‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 116 sur 134 · Itid., t · texte numérisé non relu

Itid., t

rue Peyrolerie. L'un des cabinets ainsi suspendus aux flancs de la tour possède encore, comme il a été dit ci-dessus, un plafond peint où est représentée la Justice. Bien qu'il soit d'un faible intérêt artistique, il mérite d'être conservé par les souvenirs qu'il rappelle. L'ancien escalier à vis de la tour continuait à desservir les étag*es multipliés ; il avait suffi d'y pratiquer de nouvelles portes.

L'Audience. — La belle salle du rez-de-chaussée, au-dessous de la »*rande Chapelle, continuait à servir aux audiences de la Rote, comme du temps des Papes. Le visiteur italien de 1665 confirme l'idée, émise ci-dessus, que, sauf la dernière travée réservée au tribunal, les murs et les voûtes n'avaient pas de décoration peinte. « Il ne s'y trouve, dit-il, « dessus et autour, que la pierre nue, privée de « tout ornement, sauf les dévotes peintures qui « sont dans l'enceinte réservée aux jug*es pour (( vider les procès, et contre l'autel, ^entouré d'une « balustrade de bois'. x4u-dessus du tribunal est « peint le blason de Paul V et de son neveu le « cardinal, avec celui du cardinal Philonardi ' ; et « celui d'un prélat portant une colombe|'au som-

1. Cet autel, qui existait dans, l'Audience, comme dans beaucoup d'autres salles du Palais, lui a fait donner (iuelquefois,imais à tort, le nom de chapelle inférieure .

2. Le nom du cardinal Philonardi est resté attaché à une rue d'Avignon, dite rue PlulDuarde, on il avait fait construire l'église de la Visitation (plus tard du St-Sacrement;. On voit ses armes dans cette église en façade sur la place Pigitole (ancienne Aumône du Pape). Cf. Acbard, Dicl des rues d'Àviynou.

« met de trois monts. » M. Yperman a fait revivre quelques parties de cette décoration héraldique.

« En face du tribunal se lit, pour admonester <( lesjug"es, la présente inscription:

« VIDETE, JUDICES, QUID FACIATIS, NON liNlM HOMINIS EXERCETIS « JUDICIUM, StD DOMINI ; QUODCUMQUE ENIM lUOrCABITIS IN VOS « REDUNDABIT. SIT TIMOR DOMINI VOBISCUM, ET CUM DILIGENTIA « CUNCTA FACITE. NON ENIM APUD DOMINIIM DEUM NOSTRUM INIQUITAS, « NEC PERSONARUM ACGEPTIO, NEC CLIPIDO MUNEHUM. »

Voyez, juges, ce que vous faites. Ce nest pas des hommes, mais de Dieu, que vous exercez le jugement. En effet, tout ce que vous jugerez retombera sur vous. Que la crainte de Dieu soit avec vous, et faites tout avfc diligence. Le Seujneur notre Dieu ne tolère devant lui ni iniquité, in acception de personnes, ni cupidité de présents.

Cette inscription a disparu av^ec la fresque du jug^ement dernier qui la surinontait.

ARSENAL. — La petite armée du vice-lég-at était plutôt décorative. Elle se composait d'une cavalerie de quatre brig-ades de chevau-lég*ers, de 10 hommes chacune, ayant à leur tête un commandant ; d'un corps d'infanterie de 120 hommes et d'une compagnie de 20 Suisses, aux costumes archaïques. Le connnandant supérieur de ces forces peu redoutables avait le titre de collatéral des armes de Sa Sainteté *

A. M. de ïolomas, iiui nous a laissé un précieux cérémonial de la cour du vice légat (Bibi. du Musée-Calvet, ms. 1705, était, vers 1729, collatéral dc!> arine.^, el peut-être aussi chargé du protocole qu'il a si soigneusement noté.

L'ancienne Audience des contredits ou contradictoires avait été transformée en arsenal. D'après un relevé de 1769 *, il renfermait 2257 fusils ou mousquetons, 469 hallebardes ou pertuisanes, SOOépées, 236 paires de pistolets, 255 corps de cuirasses, 300 casques et quelques autres pièces décoratives d'armement ancien. La poudrière était sur le Rocher et contenait 50 quintaux de poudre. L'artillerie était au-dessous de l'Audience, à l'ang-le de la rue Peyrolerie.

LOGEMENT DU DATAIRE, BUREAUX DE TRÉSORERIE, ctc.

— L'aile en façade sur la place du Palais continua d'être occupée par les bureaux de fiscalité, auxquels présidait le Procureur général, et par les bureaux et secrétariats d'expédition des bulles et antres pièces de chancellerie, sous la direction du Dataire, qui log^eait dans la tour de la Gâche et dans l'ancien appartement du camérier. Tout ce côté du Palais étçiit appelé le quartier du Dataire.

Les autres parties du Palais étaient sans usag*e et démeublées, à tel point que, lors de la venue de Louis XIV, on donna au roi les appartements d'hiver du vice-lég'at, du côté de la Mirande. Ceux qu'on appelait le quartier de la reine, depuis que Marie de Médicis les avait occupés, c'est-à-dire les appartements d'été, situés sur la cour contre la tour des Angles, furent donnés au cardinal Maza-

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