Bibl. du Musée-Calvet, ms. 2394, f
2. Vi. Cbarpenne, Les réumons feinpDrnircs d'irignon et du Comtat il la France, Paris, 1887.
respect .sous un dais » dans une armoire de la commune, étaient replacées, tandis que les armes du roi, qu'on leur avait substituées temporairement, allaient, avec le même cérémonial respectueux, attendre, dans la même armoire communale, le retour d'un autre chassé-croisé diplomatique.
La Révolution expulsa définitivement les vicelég-ats en proclamant la déchéance du pouvoir pontifical. Le 12 juin 1790, les officiers municipaux d'Avig-non montèrent au Palais pour signifier à Philippe Casoni, des comtes de Villeneuve, soixante et unième et dernier vice-lég'at d'Avig'non qu'il eût à se retirer où bon lui semblerait, l'assemblée populaire ayant voté l'annexion à la France.
Le léguât protesta qu'il ne cédait qu'à la force', et s'en fut à Garpentras, d'où il devait partir définitivement pour l'Italie. Quinze mois après, le Li septembre 1791, l'Assemblée nationale déclarait l'annexion définitive. Elle ne fut acceptée par le pape Pie VI que dans le traité de Tolentino, le 19 février 1797.
1. Soulier, Histoire de la Révolution d'Avignon, t. I, a donné en pièce justificative la protestation du vice-légat.
Le Palais depuis^, l'annexion
Il faut passer rapidement sur la période sinistre qui ensang-lanla le Palais des massacres horribles de la Glacière, et qui vit le chef des tueurs, l'ancien g-arcon boucher Jourdan Coupe-tête s'installer dans les appartements des Papes et coucher dans le lit des vice-lég-ats. Le Palais débaptisé reçut le nom de Fort d'Avignon et devint une vaste prison, où étaient entassées les victimes des fureurs révolutionnaires. Comme tant d'autres, le L>' Calvet, le bienfaiteur de sa ville natale, désig-né pour la g-Liillotine, fut mis au Fort, où il resta emprisonné avec six cents personnes des plus considérées, dont chaque jour un convoi partait pour l'échafaud d'Orang-e. Il ne dut son salut qu'à une épidémie meurtrière qui se déclara dans la ville. Le peuple alarmé exig-ea des bourreaux la mise en liberté du g-rand médecin qu'on avait toujours vu se prodig'uer au chevet des malades et à l'hôpital *.