‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 77 sur 145 · CHAPITRE XII. 1G · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. 1G

J'écoutais avec transport les sages paroles de ce cligne vieillardj lorsque Chrysippe m'entraîna d'un autre côté. Il voulait me faire examiner en détail toutes les décorations de l'exèdre. De grâce, lui dis-je, suspendez pour un moment l'inventaire de ce palais; depuis ce malin je compte des colonnes, j'examine des marbres, des bronzes, des peintures, laissez-moi considérer un instant ces hommes qui veulent devenir nos maîtres. — « Volon- <f tiers, faisons encore le tour delà salle. » — Ce que j'admire le plus, ajoutai-je , est précisément ce qui ne vous touche guère; c'est la politesse dont usent entre eux tant de gens de condition et de fortune diverses; la gravité de leur maintien et de tout ce que. j'entends est encore une chose qui me frappe. Si vous réunissiez autant de mes turbulents compatriotes , (juel tumulte, grands dieux! Vous seriez étourdi de leurs cris , du bruit des armes, et l'assemblée ne se terminerait certainement point sans quelque rixe sanglante (i);

i, Tacmt., de M()?il>. Ger/n.^ 9.2.

telles sont nos mœurs! « Sans doute, répon- « dit notre ami, vos réunions journalières ne « sauraient offrir l'apparence d'une telle ur- « banité; mais aussi dans vos assemblées vous « ne trouveriez ni un traître, ni un làclie, « ni un impudique ; vous les étouffez sous la « claie (i). Tenez , voyez cet homme triste, « maigre et pâle, qui s'arrête auprès des.per- « sonnes dont la conversation est la plus « animée, qui ne prononce que des mono- « syllabes, et dont les yeux sont toujours « fixés vers la terre, ou tournés d'un air dis- « trait vers le côté opposé à celui où il écoute; « ce misérable a des yeux et des oreilles pour « épier tout ce qui se fait ici (9.); car les liai- « sons de Scaurus avec un grand nombre de « mauvais citoyens inquiètent les consuls. Ci- « céron fut le premier qui employa ce moyeu « lors de la conjuration de Catilina ; de- « puis, cette race d'hommes s'est multipliée; « elle acquiert de l'importance par la crainte

(i) Txcn.^ de Morib. Germon., 12.

['i) CiCKR., de Cdtil., orat. 1.

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