Renan, ibid., p
« présence d'une foule immense venue de tout « pays^ »
Cependant, Nog-aret, récemment ennobli de la seig-neurie de Calvisson, Manduel et autres lieux de l'évêché de Nîmes, et devenu, après le roi, le personnag-e le plus influent de France, voulait à tout prix se faire laver de l'attentat d'Anag*ni et de l'excommunication dont il avait été frappé. II n'avait trouvé qu'un moyen pour innocenter sa conduite : c'était de soutenir que le pape Boniface était hérétique, simoniaque, dépravé contre nature, en un mot vrai suppôt de Satan, dont il avait voulu, disait-il, purg"er l'Eg'lise de Dieu. Il avait l'audace de faire exig'er par le roi que Clément V authentiquât ces accusations insoutenables.
Tant qu'il avait été sous la main de Philippe, le Pape avait recouru à des moyens dilatoires pour repousser un tel débat. Mais, libre à AvigMion, il ne recula plus. Le d3 septembre 1309, on put voir, affichée sur la porte de rég*lise des Dominicains, une btdle pontificale assig'nant à comparaître devant le Pape, en consistoire public, dans la salle basse du couvent, le second lundi de carême venant, tous ceux, sans excepter les princes, qui prétendaient incriminer la conduite de Boniface '\
La plupart des historiens ont imputé à laiblesse cet acte de Clément V, autorisant la mise en accusation d'un de ses prédécesseurs. Ce fut, au con-