CHAPITRE QUATRIÈME
PRINCIPAUX PAITS HISTORIQUES.
A l'époque où le gouvernement directorial siégeait au Luxembourg, ce palais fut le théâtre d'une des solennités les plus imposantes et les plus glorieuses de la révolution française. C'est là, qu'au retour de sa première campagne d'Italie, le général Bonaparte présenta au Directoire le traité de paix entre la République et l'Empereur, Roi de Bohême et do Hongrie, conclu le 26 vendémiaire an VI (17 octobre 1797), à Campo-Formio près d'Udine. A cette occasion , le 20 frimaire suivant (10 décembre), le Directoire fit au vainqueur de l'Italie une réception pompeuse et triomphale. Elle eut lieu dans la cour du palais du Luxembourg, u Les direc- » leurs étaient rangés , au fond de la cour sur une estrade , ry au pied de l'autel de la patrie, et revêtus du costume ro- ^ main. Autour d'eux, les ministres, les ambassadeurs, les yy membres des deux conseils, la magistrature, les chefs V des administrations étaient placés sur des sièges, rangés n en amphithéâtre. Des trophées magnifiques, formés par
y> les innombrables drapeaux pris sur l'ennemi, s'élevaient,
V (le distance en distance, tout autour de la cour; de belles » tentures tricolores en ornaient les murailles; des galeries ^ portaient la plus brillante société de la capitale; des corps ^) de musiciens étaient placés dans l'enceinte; une nom- ^ breuse artillerie était placée autour du palais, pour ajou- )' ter ses détonations aux sons de la musique et au bruit des " acclamations. Chénier avait composé, pour ce jour-là, 1' l'une de ses plus belles bymnes \ « Bonaparte, après avoir été harangué par M. de Talleyrand, ministre des affaires étrangères, prit la parole, et prqnonça un discours à la suite duquel il remit au Directoire le traité de Campo- Formio.
On a vu précédemment que le palais du Luxembourg avait servi de demeure aux cinq directeurs chargés du pouvoir exécutif. A l'époque de la journée connue sous le nom de 18 brumaire, les cinq directeurs en Fonctions, et que, par dérision, Napoléon appelait les cinq rois à terme, h cause du renouvellement que le Directoire devait subir tous les cinq ans, étaient : Barras, Siéyès, Roger-Ducos, Gohier et Moulins. Un seul d'entre eux, Barras, habitait le Luxembourg, au premier étage, dans le pavillon de l'Ouest, sur la rue de Vaugirard \ Les quatre autres n'ayant pu trouver place dans les anciens appartements entièrement dégradés alors, occupaient, à l'hôtel du Petit-Luxembourg, les appartements au rez-de-chaussée, et au premier étage de l'aile à droite'. Les audiences se tenaient dans les grands appartements de réception, encore existants, du même hôtel.
C'est au Luxembourg que furent préparés et arrêtés les événements du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). On sait qu'à son retour de l'armée d'Egypte, Bonaparte,
* ThierSf Histoire de la Révolution française, tome I\ , page 378.
' Où sont anjourd'hui les bureaux de la caisse et les petites pièces du Musi^c.
' 06 sont aujourd'hui les appartements d'habitation de M. le chancelier Pasquier.