CHAPITRE XII
<f plutôt de cet hémicycle où le vieux Scé- '« vola, assis au milieu de ses amis (i), s'en- « tretient avec eux^ selon sa coutume, ou de « quelque point de morale, ou des hommes « illustres de son temps. » iNous avançâmes vers ce vénérable vieillard; il parlait de Lélius et de Scipion(2). Bientôt il se mit à traiter des devoirs du citoyen , et c'était principalement aux jeunes gens qu'il adressait la j)arole : j'ai retenu quelques fragments de ses discours.
« A l'ombre des vertus, la jeunesse croît « pour la gloire. — La seule chance heureuse « (jue le vice puisse lui offrir, c'est une mort
« prématurée
« Ni les provinces conquises, ni l'Italie , ni le « Lalium , ni même l'enceinte de Rome, ne (( constituent la répul)li(|ue romaine: elle est « toute dans les institutions (jue nous ont « transmises nos pères. Quand Brennus cam-
I Cacv.v.., (le yiiii/< il., ciip. i, 2. (2; Jl>ic/.
« pait sur les cendres de Rome , Rome n'en
a existait pas moins au sein du Capitole , dé-
a positaire de ses saintes lois
« Craignons d'oublier nos devoirs , en nous
V occupant toujours de nos droits
« Le premier des devoirs du citoyen est de
(f révérer les institutions de son pays; le pre-
« mier de ses droits, de les défendre
« Les jeunes citoyens croient que l'efTerves-
« cence de leurs sentiments est sanctifiée par
« cet amour déréglé delà patrie dont ils sont
« enivrés ; qu'ils apprennent que la patrie ,
« comme une amante sévère ;, ne permet que
« les sentiments désintéressés , les passions
« soumises, le zèle qui obéit, et qu'elle re-
a jelle tout le reste, connne un hommage iii-
« digne qu'elle dédaigne, ou comme un crime
« (ju'elle punit
« Laliberléest un bouclier, n'en faisons point
(c ur.e épée. »
(c Avons pour les lois une obéissance passioii-
« née. «