‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 66 sur 134 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

« Ce Pape, dit l'un d'eux, amplifia parfaitement « le Palais d'Avig'non en son milieu. Bien qu'au- « paravant le Pape Benoît XII l'eût établi en belle (( forme sur deux ang-les, lui cependant l'acheva (( et le fit fjuadragailaire, en entourant et enfer- (( mant toute la cour de hauts édifices et de tours « ég"ales aux auties. » » Qu'était ce palais à deux ang-lesou en carré ouvert que Clément VI compléta en feruiant le carré ? La difficulté est insoluble pour ceux (|ui croient, encore aujourd'hui, que Benoît Xll n'a rien construit en dehors des bâtiments qui entourent le cloître ou jardin actuel des Archives.

Us accusent le vieux chronifjueur d'inexactitude. L'étude des registres décomptes a démontré qu'il était, au contraire, parfaitement informé.

Nous savons, en elfet, ([u'à la mort de Benoît XII, la cour d'entrée actuelle n'avait qu'un nmr de clôture sur la place du Palais, mais que ses trois autres côtés étaient déjà bordés d'édifices et qu'il y avait en face les apparlements privés du Fape^ à droite V Audience de Jean XXII, à g^auche Vaiie des réceptions. Le voilà bien ce palais à deux angles ou en carré de bâtisses incomplet sur le devant, que Clément YI allait parfaire en fermant le carré par l'aile actuellement en façade sur la place du Palais.

1. Baluze, I.,262 : « Ipse eiiaiii palaiium Avinionis atnplificavtt reclede média parle; cum prius per Benedtctuin papa ni XII predecessorein suuni licet soleiiine faciuni fuisset de duobus angulis, ipsum taiiien per/iciendo feat quaurangulare, lolain plaleam mûris altis et lurribus uliis priims œqualibus claudendo et circumdendo. »

Mais l'œuvre du Pape ne se borna point à ce quatrième côté de la cour, bâti entièrement à neuf. Comme il avait g*ag'né du larg-e en abattant les maisons qui séparaient la vieille Audience de Jean XXII de la rue Peyrolerie, il en profita pour démolir cette Audience et la reconstruire sur le bord même de la rue. Il élarg'it ainsi la cour d'entrée de tout l'emplacement de l'ancien édifice, et il éleva le superbe bâtiment à deux étag'cs, au coin de la place du Palais.

Le Pape, dit un chroniqueur, u fit élever, sur des « fondements énormes, une chapelle très vaste et « fort belle, au-dessous de laquelle se tiennent les auu dwnce.s des causes judiciaires et des contredits'.»

Les textes des comptes confirment la destination de ces deux étag'cs quil faut examiner séparément.

L,'Audience

(N°9 du plan.)

Au commencement du siècle dernier, on savait encore parfaitement que la vaste salle au rez-dechaussée de l'immense construction qui longue la rue Peyrolerie était le Palais de Justice du Pape. Tous les documents de cette époque lui donnent cette destination.

Un peu plus tard, sous l'influence des idées ro-

1. Baluze, 1.278 : « Capellam amplissimam nimiumque decoram, sub qua modo causaruui et coiitradictoriarum audientiœ tenentur, a fundaïuentis grossissimis fecit œdificare. »

mantiqnes, on l'appela fautivement le Tribunal du Saint-OI'fice. Ce n'était (|u'une concession au g'oût du jour et une demi-altération qui laissait à cette salle son emploi judiciaire. C'était la mode alors de tout pousser au dramatique On a vu que Mérimée lui-même av^ait pris la cheminée des cuisines du Palais des Papes pou rie fourneau de l'Inquisition!

Puis les notions s'obscurcirent davautag'c. On crut qu'il n'y avait sur la rue Peyrolerie que deux chapelles superposées : la Chapelle haute et la Chapelle has.se. Enfin, sous Tinfluence d'un texte* inexact ou altéré, on voulut voir dans la salle du bas le Consistoire, qui est dans une aile tout à fait opposée -.

J'ai été assez heureux pour contribuer a lui faire rendre son véritable noiu : I'Audience. On a pu le lire sur les affiches officielles des fêtes données pour inaug'urer le commencement de la restauration du Palais des Papes et sur les cartes du banquet offert dans cette salle à Mistral, le poète immortel de la Provence.

Depuis long'temps, j'avais démontré, à l'aide des textes les plus précis, cpie dans cette salle siég-eaient les Auditeurs, appelés plus tard Auditeurs de Bote, dont les décisions avaient alors, en droit pontifical, le même effet que celles de la Cour de

t. Baluze, I, 261. L'altération du texte est d'autant plus évidente que l'auteur dit que le Consistoire n'a pas été construit par Clément VI, mais par Benoît XII, et iiu'il est, en un autre endroit, iu alto loco, en dehors de la partie du Palais construite par Clément VI.

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