‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 5 sur 145 · XXX NOTICE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE

l'origine remonte à Charles VIII. Ce prince en avait jeté les fondements lors de son passage à Rome, en 1495, avec affectation spéciale à des religieux français de cet ordre des frères Minimes que venait de créer saint François dePaule. Ruinée par les invasions des différentes armées qui s'étaient successivement emparées deRome , de i 798 à 1801, cette ancieniie maison des Minimes ne servait plus alors d'asile qu'à deux ou trois religieux, tristes débris de la communauté dispersée, et qu'à un nombre à peu près égal d'artistes français , heureux de trouver dans l'indépendance, le calme et l'isolement de cette humble retraite, le genre de vie le plus favorable à leurs habitudes studieuses.

C'est là qu'était venu s'établir avec ses livres, ses dessins et ses notes, notre jeune architecte, et là que je le trouvai encore en 1816, quand commencèrent à se former entre lui et moi des liaisons que rien ne vint jamais troubler et que la mort seule pouvait rompre.

Vers la fin de 1812, après un travail assidu, mêlé de beaucoup de déceptions et de déboires , et durant lequel son esprit à la fois souple et tenace avait dû plusieurs fois suppléer à l'insuffisance des instruments qu'il employait, il se trouva en mesure d(! fairo paraître ses premières livrai-

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sons. Le texte en avait été soigneusement travaillé ; et, comme il voulait avec raison que tout fût en parfaite harmonie dans cette publication destinée aux gens de goût en même temps qu'aux artistes et aux savants , ce fut aux frères Didot qu'il en confia l'impression. 11 ne lui restait plus qu'à prendre un parti au sujet de sa dédicace. Par respect pour son maître autant que par esprit national il avait d'abord songé à placer son travail sous les auspices de l'Institut de France; mieux inspiré, il se décida à le mettre aux pieds de S. M. la reine de Naples, par reconnaissance de l'appui qu'il en avait reçu : inspiration du cœur qui faillit toutefois tourner plus tard à son détriment. La Reine daigna en agréer l'hommage, et, avec non moins de générosité que de grâce , joignit à sa lettre d'acceptation un don de trois mille francs pour venir en aide à son protégé. Cette nouvelle faveur ne manquait pas d'à-propos ; elle contribua à tirer d'emliarras le jeune artiste, dont l'inexpérience en affaires avait un peu trompé les calculs et les prévisions : sa prcuiière mise de fonds restait audessous de ses Ijesoins. Mais cet embarras même servit à relever son courage , en lui montrant de quelle confiance et de quelle considération il jouissait déjà aux yt!ux du monde, grâce à la Jio-

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Liesse de sa conduiteet à l'importance de ses travaux. Le banquier Lavaggi, chargé de lui transmettre les fonds qu'on lui avait jusque-là adressés de France , apprenant les difficultés qu'il rencontrait au début même de son entreprise , lui ouvrit généreusement un crédit qui^ non- seulement ne devait point porter intérêts, mais pour la garantie duquel il n'exigea d'autres titres que les reçus de la partie prenante.

« Cela serait grand et beau et généreux parce tout, » écrivait Mazois, « mais à Rome c'est tout ce simplement sublime. Me voilà, par ce magique ce coup de baguette, hors d'affaire. En même ce temps que ma lettre , arriveront à Paris mes ce planches et mon manuscrit. »

L'apparition des premiers cahiers des ruines de Pompéi eut , dans le monde savant, un retentissement immense. On ne connaissait guère de cette ville que le peu qui en avait été publié dans l'ouvrage fort attardé de l'Académie de Naples ; ce fut donc avec une vive curiosité qu'on accueillit le travail de Mazois , d'après les débuts duquel il fut permis d'avance de juger avec quel ordre, quel soin et quelle exactitude allaient être reproduits dans leur ensemble tant et de si précieux restes d'anti(j[uités , les uns tirés déjà, les autres

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près de sortir encore des fouilles de cette ville disparue depuis dix-sept siècles sous la cendre. On se plut à reconnaître qu'à l'habileté du dessinateur, qu'à la sagacité de l'érudit, Mazois avait su joindre les plus solides qualités de l'écrivain ; que son style, toujours approprié au sujet, était clair avec précision , souple avec élégance , varié selon les nuances mêmes du fond, et surtout empreint de ce grand goût des auteurs anciens, dans le commerce intime desquels il s'était habitue à vivre. Le succès de l'œuvre était donc assuré, et rien, en effet, ne semblait devoir en entraver la marche, quand lesévénements de 1813 éclatèrent. Aux désastres de nos armées en Allemagne s'était venue joindre, en Italie , la défection de Murât. Ses troupes , faisant, en apparence du moins , cause commune avec les puissances coalisées, étaient entrées dans Rome sans oljstacle, et en avaient pris possession. Les nôtres cependant n'en étaient point sorties, et l'on ne savait guère plus à qui appartenait en réalité le commandement de cette ville. Beaucoup de Français qui y résidaient alors comnie simples employés ou comme fonctionnaires pal>lics jugèrent à propos d'eu partir; mais les artistes et les négociants en furent détournés par unedéclaration dugénéral Pignatelli,qui leur

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