CHAPITRE XV
« Ces petites fontaines et ce l)assin orné a d'un jet d'eau (i) fournissent abondamment « à l'arrosement des plantes et des arbustes. « L'eau est élevée jusque ici par le moyen de « pompes pneumatiques (2), que j'ai fait « exécuter d'après la description que Ctési- « bius nous en a laissée dans son excellent « ouvrage sur l'hydraulique (3); et, après « avoir servi à Tembellissement de ce jardin, « elle se rend dans des réservoirs disposés « autour de la maison (4) , afin de fournir « facilement des moyens de secours contre « les incendies aux esclaves chargés de veil- « 1er jour et nuit à la sûreté de ce vaste « palais ^5).
« Mais c'est assez nous occuper de détails </ qui n'ont peut-élre pas infiniment d'intérêt (( pour vous ; je veux vous montrer mainte-
(1 ) Ruiiie.^ (le Ponip<'i, toiii. II.
['À] Pi IN., lil). XIX, cap. /) ; Sexf.c, Epi^t. XC.
(3; ViTRiv., lih. X , cap. i'>;Pi.in., lib. VII, cap, 'Î7.
4) .IrvF\., Stihr. i ',, v. "îoS.
(5) If,uL, V. 3oG.
« liant un tableau fait pour vous laisser un « souvenir éternel ; sortons de ce cabinet de
« verdure. Voilà Rome » Quel spectacle
imposant ! m'écriai-je. La voilà donc cette Rome dont le nom fatal menace notre liberté (i)jusqa'au fond de nos forêts! « Ajouff tez, reprit vivement Clirysippe, cette ville « qui, dans sa grandeur inconcevable, sem- « ble née pour rasseml)ler les empires épars , « rapprocher les peuples éloignés , et deve- « nir ainsi la mère commune de toutes les u nations (2 . Car, conlinua-t-il en poussant « un soupir , il y a dans les destinées de c< Rome cpielque chose de grand et de mys- « térieux (jui semble lui promettre reuq)ire Cl de la terre. « En parlant ainsi, il me prit par la main ; et , m'ayant ("ait approcher de la ])aluslrade, il conmiença à me noiiuuer successivement les principaux monuments et les lieux que nous apercevions autour de nous. « La colline sur laquelle est situé ce
(i) Tir., lil). II, /:/(-'. 5, V, 59. ;•>. Pi.iN., lii). ]!T, cap. f).