‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 61 sur 134 · mai 1345, Eh., 631 : « Carceres marescalli · texte numérisé non relu

mai 1345, Eh., 631 : « Carceres marescalli

Gérance, à côté de ces prisons. Une nuit, après ce que nous appellerions maintenant une rafle de police, on enferma provisoirement le trop plein des malfaiteurs dans la salle des séances, ce dont, le lendemain, les conseillers de ville se plaig-nirent au Pape ».

Les autres étag^es de la tour étaient occupés par des dig'nitaires de la cour pontificale. On y trouve, en 1342, un sieur Durand, fournisseur du Pape* En 1361, Guiscard, vicomte de Gomborne en Limousin, y log*eait^ L'inventaire de 1369 y sig*nale, à l'étag^e du milieu, le prévôt de Forcalquier *, et, au-dessus, la chambre du cardinal dit de Montmajour, Pierre de Bornhac, référendaire d'Urbain V% qui, parti d'Avig'non à la suite du Pape, mourut à Viterbe le 7 octobre 1369. A l'étag-e supérieur, il y avait un dépôt d'armes, comme sur toutes les tours du Palais ^

Dans les comptes, cette tour n'a pas l'appellation populaire de Campane^ qui a prévalu. Elle est dite

1. Ils y avaient même laissé quelque vermine dont les conseillers furent incommodés. — Requête adressée à Grégoire XI par le Conseil de ville. Bibl. du Musée-Calvet, ms. 1564, f 4.

2. 23 octobre 1342, Eh., 623 : « Pro quadarn caméra turris versus heatam Mariam in qua doiiiinus Durandus mercator moratur. »

3. 31 janvier 1361, Eh., G35 : « In turri juxta Nostram Dominam, in qua j a cet duininus Guiscardiis de Conibornis. »

4. Inventaire de 1369, Eh., 663 : (( In caméra média turris versus ecclesiam beale Marie, in qua jacebnt dominus prepositus Forçaiquerii. »

5. Ibid., Eh., 662 : rr In turri proxima ecclesie b. Marie de Dompnis, in qua solebat stare dominus Montismajoris. d

6 Ibid ,Eh., 662: «In stagio superiori primo XLII batiste de pede... »

simplement près de Nolre-Dnme des Domps {sic), ou près de l'ég-lise St-Jean (baptistère).

3 e cloître

Actiielleinent jardin des Archives (N" 26 du plan.)

En même temps que Benoît XII faisait reconstruire les ailes disposées en carré autour de l'ancien cloître de l'évêché d'Avig-non, il rebâtissait ég'alement chaque corridor ou g-alerie adjacente de ce cloître, sur un modèle uniforme '. Mais le carré de la cour centrale n'était pas rég-ulier et formait un trapèze à ang^e assez aig^u vers le nord-est.

L'architecte racheta cette irrégMilarité en faisant ses arcades ég'ales en hauteur, et plus ou moins larg-es, suivant l'étendue dont il disposait dans chaque g-aleiùe. Sur le plus petit côté, au couchant, il en mit une de moins, trois au lieu de quatre. Ces arcades, d'une simplicité extrême, se composent de piliers unis, surmontés d'arcs en og'ive, sans ressauts ni moulures. Il y avait, par dessus, un étag-e en murs pleins, percés de fenêtres g*éminées, dont il reste un échantillon sur le côté appliqué contre la chapelle de Benoît XII. Il n'y avait pas de voûtes, mais un plancher, pour séparer les étag'es, et au sommet un toit de tuiles. Extérieurement, un cordon saillant rég-nait tout autour sous les fenêtres. C'était le seul décor de ce cloître

1, 24 décembre 1339., Eh. 613: « l'ro archis lapideis et cornaleriis deamhhlatorioruni palaiii... IIII cannis pilariortiin et archuum dau&tri palatii.»

pontifical où le Pape donnait une leçon d'austérité saisissante, au reg'ai'd des cloîtres luxueux de beaucoup d'ég-lises et de monastères contemporains.

Les g'aleries furent peintes, au commencement de 1344, par Simonet, de Lyon,Bisson de Ghâlons, et Jean Moys, à raison de 2 fr. 50 environ le mètre carré, fournitures comprises, ce qui ne permet de supposer que des peintures décoratives *.

On entrait par le cloître dans la chapelle pontificale, dont la porte était au midi, sous la g-alerie du rez-de-chaussée, pour la chapelle basse-, et à Tétag-e supérieur, pour la chapelle haute, à laquelle on accédait par un g*rand escalier'.

Le préau a environ 400 mètres carrés ; les g'aleries ont 4 mètres de larg'eur entre les murs et les piliers extérieurs.

Ce cloître, plusieurs fois incendié, est en ruines et n'a été que partiellement utilisé pour l'escalier des Archives et les cabinets de travail où le public est admis. Le préau sert de jardin à M. l'archiviste.

1. 4 février 1344, Eh., 627 : a Syinnneto de Lugduno, Bissono Cabalitano, Johanni Moys, pictoribus, pro deambulatoriis palatii avinionensis pingendis... ad rationem ITII sol. pro canna quadrata, omnibus compiitalis. »

2. 22 décembre 1340, Eh., 619 : (( In introytu capelle inferioris magne obscure. »

3. t" mars 1340, Eh., 615 : (( Gradarium magnum claustri palatii. »

L,e Campanile

A l'angle sud-ouest du cloître s'élève, par dessus le mur, un campanile très simple, composé d'un, pan de mur terminé en pomte, et percé d'une ouverture en l'orme de fenêtre pour abriter la cloche. J'ai expliqué ci-dessus comment il n'y en avait jamais eu qu'une seule au Palais. On soutient aujourd'hui encore que cette cloche était d'arg-ent, et qu'elle ne sonnait que pour la mort du Pape et l'élection de son successeur : c'est une lég'ende; elle était en métal ordinaire de cloche. Voici ce qu'en dit l'inventaire dressé en 1411 : « Dans le campa- « nile du dit Palais est une cloche de métal, qu'on « a coutume de sonner pour les messes du Pape et « les jours de tenue de consistoire '. »

Si la cloche n'était pas d'arg-ent à l'époque des Papes, elle ne le fut pas davantag-e plus tai'd. La preuve absolue en est fournie par le Cérémonial de la cour du vice-lég^at, précieux manuscrit redig'é en 1730 par Tolomas.

En sigMialant les circonstances dans lesquelles on sonne la cToche et le nombre de coups rég^lementaires, il a g'rand soin de dire : La cloche quon NOMME d'argent, <c Caïiipana clie chiamano cCargente^-. »

1. Inventaire de 1411, Eh , 6f)8 : <( Hem in campanili dicii palaiii est una canipana MKTALu, que consuevit pulsari in inissis papaiibus et diebus consisiorialibus . »

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