‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 75 sur 134 · mai 1352, Eh., 643 : « In majori thesauraria · texte numérisé non relu

mai 1352, Eh., 643 : « In majori thesauraria

4. 23 avril 1354, Eh.. 646 : « Sarralha prime porte domini camerarii an te magnam capellam novain. »

5 31 juillet 1370, Eh., 658 : Pro reparatione terrassie que est supra cameram parvam domini camerarii et dominorum thesaurariorum et Bernardi de Sancto Stephaao a parte carrerie de champeaux {sic). »

6. Ibid. : « Coperium noviter factum inler duas turellas super portarn principalem palatii ante fenestram domini B. de Sancto Stéphane. »

long^ue, dite Galerie du Conclave, ^es dix-sept travées ognvales à fines nervures composent une perspective très pittoresque, discrètement éclairée par huit .petites fenêtres à lunettes, donnant sur la cour d'entrée. Sur la retombéedes voûtes sont sculptées des fio^ures gM'otesques, des oiseaux atïrontés, des monstres de toute sorte et des ornements vég-étaux. L'ensemble est des plus g-racieux, comme on peut en jug'er par la planche ci-contre. Cette g-alerie ne fut exécutée qu'après l'achèvement de l'édifice et seulement en 1360 '.

On ne sait d'où lui est venue l'appellation de g-alerie du Conclave, car il n'en fut jamais tenu de ce côté.

Les pièces habitées par le camérier et le trésorier, que desservait cette g"alerie, étaient voûtées comme elle, avec des fig-ures ti'ès fantaisistes sculptées à la retombée des arcs. Il n'y avait pas de log^emerits plus ag^réables et mieux situés dans tout le Palais. 11 était naturel (|u'ils fussent occupés par les deux plus hauts dig'nitaires tle la cour : le camérier et le trésorier.

Les portes y étaient toutes doublées d'étoffes et ourlées % et le mobilier presque entièrement acheté à neuf. Pour l'installation du camérier, on jjayait, le 30 octobre 1353, un lit avec son ciel et ses ten-

1. la mu 13G0, Eh , 6r4 : « Pro faciendo voltas sire crotas cokre- DARioRUM palaliinovi Avinioin'iUfis conUguorum cameris doiitinoruin cainerarii el thesaiirnrii supra quarrenain de Cantpelli-. »

2. 28 février 1354, Eh., 646 : (( Pro Vil porUs dupliratis et orlatis in edificio novo contiguo cappelle nove. »

COULOIR VOÛTÉ (au-dessus de la cour d'-Titrée, aile de Clément, Vi.p

tiires, une bibliothèque, une grande table, un dressoir, des encadrements de fenêtres, des étag-ères, etc. *. Bref, tout le mobilier était renouvelé pour cette aile neuve du Palais.

La façade sur la cour d'entrée a conservé la plus g'rande partie de ses dispositions orig^inelles. Elle comprend, outre la g'rande porte surmontée d'une fenêtre ornementale actuellement murée, six arcades sur piliers, dont les deux de l'extrémité nord sont plus hautes que les autres. Un cordon à triple ressaut court au-dessus des arcades, épousant toutes les différences de niveau. Viennent ensuite les huit petites fenêtres éclairant la g'alerie du haut. Enfin, au sommetde l'édifice, règ-ne un cordon, traversé de neuf g^irg-ouilles, qui servait de base à un charmant couronnement crénelé, surmonté, audessus de chaque g-arg-ouille, d'un svelte clocheton dont il reste un seul exemplaire eng-ag'é dans le mur à l'extrémité sud. Les bases de tous ces clochetons subsistent et il serait facile de les restituer avec le crénelag^e. On compléterait ainsi parfaitement le bel eflet de cette façade, curieuse, non point par sa rég-ularité, car toute symétrie a été systématiquement dédaig-née. mais précisément par cet assemblage- inattendu, couronné d'une dentelure de pierres uniforme.

1. 30 octobre 1353, Eh., 6i5 : « In caméra domini camerarii in edificio novo, colgaiii et supraceluin, dicte colge, et unum arinariuni pro libris tenendis, et unum taulerium, et unum dressatorium et in castra feneslrarum, et unum meianum in dicta caméra pro cubicutario suo, et perticas in dicta caméra, et unam portant duplicatam in introitu dicte camere a parte capelle magne, n

Tour et tourelle ù'angle

(N°^ 33 et 34 du plan.)

Chaque extrémité de Taile occidentale f|ui vient d'être décrite est flanquée d'une tour. Lapreniière, du côté nord, n'a jamais porté de nom spécial. Elle occupe une superficie de 12 mètres sur 8 et forme sur la façade une saillie de 4 m. 50, Elle porte en encorbellement la tourelle à huit pans du Cardinal Blanc, dont il a déjà été question dans les constructions de Benoît Xll. C'est à cet endroit que Clément VI reprit les constructions de son prédécesseur et timbra les voûtes de son écusson aux six roses. Cette tour, découronnée, comme tout le reste de la façade, n'a pour toute décoration qu'un arceau sur les piliers des deux faces qui encla\'ent la tourelle. On voit en haut, du côté du couchant, une g'rande ouverture, démui'ée récenunent par M. Nodet: elle pouvait servir à la fois pour faire le g-uetà couvert, et pour jouir du soleil dans la mauvaise saison. Cette tour, où les murs sont creusés, à chaque étag^e, d'étroits corridors, et criblés de petites ouvertures pour éclairer les passag-es, était surtout disposée pour la défense. Elle flanquait à la fois l'entrée principale sur la place du Palais, et l'ancienne porte du côté de Notre-Dame des Doms. Tous les corridors et passag-es venant de ces deux portes V aboutissent. Cette tour d'ang'le fut commencée le 14 avril 1346 \ et la bâtisse en fut

1. 14 avril 1346, Eh., 638 : « l'ro fundamenlis turris que est in

ANGULO BASTIMENTI. »

menée de front avec le reste de la façade du couchant.

Quant à la tourelle, elle fut forcément remaniée par l'architecte de Clément VI ; son crénelag-e élég-ant et bordé de moulures n'est pas de l'époque de Benoît Xll, où les merlons étaient tout unis. Sans compter la plate-l'or'me, elle avait trois étag-es de 2 m. 50 de diamètre et peu élevés, mais qui permettaient de réunir dans un endroit relativement restreint un assez g-rand nombre de défenseurs pour servir les meurtrières superposées sur chaque face.

L'aile en retour, qui, au nord, va de la tourelle d'ang-le à la porte Notre-Dame, est identique en façade à celle du couchant, avec deux étag-es de corridors portés sur trois arcades extérieures. Le corridor du haut est tombé ; celui du dessous forme actuellement un balcon découvert au-devant de Tétag-e. Ces corridors étaient des passag-es abrités qui reliaient, pour la défense, la porte de la tourelle du Cardinal blanc au poste de la porte Notre- Dame et à tout le reste du Palais. Le corps de log"is établi de ce côté était divisé en plusieurs pièces dont quelques-unes avaient des fenêtres og-ivales assez gTandes, avec couronnements, dans le g'enre de celles qui existent encore sur la g-rande porte d'entrée. Elles sont actuellement murées, mais la trace s'en disting-ue parfaitement au-dessus de la porte Notre-Dame, tant du côté de la cathédrale que dans la cour intérieure du Palais. En 1365, l'évê-

que d'Avig*non, Ang*Iic Grimoard, frère du pape Urbain V, y occupait quatre pièces, dont les frères Etienne et Hug-o de Clermont, fournisseurs du Pape, recouvraient le sol de nattes mesurant ensemble 28(3 mètres cnrrés '.

Le compte d'un autre fournisseur, qui avait mis des toiles aux fenêtres, indique de la façon la plus précise que les quatre g-randes ouvertures og-ivales murées au-dessus de la porte Notre-Dame faisaient partie de l'appartement de l'évêque -.

Bien que la demeure des évêques d'Avig-non fût à l'autre bout de la place, Urbain V avait log*é son frère encore plus près de lui, dans cette partie du Palais, en face de la cathédrale. C'est là que ce Pape se fît porter lorsqu'il sentit sa fin prochaine, pour être tout près d'une des portes du Palais, et que chacun pût entrer librement, afin, disait-il, qu'en le voyant mourir, on prît une leçon éminemment efficace de la frag*ilité des g'randeurs humaines'.

1. 29 novembre 136^1, Eh., 772: ((Coinputaverunt Slephanus et Hugo de Claromonle fratres, de nalis per ipsos iraditis et adDiiniaiiatin pro usu hof^picii palatii prout sequitur.... Item in quatuor caiiieris domini Arininiwnsis LXXI can)uis V palinos.»

2. Septembre 1369, Eh., 660 : « Pro inielando quatuor niagnaa fenestras existentcx ante portam camere dontini episcopi Àvinioncm^iit infra palativin supra portam portaliis B. Marie de Dompnis. »

3. Baliize. I, 412 : « In frntris sui domun de portare se vnluii, (jW) piuriims conspiciendi se morientem offeret opportunitateiu, atqueeo spectaculo reruni huinanaruin fragilitatcm quain pos.<et ef/icdcisaime persuaderet. »

Moulin du Palais

(N" 33 du plan.)

C'est au pied de la tour d'ang*le, et sous la tourelle du Cardinal hlanc,(\ue fut installé, en 1357, un moulin à bras pour moudre le blé *. C'était l'époque où le passag'e des Grandes Gompag^nies commençait à donner beaucoup d'inquiétude, et peut-être le Pape voulul-il se prénujnir contre la possibilité d'un sièg'e ou d'une disette.

Les textes cités en note montrent que ce moulin était à proximité de la cuisine nouvelle du trésorier, qui habitait précisément depuis peu contre notre tour, sur la g'rande façade du couchant \ On avait fait pour la commodité du service une porte extérieure sur la place du Palais qui fut murée et ouverte à plusieurs reprises, selon les besoins K On en voit les traces autour de la porte moderne créée pour utiliser ce local, au commencement de la montée actuelle de la g-rande porte.

Contre le moulin, du côté du midi, fut élevé, devant la tour, un supplément de bâtisse de même hauteur, faisant corps avec elle, et dont l'ang-le extérieur est coupé en biais. Ce mur ainsi ajouté forme, avec celui de la tour, un g^rand espace actuel-

1. 22 octobre 1357, Eh., 651 : « Pro faciendo molendinum infra palatin ni. >>

2 ol juillet 1370, Eh., 658 : ti Porta que venit de violendino, ad coquinam novam quam mmc tenet dominus thesaurarins. «

3. 31 mars 1358, Eh., 652 : « Pro murando portaoi in pede vitis juxta portant novam molendini. »

lement vide Hu haut en bas. C'était remplacement des latrines de ce côté du Palais, dont la fosse creusée dans le rocher existe encore. Les passag^es venant du dessus de la g'rande porte d'entrée les desservaient ».

I«a Tour de I<t Gacbe

(N» 7 du plan.)

La tour de la Gâche est située sur la façade du couchant contre la grande Chapelle pontificale et se trouve aujourd'hui nivelée avec les autres bâtisses, tandis qu'à l'origine, et même encore au XVIP siècle,elle les dépassait de beaucoup, comme on peut le voir sur une estampe d'Israël Sylvestre. Confondue maintenant avec les constructions voisines, elle ne ressemble même plus à une tour. Son sommet était déjà tombé à la fin du XVIP siècle, ainsi qu'on peut en jngY^r sur le dessin reproduit ci-contre. C'est probablement à ces ruines, et non pas, comme on l'a dit, à la tour des Anges, toujours entière, que le légat Colon na put prendi^e des pierres pour son ravelin.

Jean de Loubière avait commencé cette tour en même temps que le reste de l'aile dont elle fait partie. Le 18 mai 1346, on payait les terrassiers qui avaient taillé et aplani le rocher pour asseoii'

1. Septembre 1370, Eh., 659 : « Pro caiiieris privatis inter molendinum et Iransiloriuiu magne porte palatii factis.n

les fondements au-dessus d'une cave '. Six ans après, bien que le sommet de la tour ne fût pas entièrement terminé, on pouvait installer, au rez-dechaussée, V Audience des contradictoires, qu'il ne faut pas confondre avec la grande Audience sous la Chapelle pontificale.

Le tribunal des contradictoires était un deg'ré de juridiction très difTércnt. 11 était institué pour recevoir et jug^er toutes les oppositions contentieuses aux bulles du Pape, relativement à la qualité des juges, le lieu de juridiction, et autres difficultés que soulevait la provision obtenue du Pape. Sous Jean XXll, il se composait d'un auditeur, d'un correcteur et d'un procureur. Plus tard, le nombre des litig^es s'étant considérablement accru, il y eut, avec un auditeur et un correcteur, quatorze procureurs '. On lui attribua toutes les affaires publiques de révision, de lettres de justice, de rémission, etc., dans lesquelles les jug^ements étaient discutés contradictoirement devant tous les intéressés dûment appelés [vocatis vocandis) ^

Le 4 mai 1352, le fustier avig^nonais Guillaume

1. 18 mai 1346, Eh., 636 : « Salis factuin est fregelariis ciiiit quitus fuerat factuin forum de scindenda rocha que erat in audxenlia contradictarum et alia rocha in loco ubi est cavea subtus dictain audientiam. »

1. Les inscriptions murales peintes dans la grande Audience, k la façon d'écriteaux, dont il a été (juestion ci-dessus, n'auraienl-elles pas indiqué des bureaux de procureurs ?

2. Cf. M. Faucon, op. cit., Mélanges, 1884, p. 72. — Moroni, Dizionario di erudizione, vol. XXXII, p. 187.

Vial ' plaçait les portes et montMit l'estrade du tribunal avec le sièg'e de l'auditeur'.

Cette salle des Contradktoïre^ existe encore coupée en deux, par le Génie militaire, dans le sens de la hauteur, avec une division en voûte plate, sous laquelle étaient installées les cuisines de la caserne. Lorsque ce plancher et les cheminées des cuisines seront abattus, lasnlle, remise en son état primitif, aura 18 m. de long% 10 m. de larg-e et 9 m. 50 environ de hauteur. La voûte est formée par deux travées inég-ales sur croisées d'ogMves, la plus vaste destinée aux assistants, et la plus étroite au tribunal. Trois g'randes fenêtres donnant sur la place du Palais répandaient une lumière tellement abondante, qu'on en condamna une quelque temps après ^

Plus tard, on installa des bancs de pierre près de la g'rande porte pour la commodité du public *.

Les vice-lég-ats firent de cette Audience des Co/2/r«^/c/o?mv leur salle d'armes ou arsenal. De là viennent les grisailles à l'italienne qui tapissent les

1. M. le docteur Pansier, qui a fait une savante étude des institutions hospitalières d'Avij^non, a retrouvé dans les archives de l'Aumùnede la P\islcricdos pièces très inléressanles sur ce fustier du Pape. Il avait amassé assez de fortune pour devenir un l)ienfuiteur signalé de l'institution cliarilable de sa corporation, dont le siège était dans la rue Petite-Fusterie.

2. 4 mai 1352, Eh., 643 : « Pro facinidn duiix portai in contradictoriis, prn f'acitmto scannimi dnmini andiioriA contradictaruin, pro pnrtu funlc, andientie conirndiclaruni . »

3. 30 juin 13d.t, Eh , 648 : (( Pro claudendo unain fenestram iiiagnain in audicnlia coniradic.larutn. »

4. 30 septembre 1370, Eh , 660 : a Pro ijuoddiii banquo lapideo edificaU) anie januain audieniic a parte contradictaruin, »

voûtes de blasons et d'attributs militaires médiocrement peints.

Tandis que, dans les comptes, la tour était simplement dite au débul : Tour nouvelle ou grande tour du jiahii.s neuf , les services judiciaires qu'elle dominait la firent bientôt nommer : Tour des Audiences.

Quant aux étag-es supérieurs, on y disposa des log'ements pour certains officiers du Pape. La g-rande pièce du premier étagT dépendait de l'appartement du camérier.

A la mort de Clément VI (6 décembre 13^)2), la lourdes Audiences n'était pas terminée. Le 6 avril 1353, la Chambre apostolique passait un accord avec l'architecte Jean de Loubière, pour achever cette tour et en bâtir en entier une autre contre la g-rande Chapelle. Ce fut la tour du Vestiaire ou de St-Laurent, que nous allons voir construire sous le prochain pontificat '.

Malheureusement, nous savons que Jean de Loubière visait plus à l'élég-ance qu'à la solidité. Trois ans plus' tard, la tour des Audiences donnait d'assez vives craintes. Le 20 février 1356, on était oblig-é d'élever le g*ros contre-fort peu g-racieux, mais nécessaire, qui se voit encore sur la façade extérieure du palais, vers le milieu de cette tour,

1 6 avril 1333, Eh , 6i5 : a Cnmposilio... cuin magislro Johanne de Luperiis, magislro operuni doiiiini nostripape, videlicet : ^^-

plendo turrim xiagnani palacii novi et faciendo alla integram juxta Capellam novam in XXI m. flor. auri. y.

et on condamnait même le corridor en balcon devant l'appartement du camérier '.

La précaution n'était pas inutile, car le sommet de la tour avait déjà besoin de réparations, quelques années après son achèvement. Lor;bqLie le pape Urbain V retourna de Rome, où il av^ait essayé prématurément de rétablir le Saint-Sièg-e, et vint, en 1370, reprendre sa résidence d'Avig-non, on s'empressa de mettre le palais en ordre.

Parmi les travaux urg^ents que Bernard de Manse fait exécuter, fig-urent les créneaux de la tour de la Gâche, « détruits, dit-il sur son carnet, depuis déjà long'temps, par le vent '. Ce nom de la Gâche resté à la tour, lui était déjà donné sur un inventaire de 1369 ' ; il devait lui venir de quelque réduit de g'uet installé à son sommet ou dans son voisinag-e.

Porte de la Peyrolerie

(N° 12 du plan.)

Parmi les travaux du pontificat de Clément VI, il faut noter, en finissant, la porte qui faisait communiquer l'ang^le sud-est de la cour d'^Mitrée avec la rue de la Peyrolerie, dans la partie dite actuellement place de la Mirande.

i. 20 février ISoH, Eh., 649 : « Prn faciendo ununi pilare in turri audientie et de claudendo umtni corredoriuiv juxki canierain canterarii pno tuitionk kt secuiutate meliori dicte turris. »

2. 31 juin 1370, Kh , 657 : a Pro coiiiplcndo merletos deslructos projiter ventuin, diu cral, in sunnuitate lurris Gracie. »

3. Inventaire de 1369, Eh., 661 : « In turri magna nova vocata :

LA GAGUIA. »

C»' fnt la plus petite des trois entrées du Palais, non compris la poterne des cuisines.

Les fondements en étaient creusés au mois de sept(Mnljre 1346. « à côté de r Audience neuve, pour descendre à la Peyrolerie \ » Au mois de janvier suivant, la nouvelle porte s'appuyait déjà cotre V Audience \ Elle fut rapidement terminée ; mais la descente était malaisée au-devant de l'école de tliéolo<^'ie. En 1353, des terrassiers brisaient le roclier pour rég'ulariser la pente et arriver plus aisément au niveau de la rue ^

On y revenait encore en 1357 *, et de temps à autre on recharg-eait la pente avec du brésieron débris de pierres de taille '.

A la fin du pontificat d'Urbain V, on ajouta, audessus de la porte, un supplément de défenses en mâchicoulis '.

Le bâtiment qui surmontait cette porte était assez élevé pour qu'il y eût au-dessus des cham-

1. 2 septembre 1347, Eh., 637 : « Pro cavando terrain usque adfundanientuin porte nove palatii apostoiici per quant itur versus Peyroleriani... in portail juxla audientiani novam. »

2. 31 janvier 1347, Eh., 638 : (( Pro faciendo comporta portails quod confrontalur cunt audientia nova. »

3. 3 décembre 1333, Eh., 644 : « Pro XXXVI dietis frageleriorum qui frangebanl rupeni m descenssu platée versus scolas magistri palalii. «

4. 30 avril 1357, Eh., 650 : « Pro IIII honinibiis qui operati fuerunt in descensu platée magne palatii a parte Payrolerie. »

5. 31 mars 1359, Eh., 653 : « Pro portando brazillum in discensa platée palatii a part^. Payrnlarie. »

6. 30 juin 1370, Eh , 657 : « Rayinundo de Montiliis, mercatori lapiduni, habil'itore Villanove, pro CLXXXV lapidibus, vocatis buietis, pro faciendo ampectum in prima platea palatii à parte porte Payrolarie. »

hres. L'une d'elles, en 1358, était occupée par Jean Garnie, chapelain du trésorier*.

Cette por'te existe toujours, avec ses mâchicoulis à l'extérieur comme à l'inférieur de la cour d'entrée. Il serait 1res facile de la démurer, car les encadrements el les voûtes sont entièrement conservés. Elle se trouve seulement assez en contre-haut du côté de la place de la Mirande. Le sol environnant, qui avait été exhaussé et converti en petit jardin, fut déhiayé par le g-énie militaire et mis de niveau avec la voie publique, de façon à obtenir une cour devant l'école de théolog'ie et le rez-dechaussée de la tour St-Laurent, transformés en écuries.

Avls:non à la mort de Clément VI

Un contemporain a résumé en ces quelques lig-nes l'admiration g'énérale de son temps pour les constructions de Clément VI : <( Quoique, dans cette « partie du Palais, tout soit d'une majesté excep- «■ tionnelle et d'un aspect admirable, trois choses « cependant surpassent de beaucoup le reste, à « savoir : V Audience, la grande Chapelle et les ter- <( roMses supérieures, ioules trois si merveilleusement « établies et disposées pour leur emploi, qu'il n'est « pas au monde un palais où il y ait rien, je ne

1. 30 novembre 13o8, Eh., 6o3 : « Caméra que est supra primain porta m palulh no ci a parle Payrolarie, quain canteram tenet dominus Joannes Guarrie, capellanus doinini thesaurarii. »

« dirai pas de plus beau, mais même rie pareil, (( aHeiidu surtout leur contig*uïté, et la facilité « qu'on a de monter de l'une à l'autre sans inter- « ruption '. »

Toutes les autres chroniques contemporaines en Pont le môme élog-e ^ Comment s'en étonner ? Le Palais d'xAvig-non était df^jà tel que nous le voyons aujourd'hui, sauf la tour St-Laurent, et il avait en plus toutes les splendeurs que le temps et l(^s hommes lui ont fait perdre. Sous le règ'ne de ce pontife g-énéreux et magnifique, la puissance des Papes d'Avig*non fut à son apog*ée, et,'malg'ré la terrible peste qui fit dans cette ville, en 1347, de terribles ravages, comme dans toute l'Europe, sa prospérité n'en fut pas arrêtée.

Un fait d'ailleurs s'était produit qui devait avoir pour elle une importance capitale. La reine Jeanne, souveraine de cette ville et de la Provence, avait été chassée de son royaume de Naples par Louis de Hong*rie. Elle était venue se réfug"ier à Villeneuve-lès-Avig"non, dans le palais bâti par Napoléon des Ursins et possédé par les Papes depuis la

1. Baluze, 1,261, Première Vie de Clément VI : « In hac autem parte licet omnia edi/icala seu constructa sint adntodum solemnia et aspectu valde décora, tria sunl tamen quœ reliquia specialiter excedunl, videlicet, Audientia, Capella major et ierrassiœ superiores, cuni, quoad id pro quod constitulœ et ordinatœ sunt, forte non est in inundo palatium in quo, non dicam superiores, imo nec pares existant, attenta piesenum eorum contiguitate, cum de una ad aliam sine inrdio ascensus vel transitas facilis existât. » Je donne en entier ce texte parce qu'il établit, sans contestation possible, 1^ distribution précise de cette partie du Falais.

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