CHAPITRE XV
« prairies émaillées, la vaste étendue des cam- « pagnes, peut dans l'enceinte de sa maison « dérober à ses besoins multipliés quelques a pieds de terrain, il y plante, il y cultive « avec joie une fleur, un arbuste , devenus « pour lui une espèce de trésor; et même, si <* ses richesses le lui permettent, il trans- « portera les bois d'Aricieau milieu descolon- « nades de marbre (i). C'est donc cet attrait « invincible de la campagne (jui a donné « naissance à ces terrasses, à ces jardins sus- « pendus, où vers les dernières heures du * « jour l'on vient, comme pour échapper à la « ville, respirer le parfum des fleurs, jouir « de la brise du soir, admirer les beaux a points de vue qui s'offrent ici de toutes « parts (2}, et contempler enfin toutes les « magnificences de l'horizon romain, éclaiix^es « par ces pompeux couchers de soleil dont (f l'éclat est , dit-on , inconnu à vos contrées a septentrionales.
(1) IIORAT., l'ijtist. 10, lil). I.
(a) ViTRi;v., lib. Il,caj). S ; Pmn., lib. XXXV, cap. 14.
« Dans les premiers temps on ne connais- « sait point à Rome cette manière de couvrir ce les édifices ; les murs étaient faibles, les maice sons étaient basses, et ne pouvaient sup- « porter que les toits de tuiles ou d'ar- « doises (i). 3Iais lorsqu'on eut commencé à a élever des murs de pierres de taille, on exce haussa davantage les habitations, et l'on se « plut à les terminer par une terrasse (2). » — Permettez-moi de vous demander, lui disje , comment vous avez pu obtenir, à une si grande élévation, une aire aussi unie, aussi compacte, aussi indestructible ; car on croirait plutôt marcher sur la surface d'un roc aplani que sur un sol artificiel.
« L'établissement d'une semblable terrasse, « me répondit-il, demande beaucoup de soin, « D'abord, j'ai apporté une grande attention « au choix du bois de charpente; cpioiqu'on a emploie souvent le robur ('^)) et l'olivier,
(i) Plin., lib. XXXV, cap. i',.
(2) ViTRuv., lib. II, cap. 8.
(3) Espèce de cliciie.