‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 112 sur 134 · INGRESSUS NOSTRAS HUMILES ME DESPICE SEDES · texte numérisé non relu

INGRESSUS NOSTRAS HUMILES ME DESPICE SEDES

OUjERIMUS ex SOLA COMMODITATE DEÇUS.

Toi qui considères ces masses variées de murs et de tours, œuvre d'un, art démesuré, en entrant dans notre humble demeure, ne la méprise pas ; nous ne cherchons d'autre beauté que la commodité.

Cet aveu désarme la critique, mais dispense d'insister sur des aménag'ements disparus en majeure partie, et que leurs auteurs jug'eaient euxmêmes sans conséquence.

Bientôt les lég'ats, importunés de venir résider à Avig-non lorsque Rome ou Paris les retenait, ne g-ardèrent que le titre ({u'ils faisaient mettre sur les monnaies pontificales frappées à Avig-non ou dans le Comtat, et délég-uèrent leurs fonctions. Un comprend, pour ne citer qu'un exemple, que le cardinallég-at d'Avig-non Charles de Bourbon, proclamé roi de France sous le norn de Charles X par les lig-ueurs qui voulaient écarter Henri IV du trône, ne se souciait g-uère de venir g*ouverner la capitale dn petit état pontifical.

Les Papes mirent bon ordre à cet abus et, à partir de 1693, ils ne nommèrent plus à Avig'non que des vice-lég-ats.

Tout modeste que fût leur train au reg^ard du faste des cours depuis le XVT' siècle, ils ne laissaient pas de faire encore assez g-rande fig'ure et rece-

valent, au Palais, les rois, les princes du sang* et les g'rands personnag^es qui quelquefois y séjournaient assez long-temps, coniine Louis XIV en 1760.

Un manusci'it anonyme de la Bibliothèque Ghig-i à Rome nous a conservé une description assez complète du Palais, écrite par un visiteur italien entre les années 1664 et 1667*. J'ai donné, il y a quelque temps, la ti'aduction inédite d'un passag*e de ce manuscrit. Elle a eu la faveur d'être reproduite dans une notice récente % et cet accueil m'encourag-e à user de la pièce entière pour terminer la description du Palais sous les vice-lég*ats.

Grande porte et cour d'entrée

Il n'y avait plus, au Palais, qu'une seule entrée, celle qui existe encore aujourd'hui ; toutes les autres étaient murées. La g^rande porte, surmontée des armes de Clément VI, était précédée de deux autres, à travers l'avant-corps crénelé, remplacé maintenant par un escalier et une rampe d'accès. En entrant dans la cour, l'aile qui fait face, à côté de la tour des Ang-es, était doublée, en avant, d'une construction à laquelle on accédait par un larg-e perron extérieur. Elle contenait une vaste pièce appelée salle des Sii?-'<ses, et une autre à la suite, appelée salle des Chevau-légers, parce que des déta-

1. Bibliothèque Chigi, G, VIII, n» 224, ancien 133. - Cf. E. Mùntz, L'Histoire des arts dans la ville d'Avignon, p. 40.

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