‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 79 sur 134 · Baluze, I · texte numérisé non relu

Baluze, I

2. Martène, Thés. nov. anecd., II, p. 886 et suiv. Lettres du Pape Innocent VI, 16 février et 19 mars 1361.

3. Baluze, 1, 342 : « /Edi/icuvit insuper idem Ponlifex el dotant in ViUanovaprope Avtnioucni doinuin carlusiensent Vallis Benediclionis nomiaataiH . . . Sepultus in ecclesia majori Avinionensi, demuut transferendus ad dictani domuni cartusiensern Villanove. »

4. Cf. A. CouloDdrts, La Chartreuse de Villeneuve- les- Avignon. — Eug. Mùntz, Fresques inédites du XIV" siècle à la Chartreuse de Villeneuve (Gard). Paris, 1888.

Le sixième Pape d'Avi^n^&n Drbain V

Le conclave s'ouvrit au Palais d'Avig-non neuf jours après la mort d'Innocent VI, le 22 septembre 1362. Au premier tour de scrutin, Hug'ues des Rog-iers, \'rère de Clément VI, fut élu par 15 voix ; mais, trop modeste, il refusa, et on ne s'entendit plus. Six cardinaux, qui étaient de la rég-ion de Limog'es, voulaient élire l'un d'eux ; mais les autres s'y opposaient par patriotisme français, car le Limousin était malheureusement annexé aux possessions ang-laises.

Les cardinaux qui prétendaient à la tiare ne pouvant obtenir une majorité, finirent par choisir l'élu hors du Sacré-Col lèg-e : ce fut Guillaume Grimoard, fils du seigmeur de Grissac, au diocèse de Mende, depuis peu abbé de St-Victor de Marseille, et en ce moment léguât en Italie. On le fit revenir en hâte, mais il eut g^^and peine à arriver ; un débordement du Rhône et de la Durance inondait tous les alentours. Raymond Amelier et quelques autres bateliers de Tarascon finirent par l'amener péniblement, la veille de la Toussaint, en face de

Noves (Bouches-du-Rhône), jusque sur le territoii^e d'Avig*non.

Le nouveau Pape prit le nom d'Urbain V et fut couronné le 6 novembre dans la cathédrale d'Avig-non ; mais il refusa le cortège en cavalcade déjà prépaî^é pour lui faire parcourir la ville, selon Tusag-e, après sou intronisation. « Nous avons décidément un Pape, dit à ses coUèg-ues le cardinal de Périg"ueux ; nous honorions les autres par devoir ; nous devrons révérer celui-ci par crainte '. »

Cette volonté ferme et austère, Urbain V la montra dans son log^ement au Palais. 11 ne song-ea pas, comme l'ont dit beaucoup d'écrivains anciens et de compilateurs modernes, àaug'menter le nombre de tours jusqu'au chiffre de sept, pour lequel on lui a prêté ridiculement un attachement superstitieux. « Il se plaisait uniquement au septenna'we, « dit Valadier. Au g-rand Palais n'y ayant que six « tours : Trouillas, de l'Estrapade, St-Jean, de la (( Cloche, St-Laurent et l'Ag^ache, il en adjousta la (( septiesme et l'appela des Angles, la plus belle de « toutes ^ »

La tour des Ang-es était bâtie depuis plus d'un quart de siècle, et à son g'ré Urbain V trouvait déjà le Palais assez g-rand. Il m' chercha qu'à s'y créer une sorte de retraite paisible et trauquille, en dehors de l'entassement des toui's et des murs crénelés, dans la verdure du jardin pontifical.

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