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cile, il ne lui sembla pas plus prudent d'emporter avec lui que de laisser derrière lui ce qu'il appelait^ à bon droit, sa petite fortune en germe; c'est-à-dire cet amas de dessins, de gravures ;, de planches , d'études et de matériaux de toute espèce, sur quoi se fondaient son avenir et celui de sa famille, 11 se détermina donc sagement à attendre ; et comme les circonstances n'étaient nullement de nature à justifier la continuation des doubles frais qu'exigeaient la gravure et l'impression de son ouvrage , il suspendit l'une et l'autre pour ne plus s'occuper, en attendant des jours meilleurs, que de la mise au net de quelques dessins et que des études relatives à la composition de son texte.
C'est dans ces occupations studieuses qu'il passa la fin de 1813 et les premiers mois de 181 i. A cette dernière épocjue, les grands événements qui vinrent tout à coup changer l'état politique de la France n'eurent pas un moindre retentissement en Italie que dans le reste du monde, lis y causèrent môme une sensation d'autant plus vive (jue l'esprit des populations y est plus ardent, et il fut aisé de prévoir <]uc la rentrée du pap(! dans ses Etats deviendrait le prétexte d'ardentes j]iani.feslalions réactionnaires et peut-être même de scènes
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regrettables. Aussi beaucoup de Français jugèrentils à propos de quitter Rome, au moins provisoirement , pour se soustraire à cette première explosion d'enthousiasme qui pouvait bien ne pas être sans inconvénients pour eux. Mazois, par un sentiment de juste susceptibilité nationale, avait jusque-là respectueusement éludé les bienveillantes propositions de la reine de Naples au sujet de son retour auprès d'elle; mais en cette circonstance, croyant pouvoir accepter la généreuse protection qui lui était toujours offerte, il partit, l)ien résolu toutefois à ne pas rester longtemps éloigné de sa calme retraite du Monte-Pincio , et comptant, quelque court que dût être ce voyage , le faire encore tourner au profit de son travail sur Pompéi. A peine arrivé à Naples, il y apprit la mort de sa mère. Ce nouveau coup qui venait le surprendre au milieu de ses espérances troublées et deses travaux compromis, au moment même où, pour supporter ses revers de fortune, il aurait eu le plus l)esoin de son courage, fut l)ien près tle l'abattre. 11 perdait dans sa mère le vc'ritable stimulant (le son ardeui' au travail; car c'était j)ar orgueil pour elle (|u'il voulait ilhi^trcr sa carrière, et dans l'espoir (1(î lui rendre les douceurs de l'aisance , (ju'il a\ait voulu associer à son (cunic
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d'art une idée commerciale; il semblait qu'il n'y eût plus désormais de but à ses efforts. Son vieux père cependant lui restait ; il se résolut à l'aller rejoindre, ne fût-ce que pour pleurer avec lui. La reine Caroline avait le cœur bon . Elle fut touchée de cette affliction si profonde; et comme elle avait besoin d'envoyer en ce moment-là quelqu'un à Paris avec une mission de confiance , elle proposa à Mazois de s'en charger. C'était , par un moyen indirect, plein de délicatesse , le distraire de ses tristes pensées, et lui fournir, en outre , les moyens défaire, avec promptitude et commodité, un voyage qui, de toute autre façon, eût été pour lui onéreux.
Après une séparation qui durait depuis près de six ans, le père et le fils se retrouvèrent à Paris, mais ne purent y passer que bien peu de jours enseml)le; car, une fois son message accompli, Mazois avait pour instruction de retourner immédiatement àNaples. La Reine, satisfaite de ses services, voulut le retenir auprès d'elle; il préféra rentrer dans sa cellule du couvent des Minimes à Home. Les encouragem(?nts qu'il avait recueillis à P;iris comme à Na|)l('s avaient relevé son courage, et, con- (ianl dans raj>pui ({uc scnblaicnt lui prometlrcd*'sormais lun cl 1 autre pays, il se remit avec ardeur
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au travail. Mais ce ne fut encore là qu'une espérance déçue. La tourmente politique de 1815 lui fut bien autrement préjudiciable que celle de l'année précédente. Il se voyait privé tout à coup, par le rétablissement des Bourbons sur le trône de Naples, de sa protectrice, de la pension qu'il en recevait, peut-être même des moyens de compléter désormais son œuvre ; car pouvait- il raisonnablement se flatter qu'une pulîlication commencée sous les auspices d'une sœur de Napoléon trouvât jamais faveur auprès du roi Ferdinand? Ce doute cruel, joint au mauvais état où se trouvaient ses affaires, lui faisait dire dans une lettre adressée à M. de Clarac r « Je suis entre deux extrémités « également pénibles, mourir de honte si j'aban- « donne mon ouvrage, ou mourir de faim si je le « continue. » Kt pourtant dans cette entreprise se trouvaient engagées, avec son lionneur, toutes les ressources dont il avait pu disposer jus({u'alors ; il ne pouvait donc y renoncer sans tenter une lutte suprême : c'est ce qu'il fit. El il y a plaisir \ raiment à voir avec f[uelle vaillante o[)iniàtt'('lé et (jutîUe ("onïiance en lui-même il ai'l'ronte en d('finitive la mauv.iise fortune.
<( La fou(lr(; vi(!nt de tomber sur iNaples, é( ri- « vait-il au mois de juin 181."); elle a frap[)é mes
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« protecteurs et dispersé mes amis; mais il me « reste mon courage, mon intelligence et mon « amour pour vous ; c'est plus qu'il n'en faut « pour surmonter les nouveaux obstacles dont « semble se hérisser mon chemin. Je n'ai plus « d'argent, à la vérité , ce qui rend ma situation « fort critique ; et je me vois, du même coup, « privé de ma pension et de mes plus fermes ap- « puis. Eh bien! il faut espérer que le ciel m'en « suscitera d'autres. Est-ce qu'il abandonne ja- « mais ceux qui, comme moi, ne forment que des « vœux légitimes ? En attendant, il faut mo venir « en aide, et tâcher de me procurer des capitaux « sans contracter de nouvelles dettes. 11 n'y a « qu'un moyen pour cela, c'est de vendre la petite « maison qui nous reste. Mon ouvrage, dont le « succès est désormais assuré, nous sera d'un bien « meilleur produit que cet immeuble chétif qui c< périclite. Sachez, au surplus, que le moindre « retard dans la publication de mon œuvre peut « avoir pour nous des conséquences fatales ; et *( écoutez, à ce propos, ce qui a failli m'arriver. a Ily a ici un jeune architecte anglais, nommé « Roboi't Cockerel*, qui vient de faire un long <( voyage en Orient. Après avoir parcouru en tout
* M. H. Gockerel est ilevenn l'un des arcliilcctes les plus jnslo-
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« sens l'Asie Mineure et la Grèce , il a visité, en ce artiste habile, en homme instruit, la Sicile et le « royaume de Naples , où il a recueilli de nom- « breux et intéressants matériaux. Ayant appris « de quoi je m'occupe, il est venu me voir. Nos (( goûts nous ont d'abord rapprochés; bientôt « nos sentiments nous ont liés ; aujourd'hui nous « sommes les meilleurs amis du monde. Oh ! « l'amitié des honnêtes gens n'est pas seulement « une douceur, elle est aussi un bienfait, comme « vous allez le voir. M. Cockerel, avec une grâce « infinie, m'avait proposé ses bons offices pour le « placement de mon ouvrage en Angleterre, lors- « qu'il y serait de retour ; un heureux hasard a « permis qu'il pût , en attendant, me rendre ici « un service plus grand encore. Son maître, « homme riche, important et bien posé à Londres « en sa qualité d'architecte de la cour, lui a écrit, (( pour lui dire qu'ayant formé le projet de faire « dessiner et mesurer les ruines de Pompc'i, en K vue d'une grande pul^lication qu'il comptait « entreprendre, il le priait d'organiser ce travail a et d'en accepter la haute direction. Ah! mes
iiK'iil renomniôs (Je la Granile-Urclaf^no, et, depuis plusieurs années (lejii, il lait partie <le l'Inslilut de l'iance, touinie nieMil)re assoeié étranger.
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« bons amis, quel coup on nous préparait là dans « l'ombre! Gockerel, en homme loyal et bon, « s'est empressé de répondre que les ruines de « Pompéi, dessinées, comparées, expliquées avec « autant de soin que de talent, avaient, depuis « près de deux ans, commencé de paraître; qu'il « était fâcheux que l'Angleterre l'ignorât, quand « la France et l'Italie le savaient ; qu'au surplus « moins à lui qu'à personne au monde il pouvait « appartenir de mettre la main dans cette nou- « velle opération, attendu qu'il aimait et esti- « mait beaucoup l'auteur de la première, et que, « ne voyant dans une pareille concurrence que « ruine et désastre des deux parts, il était de son « devoir de le dire et de son honneur de n'y point « contribuer.
« Quant au résultat il a été double : aban- « don de tout projet de publication en Angle- « terre, et souscription de l'architecte delà cour « à mon ouvrage,
« Après ce trait providentiel, et quoiqu'il y ait « l)icn dix pieds d'eau pour le moment dans « ma cale, je ne me sens nullement d'humeur rà a abandonner le gouvernail ni la pompe : j'ai J'oi « dans mon avenir. »
Sa conliance ne fut pas trompée. Il avait pour
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voisin de cellule, au couvent des Minimes, M" l'évcque d'Ortosia, alors auditeur de rote pour la France. Ses liaisons avec ce prélat ne tardèrent pasà le faire connaître de tout le personnel de l'ambassade de France à Kome. Mazois , comme je l'ai déjà dit, exerçait en général sur ceux avec qui il vivait une séduction dont la source était bien moins dans son mérite que dans son caractère. Il plut infiniment à notre ambassadeur, M. de Pressigny, ancien évèque de Saint-Malo, qui le prit en grande estime et en grande amitié. Ce fut par son entremise que M. le duc de Narbonne Pelet, alors représentant de la France auprès du roi de Naples, obtint de la bienveillance particulière de ce prince que la souscription consentie par l'ancienne cour en faveur de l'œuvre de Mazois lui fût continuée.
Bien des protecteurs se fussent tenus pour satisfaits après un pareil résultat; M. de l*ressigny n'en prit qu'avec plus de chaleur les intérêts de son [)rotégé. Il trouvait (piil y avait bien mieux à fjiirc ([ue (h,' souscriic à la publiealion d'un ouvrage tel (pie les liuincs de l'otnpéi, c'était de ne pas s'o[)poser à ce (juil s'a( hcvàt. Or, le gouvenieiiHïiil fia[)()lilaiii voulail [»i'(''(isém(!iit (juil ne pût s'achever, et pour (-('la il n'avait eu (j'i'à élciKb'e
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à l'ancien dessinateur du cabinet de la fteine la mesure de rigueur qui interdisait l'entrée du royaume à tous les fonctionnaires du régime déchu. A ce titre, Mazois ne pouvait plus retourner à Naples, et Pompéi restait désormais fermé pour lui.
On peut aisément se figurer le nouveau genre de supplice auquel il se trouvait parla condamné. Avoir conçu une grande entreprise et s'être dignement préparé à la mener à bonne fin, en avoir su haljilement vaincre les difficultés , assurer la marche , préparer le succès , et tout près de recueillir le fruit de tant de soins, voir son labeur et son argent perdus, ses efforts rendus vains, ses espérances jetées au vent, c'était une trop juste cause de douleur pour que ceux qui en étaient confidents ne cherchassent pas à y porter remède. Malheureusement, toutes les tentatives faites à cet égard par M. de Pressigny auprès du marquis de Fuscaldo, alors ministre deNaples à Rome, étaient restées jusque-là infructueuses; les l^arrières ne s'abaissaient pas. Une année s'était ainsi écoulée en solUcitations pressantes, mais inutiles d'une part, et de l'autre en refus polis, mais persistants; lorsqu'une circonstance inattendue, dont raml)assadeur de France sut tirer adroitement parti , vint
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changer la l'ace des choses. On était au mois d'avril 1816, époque du mariage projeté entre W le duc de Berri et la princesse Caroline de Naples; M. de Pressigny, chargé de demander au Saint-Siège des dispenses pour ce mariage, les ayant obtenues, fit appeler Mazois, et lui dit : Voici des dépêches qui sont impatiemment attendues par M. le comte de Blacas, chargé d'une mission extraordinaire auprès du roi de Naples, Voulez-vous partir comme courrier de cabinet pour les hii porter? Avec ce titre vous ne rencontrerez nul obstacle et pourrez arriver droit cheznôtre ambassadeur M. le duc de Narbonne. Mais mon pouvoir ne va malheureusement pas plus loin; une fois là, ce sera à vous d'user d'autant d'esprit et d'adresse que vous en saurez avoir pour pénétrer de nouveau jusqu'à Pompéi. Je vous recommande, du reste, aux bontés de M. de Blacas qui est l'ami du Koi.
Grâce à ce hardi stratagème du ]jon évoque de Saint-Malo , Mazois put, en etïet, arriver à Naples sans encombre, et une l'ois au cœur de la place , sut Ijientùt s'y ménager des appuis. MM. de Narbonne et de Blacas goùlèient son esprit et son niérit(! comme l'avait l'aitM. de Pressigny lui-même, et l'un et l'autre lui donnèrent de si pujjlics lémoi-
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gnages d'estime et d'affection , que les ministres de . S.M.Sicilienne ne savaient plus comment prétexter de leurs défiances politiques à son égard, en présence du significatif patronage que lui accordaient publiquement les représentants officiels du chef de la famille des Bourbons. Sa cause ne pouvait cependant être regardée encore comme gagnée, lorsque, par un caprice fortuit ou peutêtre ingénieux, M""* la duchesse de Narbonne, qui était fort bossue, mais spirituelle à l'avenant, en vint pleinement assurer le succès. Elle n^ivait point encore visité Pompéi. Il lui plut d'y aller ostensiblement accompagnée de Mazois; et, comme elle fut, dès le premier jour, tout aussi charmée de l'aimalile érudition de son cicérone que de l'aspect intéressant de la ville, elle y retourna plusieurs fois avec lui. Puis un soir, à la cour, ayant trouvé adroitement occasion d'entretenir le vieux roi Ferdinand du plaisir que lui avaient procuré ces excursions et du vif intérêt que lui avait inspiré son guide, elle le lit avec une telle mesure et un tel esprit d'à-propos, que, dès le lendemain, le ministre de l'intérieur eut ordre de lever l'interdiction opposée au travail de Mazois, Celui-ci mit bien vile à prolit l'autorisation (]ui lui était accordée; et après avoir, avec son assiduité
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habituelle, consacré une vingtaine de jours aux études dont il avait besoin, il s'en revint à Rome, où semblait luire eniin à ses yeux un avenir plus serein. L'argent, ce grand mobile de toutes les choses humaines , lui manquait encore toutefois, et c'était là pour lui un reste de souci. Mais les mêmes causes qui lui avaient fait perdre ses protecteurs à Naples, lui avaient procuré des appuis nouveaux à Paris. La France, dont il n'avait jusque-là rien obtenu, allait lui venir en aide. M. Decazes avait parlé des Ruines de Pompél au roi Louis XVlIi. Ce prince, comme son aïeul Louis XIV, aimait les savants, les artistes et les gens de lettres. Il permit qu'on lui présentât l'ouvrage, et, après l'avoir attentivement parcouru, voulut qu'on en complimentât l'auteur ; ordonnant en outre que, par une souscription convena])le, portée au ])udget de sa maison, on encourageât un artiste dont les travaux honoraient la France. M. Decazes ne borna pas là ses bons oltices ; grâce à son amicale entremise, Mazois obtint encore, à titre de souscriptions, d'utiles encouragements du ministre de Tintérieur et de celui des affaires étrangères. L'eau, comme on dit vulgairement, revenait au moulin.
Sur ces entrefaites, une mutation s'était opérée
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dans le personnel de l'ambassade de France à Rome. M. de Blacas, une fois le mariage du duc de Berri conclu , avait remplacé M. de Pressigny près le Saint-Siège. Ce ne fut heureusement pour Mazois qu'un changement de protecteur et d'ami. La bienveillance affectueuse qu'avait pour lui M^' l'évoque de Saint-Malo, il la retrouva dans M. jde Blacaa, qui ne tarda pas à lui en donner une marque certaine. Il y a, tout auprès du couvent des Minimes , à Monte-Pincio, une église française qui, jusqu'à la fin du siècle dernier, avait, ajuste titre, passé pour l'une des plus riches de Rome. Mais les armées de la République, celles de Naples, d'Autriche et de Russie, aidées quelque peu des révolutionnaires romains eux-mêmes, l'avaient successivement mise au pillage. De toutes les œuvres du Pérugin, de Périn del Vaga, de Jules Romain, de Zuccheri et même de Daniel de Volterre, qui avaient fait autrefois le principal ornement de cette église , il ne lui restait plus que la fameuse Descente de croix de ce dernier maître, l'une des trois merveilles, au dire du Poussin, qu'ait produites l'Ecole italienne; et encore ce tableau précieux se trouvait-il alors relégué dans une salle-basse ol)scure, où le chanci causé par l'humidité et la poussière achevait peu à peu de
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le détruire. A toutes ces causes de ruine un tremblement de terre' s'étaut joint, une partie de la voûte avait croulé, entraînant des portions d'entablement avec elle, et d'énormes crevasses qui s'étaient produites de bas en haut sur tous les murs de l'édifice, en compromettaient la solidité. M. de Pressigny lui-même avait depuis longtemps compris qu'un tel abandon était chose honteuse pour la France ; mais il n'avait pas les moyens d'y remédier; le nouvel ambassadeur, plus riche et plus en crédit, voulut y mettre fin par une restauration générale, qu'il chargea Mazois d'exécuter. A cette occasion était née dans l'esprit de M. de Blacas, comme dans celui de son architecte, une pensée noble et généreuse, celle d'appliquer une part des fonds destinés aux travaux de l'église, à des commandes de peintures dont l'exécution devait être exclusivement confiée aux artistes français qui se trouvaient alors à liome. M. Ingres était du nombre, et c'est à cette circonstance qu'est dû son tableau de Jésus-Christ remettant les clefs du Paradis à saint Pierre. Ce magnifique ouvrage fait aujourd'hui partie de la collection du Luxembourg. U est aisé de comprendre qu'on ail été jaloux d'y voir figurercette (l'uvve capitale d'un des plus grands peintres de