Baluze, I
2. Déposition de l'abbé de Sl-Jsidore d'Espagne, Baluze, J, 1228 et suiv.
Malg'ré les vices d'une élection pareille, les cardinaux, peu soucieux de la recommencer, s'y seraient probablement résig'nés si le douteux élu, craig'nant plus que personne les protestations qu'il sentait naître, n'eût voulu s'imposer par d'étranglés violences, allant même jusqu'aux voies défait.
Les cardinaux, excédés, quittèrent Rome, et se réunirent à Fundi. Le 20 septembre, ils déclarèrent nulle l'élection de Prig-nano, et nommèrent à sa place Robert de Genève, qui prit le nom de Clément Vil.
Après de vains efforts pour s'emparer de Rome, où Urbain VI avait créé 26 cardinaux et se maintenait à l'aide de routiers enrég-imentés. Clément VU et les cardinaux décidèrent de venii* siég*er à Avignon, où cinq de leurs collèg^ues étaient demeurés depuis le départ de Grég*oire XL C'est ainsi qu'il y eut deux papes entre lesquels la chrétienté se divisa.
Clément Vil fut reconnu par la France, l'Kspag'ne, lePortug-al, l'Ecosse, la Savoie et le l'oyaume de Naples-Provenee. Le reste de l'Italie, l'Allemag*ne, les Flandres, l'Ang-leterre et les pays du nord suivirent I obédience d'Urbain VI.
L'histoire et les conséquences du schisme sont étrang'ères à cette élude, et il l'aut uniquement les envisager dans leurs rapports avec le Palais d'Avi- 2'non '.
I. Le schisme d'Occident a été récemment l'objet de travaux très im portants. Il suftira de citer : Fr. Erlhe, Neue nialeriahen zur yeichicfiie
Peters von Luna (Benedictus XIII J, précieux recueil de pièces inédites ou peu connues, entre autres la chronique provençale de Bertrand Boysset d'Arles (13651415). Il forme le VIT volume des irchiv fur Lttteratur und Kirchen Geschichte des mittelalters. Dans la même publication, le R. P. Ehrle a donné les actes du concile de Perpignan, tenu par Benoit XIII (Archiv., Y), et beaucoup d'autres documents sur les Papes d'Avignon. — Noël Valois, la France et le cjrnnd Schisme d'Occident, 4 vol., Paris, Picard, 1897-1901. Excellent ouvrage dont la lecture s'impose k tous ceux qui veulent étudier une période si troublée. - Les sources avignonaises ont été particulièrement étudiées par le même auteur. Essai de restitution d'anciennes annales avignonaises, Paris, 1902, tirage à part de l'Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1902.
Le l?uitièmc Pape d'Avi^nop Clément VII
On a pris l'habitude d'appeler antipapes les derniers pontifes qui ont siég-é à Avig^non. L'Eg"lise, plus impartiale, en a jug*é autrement. Elle n'a jamais décidé si, des deux papes qui siég'èrent alors simultanément, un seul fut le vicaire de Jésus- Christ, ou si tous deux partag-èrent valablement la charg'e de rég-ir le peuple chrétien. Ainsi que le fait remarquer M. Noël Valois % il est impossible d'interpréter comme une décision dog'matique du St-Sièg-e cette circonstance secondaire que le nom des Papes qui ont siég'é à Avig-non, pendant le schisme, ne fig*ure pas sur le catalog-ue usuel des Souverains Pontifes. Aucun acte de l'autorité apostolique n'est jamais intervenu pour flétrir les derniers Papes d'Avig-non du nom d'antipapes. Môme les conciles de Pise et de Constance, qui, pour finir le schisme, voulaient déposer à la fois celui d'Avig'non et celui de Rome, leur donnaient à tous deux