‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 114 sur 134 · AN. M, D. XL · texte numérisé non relu

AN. M, D. XL

Au-dessous étaient les armoiries des vice-lég*ats.

Cette salle de Jésus est maintenant morcelée et méconnaissable. Une partie servait, dans le casernement, de salle du rapport.

ANTICHAMBRE (N» 14 du plan). — De la salle pontificale on passait dans l'antichambre des lég*ats, située dans la tour des Angles, là même où était primitivement la chambre du camérier, transformée plus tard en chambre des g-rands écuyers du Pape : <« On y voit, dit notre visi- (c teur, sur une des portes, les armoiries en « marbre blanc de Clément Vlll, et au-dessous « celles du cardinal lég*at Oct. d'Aquaviva, avec « une inscription à leur nom. En face est une « autre porte aux armes et inscription du cardinal « vice-lég-at Bag-ni. »

CHAPELLE DU VICE-LÉGAT (u" 15 du plan). —

« Cette dernière porte donne accès à une chapelle

« peinte en clair obscur, ayant au centre de sa

« voûte les armes d'Urbain Vlll. Lorsc|u'on y cé-

« lèbre la messe, on peut l'entendre, à la fois, de

« l'antichambre, par la porte de la chapelle, et de

« la salle, par une fenêtre qui s'y trouve pour la

« commodité du service. »

Cette chapelle, installée dans un étag^e de la tour des Etuves, existe toujours, avec les peintures de sa voûte, détériorées et poussées au noir ; tout le reste a été couvert de badig^eon. La porte et la fenêtre dont il est question ci-dessus sont murées ; mais l'encadrement reste bien visible. On entre actuellement dans cette ctiapelle par une porte ouverte parle g*énie militaire et donnant dans l'ancienne salle pontificale ou de Jésus. La fenêtre m urée est à droite de cette porte.

APPARTEMENTS d'été ET d'hiver. — Dans les pièces de la tour de la Garde-robe et autres à la suite se trouvaient installées : la chambre d'honneur, avec le portrait du Pape rég-nant, au-dessus d'une petite estrade recouverte d'un dais, et diverses autres pièces et chambres de l'appartement d'été *. La salle à mang-er et l'appartement d'hiver étaient du côté delà Mrrande. Plusieurs cérémoniaux de la cour des lég"ats et plus particulièrement celui de Tolomas nous donnent la description du mobilier et des tentures de soies tissées d'or, de brocatelle, de satin et de velours, qui décoraient ces différentes pièces. Mais la plupart ont élé entièrement démolies, comme celles de la Mirande et du quartier de Rome ; les autres ont été recoupées par des plan-

!. L'appartement d'été fut donné en 1600 pour logement à Marie de Médicis, lors de son passage à Avignon, le 19 novembre ; on appela depuis lors ce côté du Palais le quartier de la reine. — Valadier, op. cit. p 30: i La tour des Anges, la salle des légats et autres beaux meml;ires qui furent donnés pour logis à la royne, »

chers et des cloisons. C'est à peine si on peut noter, dans une pièce de la tour de la Garde-robe, un trumeau de cheminée aux armes du légat Pascal d'Acquaviva, et un plafond portant aux ang'les le blason du vice-lé^at Passionei.

GRANDE CHAPELLE. — La g'raudc Chapelle pontificale servait encore dans les g'randes circonstances. Chaque vice-lég'at y était intronisé à son arrivée. D'après le cérémonial, il devait s'asseoir face à l'assemblée, au-devant de l'autel, sur lequel six cierg'es étaient allumés. Il était assisté, à droite, par le vig*uier ; à g^auche, par l'auditeur g-énéral. Les consuls de la ville et les divers fonctionnaires av^aient leur place marquée, selon les préséances. Le procureur fiscal requérait la lecture du bref de nomination, qui était faite par le secrél aire-archiviste, et ensuite avaient lieu les compliments d'usag'e en assauts d'éloquence et de bel esprit.

Pendant la semaine sainte de Tannée 1660, Louis XIV était à Avig^ion, où il s'arrêta pendant quinze jours, en allant à l'entrevue matrimoniale de St-Jean-de-Luz. Il y eut à cette occasion des cérémonies solennelles, comme la vieille chapelle pontificale n'en avait plus vu depuis le départ de la cour romaine. Une chronique locale nous en a g*ardé le tableau.

(( Le roi, accompag'né de toute sa cour, entendit « tous les offices de ténèbres à la g-rande Chapelle « du Palais, où est le log'ement ordinaire de M.

l'audileur. On avait dressé un grand théâtre*, au milieu de la chapelle, d'environ trois ou quatre pans de hauteur, sur lequel on avait mis im g-rand tapis violet, avec deux prie-dieu, l'un pour le roi, l'autre pour la reine', avec deux

< chaises à bras et deux placets* pour Monsieur* et

< Mademoiselle'. M. le cardinal de Mazarin '^ était ( à terre, au-devant du théâtre, reg*ardant l'autel, ( sur un placet. Les lamentations se chantèrent en ( italien par la musique du cardinal. La cour était

< composée du prince de Gonti ' et de sa femme, ( de M. de Mercœur, de M. de Guise, du comte de

< Soissons et de sa femme, de M. de la Meilleraye, ( g-rand-maîlre de l'artillerie, de M. de Lionne, de

< M. le maréchal de Villeroy, de M. le g-rand pré- ( vot, de M. du Tilly, premier secrétaire d'Etat, ( de MM. du Plessis Gueneg-aud, .de la Vrillère, de ( Brieiine, set3rétaires d'Etat, de M. le duc d'Uzès, ( duc et pair, de M. le duc de Gréqui, l'archevêque ( d'Arles, l'évêque de Fréjus, l'évêque de Rhodes,

etc.

« Le jeudi saint, le roi fît la Gène dans la même (( chapelle ; il lava les pieds à 13 pauvres, les ha-

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