‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 74 sur 134 · AVANT-CORPS ET RAVELIN · texte numérisé non relu

AVANT-CORPS ET RAVELIN

Aucun texte contemporain ne nous fait connaître s'il y avait quelque ouvrag-e avancé au-devant de cette porte d'entrée du Palais, où on n'accédait pas, comme aujourd'hui, par un escalier, mais par une

1. Ibid : « Non si sa seper la troppo modesiia, ô per l'insipidezza di quel secolo, poiche da cià ne résulta una poco lodevole oscurilà per la memnria de' posleri curiosi, qaando mancassero le scritture negli archiva per provarne il vero.Quest' arme di Clémente VI parimente l'usa Gregorio XI suo nipote, si puô credere diquel Pontefice havendo fatto fabricare parte délie mura e risarcire il Palazzo . n

2. 13 novembre 13S5, Eh., 648 : k Caméra in qua jacent notarii doinini thesaurarii supra primam portam palatii novi. »

simple pente qu'on recharg-eait de temps en temps avecdu ùré-sie}' ^ on débris de taille des pierres, en face d'une rue de Campellh ou des Chanipeaux, qui débouchait devant le Palais ^

La plus ancienne vue que l'on connaisse du Palais des Papes, sur un retable de l'ég'lise de St- Maxiniin (Provence), exécuté vers 1520 par un vénitien, Antoine Ronzin % t'ait voir la porte d'entrée, précédée de murs, formant une sorte de barbacane. On ne saurait dire la date de cet ouvrao'e,qui aurait pu être construit lorsque le Palais fut assiégée, sous Benoît XllI.

A cette fortification avancée en succéda une autre, avec vastes corps de g^arde crénelés, dont l'entière construction est attribuée à tort au vice-lég-at Golonna, qui ne resta môme pas une année à Avig'non, de septembre 1654 à août 1(365. Il ne dut la renforcer que très partiellement, à la suite d'une révolte populaire qui l'avait alarmé. Près d'un siècle avant lui, il y avait déjà à cet endroit l'avantcorps, avec porte à colonnes et fronton trian oculaire, que montre un ancien dessin delà collection Albert Lenoir, reproduit dans VAmi des Monuineats (1887, 1"'' livraison), et sur lequel l'auteur du ma-

1. 31 mars 1359, Eh . 633: « Pro porlando urazillum et parando iiitroil'uin dicti palalii inler duas portas a parte Cainpelloruni. »

2. 28 août 1335, Eh., G48 : « Uua serrallia pro sccunda porta palalii versus Caiiipellos. » — (( l'ro franchisas reparandis secunde platée palatii versus CampeUos. u — 31 juillet 1370, Eh., 63S : « .4 parle carrière de champeaux. »

3. ("etto vue, reproduite en une petite a(iuarelle par M. Aubanel, est au Mus(^-e-Calvet, grande galerie de peinture, 1" travée.

nuscrit de la Bibliothèque Ghig-i nous a crailleurs adniirableiiient renseig'né.

« La g-rande porte du Palais est, dit-il, précédée « d'une autre plus moderne, qui s'avance en dehors <( des murs du Palais, et qui est munie de chaque « côté d'un corps de g-arde pour les soldats. Sur le « frontispice de cette porte, on voit, sculptés en « marbre blanc, les blasons de Sixte-Quint et des f( deux cardinaux, Charles de Bourbon et Georg-es (( d'Armag'nac, son collèg^ue ', avec leurs noms « gM'avés sur la pierre. Mais on les voit assez peu, « parce qu'ils sont toujours recouverts des armes (( peintes du Pape rég-nant, et de celles des légats (( et vice-lég-ats en exercice \ »

Sixte-Quint a siég'é de 1585 à 1390. Donc, presque un siècle avant Golonna, existait déjà la poi'te à fronton armorié qu'on voit sur le dessin repi'oduit ci-conire, ainsi que les corps de g'arde crénelés. Le vice-lég'at se borna simplement à ajouter le mur et la porte flamande à pont-levis,

1. Charles de Bourbon et jeorj^es d'Armagnac avaient été pourvus tous deux de la légation d'Avignon. C'est la seule fois que cette charge eut deux titulaires ; mais le second exerça seul réellement la fonction, car il était en même temps archevêque d'Avignon et résidait dans cette ville, tandis que Charles de Bourbon fut le roi de la Ligue.

2. Manuscrit précité : " La sudeUa portavien ricoperta daun' altra pin iiiodernn che più avanli sfi s^porge dal iniiro del Palazzo ave fra l'una e l'allra vi e il corpo diguardia de' aoldali. Nel frontespitio di questa ci vede scnlpita di bianco inarino l arme di Sixlo-Ouinto e di duo i cardinali Carlo di Borbone e Giorgio de Armagnac, auo collega, conforme divisano i nomi de inedemi intngliati in quela pietra, ma questo poco si vedeno, essendo sempre ricoperle dall' arme dipinle de' Ponlefici regnanti, e de' Legati e V. Legati. »

précédés d'un fossé et d'une palissade, comme on peut le voir sur la même planche.

Il fallait ainsi, à la fin du XVIP siècle, franchir trois portes pour entrer au Palais : d'abord, celle de Colonna fermant à pont-levis ; ensuite, celle aux armes de Sixte-Quint ; enfin, celle du XIY'' siècle aux armes de Clément VI, la seule ([ui subsiste aujourd'hui, tout le reste de l'ouvrag-e ayant été démoli en 1837. Il est possible que, dès l'orig-ine, cette porte ait eu un avant-corps, car elle n'aurait pas été suffisamment défendue. Quoi qu'il en soit, elle avait, comme les autres portes du Palais, un mwcel ou barrière antérieure de barreaux de fer, dont il est plusieurs fois question dans les comptes *.

VESTIBULES ET DISPOSITIONS INTÉRIEURES (N°^ 3 et 6 du plan.)

Cette porte franchie, on entrait, comme à présent, dans le vestibule voûté en deux travées sur croisée d'og'ive, avec les armes de Clément VI sur la première clef et une décoration en gM^isailledu XVIIP siècle. Au bout de ce vestibule, une seconde porte fait passer sous un arceau à clef pendante. De chaque côté de cet arceau étaient des salles de g*ardes et un escalier descendait aux caves.

Deux escaliers de service à vis (en partie détruits) montaient de là aux élng-es supérieurs. Un

1. 9 juillet 1353, Eh., 644 : h Pro reparando caneUim fcrrcmii de canccllo palatii Avinioneitsis ju.rla Chainpeis. » — 28 aoiU 1353, ph., 648 : « Pro serralhd posita in porta cancelli versus Canipellos. »

troisième escalier à vis, plus étroit, était à droite de la première porte, pour les hommes de g-arde des tourelles et des coursières. Deux autres escaliers droits, réservés aux dig'nitaires log-és de ce côté, desservaient les extrémités de cette g-randé aile *. Ses deux étag^es étaient consacrés à l'habitation et aux bureaux du trésorier, à la Chambre des comptes et à ses archives % à la Chambre du Conseil, etc. Toute cette partie du côté du nord prit le nom de Grande Trésorerie k Du côté de la g-rande Chapelle se trouvait le camérier *. Il y avait encore au-dessus d'autres dig*nitaires, comme Bertrand de St-Etienne % cubiculaire du Pape. Ce dernier habitait un appartement éclairé parla fenêtre ornée et en partie conservée, au plus haut étag^e au-dessus de la g'rande porte ^

Les divers log-ements et bureaux étaient desservis par des corridors établis latéralement à la Façade sur la cour. Celui du haut, réservé aux dig*nitaires, forme une charmante g*alerie étroite et

1. 30 avril 1336, Eh., 649 : « In introitu gradarii per quod ascendilur ad camerain doinini thesaurarii. »

2. 5 février 1351, Eh., 642 : « Caméra doinini thesaurarii in opère NOYo. » — 31 mai 1355, Eh., 648 : (( Pro una frachisia in fenesira CAMERE coMPOTORUM. ') — 14 décembre 1354, Eh., 647 : « Arniaria LiBR.\RiE cnnipotoruiit. » — 16 janvier 1355, Eh , 648 : « Ar maria parve camere parlamenti thesaurarie. »

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