‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 9 sur 145 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

MÉROVIR, FILS d'aRIOVISTE , ROI DES SUÈVES , A SON AMI SEGIMER.

Lorsque je quittai les Gaules, tu me fis promettre d'écrire pour toi tout ce que je verrais d'intéressant dans mon voyage. J'ai jusqu'ici tenu ponctuellement ma promesse; et déjà je t'ai adressé mon itinéraire contenant la desciiption des principaux lieux que nous avons rencontrés sur la route. J'ai remis dernièrement à ceux des otages (jui s'en retournent la relation de notre entrée dans Kome. Voici aujourd'hui un nouveau frag-

ment de mon journal ; il contient la description d'un des plus beaux palais de cette ville. Je pense que ce tableau du luxe des babitations romaines aura quelque intérêt pour toi , car tu ne saurais être sans curiosité sur ce qui concerne des mœurs si différentes des nôtres.

Nous sommes toujours logés chez Chrvsippe, auquel nos amis de Padoue nous ont recommandés. C'est un jeune artiste grec qui, ayant perdu tous ses biens dans les derniers troubles de sa patrie, est venu chercher à Rome la fortune et la gloire. Ses mœurs douces, sa loyauté, ses talents , lui ont procuré d'aimables amis, des protecteurs puissants, une existence honorable. Il trouve ici dans l'exercice de son art des occupations pleines de charmes cpii le consolent à la fois de ses malheurs passés et de ces basses inimitiés que les succès attirent pres(|ue toujours au mérite.

ÏNous sommes devenus amis inséparables; il nous guide dans tous les lieux intéressants, sa complaisance ne se lasse jamais de satis-

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