CHAPITRE fV
X. La cuiuaiisbigu des Cinq-Cents exercera rinitiativej la l'ommbsion des Anciens Tapprobation.
XI. Les deux commissions sont encore chargées de préparer dans le même ordre de travail et deconcomrs les changements à porter aux dispositions organiques dont l'expé* rience fait sentir les vices et les inconvénients.
XII. Les changements ne peuvent avoir pour but <jne de consolider, garantir et consacrer iuviolablemcnt la souveraineté du peuple français, la république une et indivisible, le système représentatif, la division des pouvoirs , la liberté , régalité , la sûreté et la propriété*
XIII. La commissîott consulaire executive pourra leur présenter ses vues à cet égard.
XIV. Enfin les deux commissions sont chaînées de préparer un code civil.
XV* Elles siégeront h Paris dans les palais du corps légis* latif, et eUes le pourront convoquer extraordinairement pour la ratification de la paix ou dans un grand danger public.
XVI. La présente sera imprimée, envoyée par des courriers extraordinaires dans les départements, et solennellement publiée et affichée dans toutes les communes de la république; elle sera portée sur-le-champ au conseil des Anciens par un messager d'État.
/|7'4 PIECES- JIISIlflC&XlVGS.
PtocUwtatiQtt (lu gênerai en chef' Bonaparte.
19 brumaire, onze heures du soir.
A mon retour à Paris , j*ai troiiTé la division dans toute» les autorités , <*t TaccoKl établi sur cette seule vérité , que la constitution était a moitié détruite et ne pouvait sauver la liberté.
Tous les partis sont v^DUS à moi, m*ontcon&é leurs des« seins, dévoilé leurs secrets, et m*ont demandé mon appui; j*ai refusé d'être Thomiue d'un parti.
Le conseil des Anciens m'a appelé, j'ai répondu à son
appel. Un plan de restauration générale avait été concerté par des liuiiiities en qui la nation » ^^ accoutumée à voir des delenseurs de la liberté, de Tégalite , de la propriété : ce plan demandait un examen calme, libre, exempt de toute influence et de toute crainte. En conséquence, le conseil des Anciens* a résolu la translation du corps législatif à Saint- Cloud ; il m'a cbargé de la disposition de la force nécessaire à son indépendance. J'ai cru devoir à mes concitoyens , aux soldats périssant dans nos armeps, à la glon e nationale acquise au prix de leur sang, d'accepter le commandement.
Les conseils se rassemblent à Saint -Ci oud ; les troupes républicaines garantissent la sûreté au dehors. Mais des assas-
CHiiPlTUE IV.
sins établissent iu t< rreur au dedaiis; j)lusicurs députes du constîil dus Cinq-Cours, arnu'S de stylets et d'armes à feu, font circuler tout autour d'eux des menaces de mort.
Les plans qui devaient être développés, sont resserrés, la majorité désorganisée, les orateurs les plus intrépides déconcertés, et l^înutilité de tome proposition sage, évidente.
Je porte mon indignation et ma douleur an conseil des
Anciens; je lui demande d'assurer rexécutKtn de ses généreux desseins; je lui représente les maux de la patrie qui les lui ont fait concevoir: il s'unit à moi par de nouveaux témoignages de sa constante volonté.
Je me présente au conseil des Cinq-Cents, seul, sans armes, la téte découverte, tel que les Anciens m'avaient reçu et applaudi. Je venais raj^peler a la majorité ses volontés et l'assurer de son pouvoir.
Les stylets qui menaçaient les députés sont aussitôt levés sur leur libérateur; vingt assassins se preeipitent sur moi, et cherchent ma poitrine; les grenadiers du corps législatif que j*avais laissés a la porte de la sa lie accourent et se mettent entre les assassins et moi. L*nn de ces braves grenadiers (Thomé) est frappé d*un coup de stylet dont ses habits sont percés; ils m'enlèvent.
Au même moment les cris de hors la loi se font entendre ( (.ntre le défenseur r/^' la loi. C'était le cri farouche des assassins, contre la force destinée à les reprimer.
Ils se pressent autour du Président, la menace à la bouche; les armes à la main, ils lui ordonnent de prononcer le hortla loi. L'on m'avertit; je donne ordre de l'arracher à leur fureur, et six grenadiers du corps législatif s'en emparent. Aussitôt après, des grenadiers du corps législatif entrent au pas de charge dans la salle et la font évacuer.
474 PIÈCES JUSTIFlCiLTIVES.
Les factieux intimidés se dispersent et s'éloignent. La luajorité, soustraite à leurs coups, rentre librement et paisiblement dans la salle de ses séances, entend les propositions qui deraient lui être faites pour le salut public, délibère, et prépare la résolution salutaire qui doit devenir la loi nouvelle et j)i ()visoire de la république.
Français, vous reconnaître/ ^ms cloute à cetle conduite le zèle d'un soldat de la liberté , d'un citoyen dévoue à la république. Les idées conservatrices, tulélaires, libérales, sont rentrées dans leurs droits, par la dispersion des foctieoz qui opprimaient les conseils, et qui, pour être devenus les plus odieux des hommes, n'ont pas cessé d'être les plus méprisables.
Signé, BcmAPARTE.