‹ Le palais du Luxembourg, origine et descriptionChapitre 6 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

OKKilNK DU PALAIS ET DES JARDIXS. — ÉTAT PRIMITIF.

Marie de Médicis, à qui l'on doit ce palais, Tun des plus beaux, et, sans contredit, le plus complet de ceux qui existent dans la capitale, était fille de François II, grand-duc de Toscane, et de la grande-duchesse Jeanne d'Autriche; elle était née le 26 avril 1573, et avait vingt-sept ans lorsquelle fut mariée à Henri IV, au mois d'octobre de Tannée 1600'; celui-ci en avait alors quarante-sept. Peu de jours avant les massacres de la Saint-Barthélémy, et lorsqu'il n'était encore que roi de Navarre , il avait épousé Marguerite de Valois, sœur de Charles IX; mais séparé d'elle depuis longtemps, et n'en ayant pas d'enfants, il avait, en

^ Le rontrat, signé Maria di hfedici prometto corne sopra, Ferdinando, grau dnca di Toscana, A. Brulart, se Irouve dans les manuscrits de Béthune, n<> 94S5 ; il fut passé à Florence, au palais Pittif le 25 avril de Tannée 1600, et la célébration eut lieu dans cette ville le 5 octobre de la même année. C'est à Lyon , le 9 décembre suivant, que se réunirent ensuite Henri IV et Marie de Afédicis.

1599, sur les remontrances du parlement et d'après le conseil de ses ministres, négocié et obtenu son divorce sous prétexte de parenté '.

Neuf ans après son second mariage, Henri IV, se rendant en voiture à l'Arsenal, pour visiter Sully, fut assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610 *. Quelques heures seulement après le meurtre du roi , sa veuve , puissamment secondée par le crédit et les démarches habiles du duc d'Ëpernon , fut déclarée régente par le parlement , et son fils reconnu roi. La cérémonie eut lieu dans une des salles du couvent des Grands- Augustins'. Au moment de la mort de Henri IV, son fils et successeur, Louis XIII, avait neuf ans; il était né à Fontainebleau le 27 septembre 1601.

C'est environ deux ans après l'assassinat de Henri IV que Marie de Médicis, régente, forma le projet de construire un palais plus commode que le Louvre, qu'elle habitait alors.

Vers le milieu du seizième siècle , Robert de Harlay de

1 Marguerite de Valois s* était d'abord refusée au divorce , dans la crainte d*étrp remplacée par la maîtresse du Roi , Gabrielle d'Estrées , duchesse de Beaufort , à qui ce prince avait donné une promesse de mariage , mais celle-ci étant morte la mémo année, 1599, la reine Marguerite se soumit alors à ce <)u*on exigeait d'elle, et passa à Usson en Auvergne , un acte daté du 4 février 1599, par lequel elle consentait à la dissolution de son mariage. Il existe d'elle plusieurs lettres originales , adressées tant à Henri IV qu'à ses ministres , concernant son divorce.

' Voir le procès de Ravaillac et le détail de son supplice dans le Vl^ volume des Mémoires de Condé , pages 301 et suivantes.

' Ces religieux jouissaient de plusieurs privilèges extraordinaires ; ils portaient le titre de chapelains du Roi. Leur église fut choisie par Henri III pour la cérémonie de l'institution de l'ordre du Saint-Esprit , le l^i* janvier 1579. Ce prince y reçut celui de la Jarretière, le 1*** février 1585, et y établit sa confrérie des Pénitents. Le parlement choisit ce couvent pour la procession générale qui se faisait chaque année, le 22 mars , en l'honneur de la réduction de Paris sous l'obéissance d'Henri IV , à pareil jour en 1594. Le clergé de France tenait des assemblées dans ce lieu, et, en différentes occasions, le parlement, la Chambre des comptes, le ChAtelet et 1rs commissaires du Conseil y ont eu leurs séances.

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