où se reflète l'àme , qu'on peut en tirer aisément les traits les plus propres à faire connaître avec exactitude son caractère, son humeur, son esprit et ses sentiments. Cesl ce (]ui m'encourage à eiter, louUis les fois