‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 73 sur 134 · Bibl. du Musée-Calvet, ms. 1520, f · texte numérisé non relu

Bibl. du Musée-Calvet, ms. 1520, f

tourelles, les piliers saillants de la façade, reliés entre eux par des arceaux, portent un corridor extérieur en forme de petite terrasse qui règ'ne sur tout le devant de l'étag-e.

Au bas, s'ouvre la g'rande porte qui devint l'entrée pi'incipale du Palais ', et qui en est l'unique aujourd'hui. L'archivolte est formée de quatre arcs en retraite dans l'épaisseur du mur et reposant sur des colonnettes bien proportionnées.

Entre deux autres arcs est ménag'é un mâchicoulis ainsi que la rainure de la sarrazine. Non compris l'évasement extérieur de l'embrasure, la porte a 3 mètres de larg-e sur 5 mètres de haut. Le devant de la voussure est décoi'é d'une suite de feuilles ajourées entre les deux premiers arcs. Le tout est surmonté du blason de Clément VI, sommé des clés en sautoir et de la tiare pontificale, dans un g-racieux encadrement terminé en arc tréflé et couronné d'une accolade à crochets et fleuron terminal. Deux petits personnag'esag'enouillés servent de support au blason.

On a prétendu à tort que ces armes étaient modernes. Il n'y a qu'à voir la forme particulière de la tiare, qui n'est plus usitée depuis longtemps et qui est bien celle du XIV" siècle. Les roses du blason y sont correctement disposées en orle, tandis que les modernes les ordonnent en accompag-nement de la bande, et les figaires en support ont bien les formes g-rêles de l'époque.

1. 7 novembre 1347, Eh., 639 : « Portale inajus novi dicti palalii. »

Ces armes ont pu être heureusement conservées sous l'abri d'une construction appliquée par divers vice-lég-ats comme défense accessoire de la porte. Tous ceux qui ont vu démolir cette construction en 1857 peuvent témoig^ner que les armes apparurent alors intactes, sauf le fleuron terminal de l'arcature, qui fut remplacé, et dont l'exécution anormale décèle la facture moderne : on n'eut après qu'à rejointoyer cet intéressant bas-relief, préservé du marteau révolutionnaire par la construction adjacente. Les mêmes armes de Clément VI, sous une arcature pareille, fîg"u raient dans la cour d'entrée, sur le milieu de la façade de droite. Comme elles étaient à découvert, elles furent détruites, et l'encadrement seul subsiste encore. Les armes du g-rand portail, bien visibles au milieu du XVIL siècle, ont été relevées à cette époque par un visiteur qui a décrit et dessiné tous les blasons existant au Palais des Papes d'Avig^non, et dont le manuscrit est actuellement à la bibliothèque Chig-i à Rome. L'auteur fait expressément remarquer que les armes de Clément VI sont répétées deux fois : d'abord, à l'entrée, au-dessus du portail ; ensuite, sur la première clef de voûte du vestibule, mais avec les clés seulement et sans la tiare '. Il n'y

1. (( Sopra la porta di quraio palazzo ô collocata la présente arme di Clémente VI... Sopra la volta dcl ve.'itibulo si vede scolpita la med" arme di Clémente Vf con le sole chiavi, senza il regno ». — Riblioth^jne Chigi, G., VIII, n° 224, ancien 13;), publié par E. Mfintz, Histoire des Arls diDis la ville d'ivi(jnon pendant le .\IV' siècle, Paris, Leroux, 1888, p. 40.

a donc pas dans tout le Palais de sculpture mieux authentiqup'e.

L'auteur insiste même pour reg-retter que Clément VI n'ait pas fait mettre une inscription à son nom en dessous de ses armes, par trop de modestie ou « selon la négligence de son siècle ». Car, ajoutet-il, comme son neveu Grég*oire XI avait les mêmes armoiries, si les écrits des archives venaient à se perdre, on ne pourrait plus savoir au vrai quel est celui des deux Papes qui a fait bâtir ou reconstruire cette partie du Palais '.

Au-dessus de ces armes, qu'un pareil témoig-nag-e ne permet pas de suspecter, on voit, sous l'arcade un peu plus élevée que les six autres de la façade, une fenêtre og-ivale à double lancette. Elle ne servait pas, comme on l'a dit, pour donner la bénédiction pontificale les jours de fête. Elle éclairait simplement la chambre des notaires de la trésorerie ^

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