Chanson de la Croisade. V. 3780 et suiv
1. Texte publié par R. de Maulde, Statuts de la République avigno-
L'année suivante, le comte, pour qui la fortune paiaissait tourner, reprend Toulouse. Le prince d'Oratig'e, Guillaume des Baux, qui, en dépit des ordres du concile de Latian, avait occupé le Gomtat Venaissin, est |jiis par les avig-nonais dans une embuscade. Us le tuent et coupent son corps en morceaux.
Mais bientôt les l'cprésailles des Albig^eois et les plaintes désespérées, des nouveaux occupants du Toulousain, que le retour des comtes dépossédait, firent reprendre la croisade. Ce fut, cette fois, le roi de P'rance Louis Vlll qui en prit le commandement, au moins autant pour le désir de conquérir une province, que d'anéantir une hérésie. Il avait d'ailleurs avec lui, comme lég-at du pape, le cardinal diacre de St-Ang^e, Romain Krangnpani, doué d'une énerg-ie et d'une habileté peu commune, et qui servit la politique française beaucoup plus que n'eût désiré le Pape, oblig-é, vis-à-vis des princes chrétiens, de ne pas être si partial en faveur de l'un d'eux.
Avig-non et le Gomtat Venaissin n'avaient pas éprouvé jusqu alors les terribles hostilités de la lutte contre les Alhig^eois, circonscrite dans le Laug-uedoc, Mais c'élait maintenant par Lyon et la vallée du Rhône que farmée du roi allait descendre jusqu'au pont d'Avig^non, le seul qui pernn't de passer sur la rive lang-uedocienne.
naise, pièce annexe, n" V... in (/rdilibiis hnilr Mitric de Dnmn re/-si/.s Ulindauitiii.
Fidèles à leur alliance avec les comtes de Toulouse, les avig-nonais avaient résolu de barrer la route aux envahisseurs. Ils avaient doublé leur veille enceinte, déjà si forte au temps de Glovis et de Charles Martel, en ajoutant une seconde lig-ne de remparts et de fossés, dont les pièces d'archives donnent les proportions*, et qu'un chroniqueur contemporain, Nicolas de Brai, décrit ainsi, dans sa chronique en vers latins :
« Une masse élevée de fortifications, surmontée « d'une citadelle, enferme de murs la ville entière « en un vaste circuit. Mais comme l'abord est en « plaine, les remparts sont doubles, et doubles « aussi les fossés ahmentés d'une eau constante. (( Infinie est cette enceinte dont le rempart princi- (( pal s'entoure encore d'un long- cercle de retran- « chements ^ » .
Il ne reste plus rien aujourd'hui de toutes ces défenses, disparues sous les accroissements successifs de la ville. Les doubles fossés, toujours alimentés par les eaux de la Sorg-ue, servent, dans tout leur ancien circuit, d'égouts collecteurs sous les constructions modernes. Les ancien nés //m, ou chemins à couvert le long- des deux remparts, sont devenus une suite circulaire de g-randes rues qui marquent
1. Bibliothèque du Musée-Calvet, vas. 2833, Cartulariuin avenionense : « Qualiier vuUata et anvaltata ïstius civitatis /ueriint eiiipta per commune m.cc.xxiii. )>