‹ Le palais du Luxembourg, origine et descriptionChapitre 27 sur 84 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

après avoir sondé tous les partis pour se placer à la tôte de celui qui lui offrirait le plus de garanties pour ^on élévation, s'unit étroitement avec Siéyès pour renverser le Directoire. On sait également que Falliance de ces deux hommes de caractères si opposés, eut lieu le 8 brumaire (30 octobre), à la suite d'un dîner que Bonaparte avait accepté au Luxembourg, chez Barras. N'ayant pu s'entendre avec celui-ci, Bonaparte, avant de quitter le Luxembourg, se rendit chez Siéyès, et vint lui déclarer qu'il voulait marcher seul avec lui. Le 15 du même mois, en sortant d'un banquet donné par les Conseils à Bonaparte , dans l'église de Saint-Sulpice, qu'on appelait alors le Temple de la Victoire, le général alla de nouveau au Petit-Luxembourg, où l'on arrêta définitivement le plan et les moyens d'exécution du complot. On avait gagné Roger-Ducos; on comptait également sur Barras; quant à Gohier et Moulins, a qui on avait donné avis de la conjuration , ils refusaient d'y croire. Enfin, le 18 au matin, au moment où s'accomplissaient les faits qui allaient renverser le Directoire, Bonaparte, sous prétexte de veiller à la sâreté des directeurs, fit cerner toutes les avenues du Luxembourg , par cinq cents hommes sous les ordres du général Moreau. C'est alors seulement que Gohier et Moulins reconnurent la réalité de la conjuration qu'ils n'avaient pas su prévenir. Après avoir été étroitement gardés dans leurs appartements pendant la journée du 18, ils eurent le soir la liberté de se retirer. Barras, qu'on avait facilement gagné, s'esquiva et obtint de Bonaparte une escorte de cent hommes pour se rendre en sécurité à sa terre de Grosbois.

Les principaux événements dont le Luxembourg a été témoin aux beaux jours du règne de Napoléon , offrent une série de glorieux épisodes, dont le souvenir doit flatter encore notre orgueil national; mais les limites et l'objet de

cet ouvrage ne permettent point de les décrire tous, même d'une manière succincte. Forcé de choisir, je dois me borner à quelques faits qu'il est impossible de passer sous silence.

Ce fut de l'ancienne salle des séances du palais, que partit le signal de cette révolution pacifique qui plaça la couronne sur la tête de Napoléon. Les sénateurs délibérèrent, le 6 germinal an XII (27 avril 1804), sur une adresse au premier consul, dans laquelle ils prirent en ces termes l'initiative officielle de son élévation au trône : u Vous fon- » dez une ère nouvelle, mais vous devez l'éterniser; l'éclat

^ n'est rien sans la durée nous ne saurions douter que

" cette grande idée ne vous ait occupé, car votre génie y^ créateur embrasse tout et n'oublie rien; mais ne différez V point.... grand homme, achevez votre ouvrage en le ren- « dant immortel comme votre gloire. Vous nous avez tirés » du chaos du passé , vous nous faites bénir les bienfaits du )' présent , garantissez-nous l'avenir ! I » On sait la suite , on sait comment le Consulat fit bientôt place au régime impérial \

Une autre séance solennelle eut lieu au Luxembourg, le 1" janvier 1806, à l'occasion de la capitulation d'IJlm et de la bataille d'Austerlitz ; elle complète le tableau déjà décrit de la grande scène du traité de Campo-Formio.

Cette scène imposante avait pour objet la réception et l'inauguration de cinquante-quatre drapeaux ennemis, dont Napoléon avait fait don au Sfénat, après une guerre commencée et finie en moins de soixante jours. Dès le matin , une foule avide de contempler et de saluer de ses acclamations ces trophées dus à la bravoure de la grande armée et

^ Booftparte fit venir le pape de Rome à Paris , et se fit sacrer par lui le 11 frimaire an XII (2 décembre 1804), sous le nom de Napoléon I'^, empereur des Français.

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