‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 3 sur 145 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

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qucMazois me semble s'être peint lui-même mieux que personne ne l'eût pu faire à sa place. Voici ce qu'il écrivait à son père, au moiscle juillet 1810, en réponse aux sollicitations pressantes que lui adressait celui-ci au sujet de son retour en France. « Il vous est pénible, dites- vous, de voir s'éloigner encore le moment où nous devrons être enlinréunis. Pensez-vous que j'en souffre moins que vous? iMais il faut que j'achève honorablement la tâche que j^ai entreprise si heureusement. Le résultat que j'en espère ne vous sera pas moins doux qu'à moi-même, et contribuera peut-être à nous raccommoder avec la fortune. Ali ! que ne pouvez-vous voir, de là bas où vous êtes, le train de vie que je mène ici ! Vous m'en tiendriez compte assurément et ne voudriez pour rien au monde amollir mon courage. Je ne suis point insensible au plaisir, vous le savez; j'aime passablement mes aises et ne hais point, tant s'en faut, le commerce du monde. Eh Ijien ! j'ai su me sevrer de tout cela pour me donner tout entier au travail. De temps en temps il y a bien en moi quelques luttes et même un peu de souffrance; mais je tiens ])on; et c'est votre pensée surtout, sachez le ])ien, qui vient ranimer alors mes forces qui failjlissent. Car

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« j'ai une chose encore .plus à cœur que le suca ces, que la réputation, que la gloire même, mes « bons amis : c'est votre bonheur à tous. Ce bonce heur est ma préoccupation incessante et le vrai a but de tous mes efforts ; laissez-moi donc y traie vailler.

« Me voici de nouveau établi à Pompéi, où, « malgré l'excès de la chaleur, je continue à acc( croître mes richesses , c'est-à-dire à augmen- {( ter mes matériaux. Mes cartons s'emplissent. « Que je vous dise un peu de quelle façon je vis « ici dans mon ermitage ; cela ne sera pas sans « intérêt pour vous, et deviendra un sujet de « causerie pour la famille.

« Je me lève de fort bonne heure, presqu'avec « le soleil. Dans cette saison, c'est le plus agréable a moment de la journée, parce qu'on y respire a un air pur et frais, tout imprégné de la senteur « des champs et du parfum des bouquets de sauge a et de menthe qui croissent au milieu des rui- « nés. Il n'y a rien de plus favoi'aljle à la libre « circulation du sang et qui dispose mieux au tra- « vail. Comme l'appétit se fait ])ientùt sentir, je « l'apaise [)ar un gros more^-aii de pain l)is, (|ui u ijie parait savoureux, mais dont j'émiette volon- « tiers une partie au prolit d'une foule de petits

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(c oiseaux de toute espèce et de lézards familiers c( que ma libéralité quotidienne rassemble sans « crainte autour de moi durant mon court repas, « Vers neuf heures, la trop grande ardeur du sott leil me forçant à lever la séance , je rentre dans (( ma petite cellule, où je mets au net tout ce que « j'ai tracé le matin. A midi, mon cuisinier, dont « la science n'a rien de commun, je vous jure, « aveccelle que prisait si haut Apicius, m'apporte, « d'un air solennel , un vaste plat de macaroni « nageant dans un chaudeau bien clair, forte- « ment saupoudré de sel et de poivre et garni de « tomates, avec une demi-douzaine d'œufs durs en « guise de couronnement. C'est là mon ordinaire. « Mais aux grands jours nous y ajoutons un « morceau de chèvre ou de chevreau, cuit sur la « braise, accompagne de quelques feuilles de sa- .-< lade imbibées d'iiiiile rance; le tout arrosé «■ d'un certain vin du Vésuve excellent, à vrai dire, « mais (|ui griserait le cheval de Marc-Aurèle.

(( Cela fait, je vais, comme Pline, dormir à « l'ombre et au frais, si je puis. Une heure de som- '( jiieil mo rend gaillard et dispos, et je nie remets K au ti;nail jusqu'à cin(| beures dans ma petite « l()g(;, puis en plein vent jusqu'au coucher du « soleil. C'est de compte fait treize ou quatorze

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« heures d'ouvrage par jour. Aussi l'ais-je de « bonne besogne.

« Vers la brune, je prends mon fusil et vais rôder « un peu dans les environs; mais le plus souvent « je me promène dans la ville , au milieu de ces « ruines qui ont un attrait toujours nouveau pour <( moi.» Assis sur quelque gradin du théâtre d'Au- « guste, mon imagination sait le remplir bientôt « d'une foule attentive aux tragiques accents de « Clytemnestre ou d'OEdipe. Mais je n'ai besoin « que de mes yeux pour voir en réalité le plus « riche et le plus splendide décor qui ait jamais (( encadre une scène quelconque. 11 y a là, pour « toile de fond, une chaîne de hautes montagnes « aux contours harmonieux, dont l'œil du spectaa teur peut saisir jusqu'aux moindres détails qui « les accidentent; à droite se découvre la mer^ « avec recueil d'Hercule et l'ilc de Caprée; à « gauche les hauteurs du pays des Samnites , et « plus loin le Vésuve d'où s'échappe en forme de <( gerbe une fumée dorée par les derniers rayons « (\\\ soleil.

'I De Ifi i(! viens (;rrer sous les ])orfi(pi('s du Yo- '< l'iiiu, ou iii'assf'oir un iiiDUMjiit sur le bnuc (1<'>. c( j)réti'('S (lo Jupiter, r[ui, en vr;iis gciisdu ini'tier, '( avaient choisi la ])lus agréalile position de la

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