‹ Le palais du Luxembourg, origine et descriptionChapitre 24 sur 84 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

l'entrée s'ouvrait sur la rue du même nom. Le sol de cette impasse était de deux mètres environ au-dessus de la grande allée , où elle aboutissait ^ La partie du Luxembourg aliénée par le comte de Provence occupait une surface de cent neuf mille quatre cent quarante-cinq mètres , dont vingt-deux mille quatre cent trente et un furent affectés à un projet de percement de rues à travers le terrain retranché des jardins. Ainsi furent complètement abattus, en 1782, des quinconces et des allées d'arbres centenaires, remarquables par leur belle végétation , et le jardin public fut réduit à l'Ouest aux proportions que nous lui voyons aujourd'hui.

Pendant la première révolution , on avait formé le projet d'établir, sur le terrain dont il s'agit, des cafés et des jeux publics; mais ce projet resta, comme tant d'autres, sans exécution , et cet immense terrain fut pendant environ quinze années dans un état complet d'abandon. Plus tard, on y a tracé et ouvert la partie de la rue de Pleuras qui communique à l'ancienne impasse Notre-Dame-des-Champs , celle de Jean Bart et une portion de la rue de l'Ouest aboutissant à la rue de Vaugirard. Avant la première révolution la rue de Madame existait déjà, et ses deux premières maisons ont été construites en 1788.

L'ancien parterre du jardin , beaucoup moins profond que celui d'aujourd'hui, était borné à son extrémité méridionale par le clos des Chartreux, qui, de ce côté, n'était éloigné que de deux cent trente mètres de la façade du palais. Le mur du clos coupait transversalement , vers le mi-

^ En juillet 1771, les riverains de Timpasse avaient demandé et obtenu l'autorisation d'ouvrir à leurs frais une entrée sur le jardin du Luxembourg ; pour assurer le succès de leur demande, ils avaient oflert et donnèrent en eflct, à titre de présent, une somme de 6,000 francs à TEcole royale de peinture et de sculpture. Le bon approbatif de Louis XV est du 21 juillet 1771.

lieu, remplacement du parterre où on a établi la grande pelouse de gazon de la Diane.

Lorsque la Convention nationale décida que le siège du gouvernement serait établi au Luxembourg, elle ordonna en mâme temps des travaux considérables, dont le but était ragi*andissement du jardin public. Vers la fin de Tan IV (1796), on détruisit, au midi, l'ancienne limite, qu'on agrandit dans toute la largeur, de TEst à l'Ouest, d'une zone considérable de terrain prise aux dépens des bâtiments et du clos des Chartreux. On fit alors le mur de soutènement qui longe la grande pépinière* On commença en même temps , au moyen de remblais considérables, la magnifique avenue qui, de l'extrémité du parterre actuel, aboutit à l'Observatoire. En 1801, tous les arbres de la partie orientale du jardin furent renouvelés, et l'on planta entièrement la nouvelle zone de terrain provenant du clos des Chartreux. La disposition du parterre fut totalement changée. Aux murs en terrasse , aux balustrades et aux effets d'eau qui enrichissaient cette charmante décoration, succédèrent les talus en gazon et les grilles d'appui que nous voyons aujourd'hui. Les deux pelouses demi-circulaires, à droite et à gauche du bassin central, n'existaient point dans l'origine; elles furent établies aux dépens des terrasses. On remplaça l'ancien bassin octogone par une pièce d'eau plus considérable présentant un parallélogramme : au centre fut placé un groupe d'enfants supportant une vasque, et à chacun des angles un groupe moins important \ Le parterre ainsi modifié avait été terminé par un escalier ou perron de dix marches, orné de statues, et par une grille ouverte sur la grande avenue de l'Observatoire. En 1802, on fit restaurer complètement la grotte de Médicis,

< Eu 1840 , lo groupe principal a été replacé au centre du bassin actuel ; le* quatre autres sont sur les piédestaux de la grande balustrade qui termine le parterre du cdté de ralicc de* l'Observatoire.

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