‹ Le palais du Luxembourg, origine et descriptionChapitre 28 sur 84 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

au génie de son chef, encombrait les rues qui conduisaient du Tribunat au Luxembourg.

A midi, les membres du Sénat se réunissent en grand costume, sous la présidence du prince Joseph, grand-électeur et frère de Napoléon. Le prince archichancelier et les autres ministres sont présents; les tribunes sont occupées par les grands-officiers de l'empire, par les membres du corps diplomatique, du conseil d*Etat, du corps législatif, des différentes cours et tribunaux; par des officiers des maisons impériales et par un grand nombre de fonctionnaires publics. La foule des spectateurs remplit les' différentes pièces qui précèdent la salle des séances.

On annonce l'arrivée du Tribunat. Il est reçu au haut du grand escalier d'honneur par une députation de huit membres, composée des sénateurs Roger-Ducos, Rousseau, Saint- Martin, Lamotte, Saint- Vallier, Saur, Sers, Serrurier et Siéyès. Le Tribunat, précédé de ses messagers d'Etat et de cinquante -quatre officiers de différents corps, portant un pareil nombre de drapeaux , est introduit dans la salle des séances au bruit des fanfares militaires ; les officiers porteurs des drapeaux se rangent en demi-cercle au fond de la salle, derrière le dernier rang des sénateurs.

Le président du Tribunat, Fabre de l'Aude, ayant obtenu la parole, expose la mission dont l'empereur a chargé le Tribunat

Après avoir répondu à ce discours, le prince Joseph invite, au nom du Sénat, les membres du Tribunat à assister à la séance ; puis, sur la proposition du maréchal PérignoYi, de Garât et de Lacépède, le Sénat décide, séance tenante, l'érection d'un monument triomphal à Napoléon ; il est arrêté en même temps qu'on gravera sur une table de marbre, la lettre par laquelle l'empereur fait don au Sénat des drapeaux conquis par l'armée française. Voici cette lettre :

u Sénateurs ,

)) Je vous envoie quarante drapeaux conquis par mon ary> mée dans les différents combats qui ont eu lieu depuis celui î» de Wertingen ; c'est un hommage que moi et mon armée fai- )7 sons aux sages de Tempire, c'est un présent que des enfants w font à leurs pères. Sénateurs, voyez-y une preuve de ma » satisfaction pour la manière dont vous m'avez constamment ^ secoifdé dans les affaires les plus importantes de l'empire. >i Et vous, Français, faites marcher vos frères ; faites qu'ils y> accourent combattre à mes câtés , afin que , sans effusion yy de sang, sans efforts, nous puissions repousser loin de '' nous toutes les armées que forme l'or de l'Angleterre, et

V confondre les auxiliaires de l'oppresseur des mers. Séna- » teurs, il n'y a pas encore un mois que je vous ai dit que y> votre Empereur et son armée feraient leur devoir; il me

V tarde de pouvoir dire que mon peuple a fait le sien. Depuis ^ mon entrée en campagne, j'ai dispersé une armée de cent )> mille hommes; j'en ai fait près de la moitié prisonnière; le )) reste est tué, blessé ou déserté, et dans la plus grande conyy sternation. Ces succès éclatants, je les dois à l'amour de )) mes soldats, à leur constance à supporter les fatigues; je )? n'ai pas perdu quinze cents hommes tués ou blessés. Séna- « teurs, le premier objet de la guerre est déjà rempli, l'élec- >> teur de Bavière est déjà rétabli sur son trône. Les injustes ' agresseurs ont été frappés comme par la foudre ; et avec

V l'aide de Dieu,j'espère dans un court espace de temps triom-

'^ plier de nos ennemis.

" Signé : Napoléon.

»> Pour TEmpereur, «^ Le Secrétaire d'Etat,

» Si({né : H.-B. Markt.

? Dr mon camp impérial (rElchiii<{rn , le 20 vcndémairc on XI V. -

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