GALERIES DE L'ACIIILLEUS ET PORTES DE L'AUGUSTÉON
Avant de quitter l'Augustéon , nous allons rapporter, en l'abrégeant , le récit que nous trouvons, dans le livre des Cérémonies, de l'entrée triomphale de l'empereur Théophile (f 842) à Constantinople , à son retour de l'Asie, après avoir vaincu les Sarrasins en Cilicie. Ce récit nous amènera de la Porte dorée, ouverte dans les murs de la ville du côté de la terre, à celle par laquelle on entrait dans la partie méridionale du Forum, en venant de l'occident, et nous conduira de là aux Thermes de Zeuxippe et à l'Hippodrome.
Les captifs et les soldats qui portaient les trophées enlevés aux ennemis ouvraient la marche du cortège; puis venait, en bon ordre, un corps de cavalerie revenu de l'Asie avec l'empereur ; tous les cavaliers avaient le clibanion en or 2, et étaient armés de 1 épée et de la lance. A quelques pas en avant de l'empereur, on voyait les officiers attachés à sa personne et les eunuques protospathaires couverts d'armures d'or et portant des hallebardes. Théophile était monté sur un cheval blanc dont le harnais et la housse étaient enrichis de pierreries. Son costume consistait en une cotte d'armes tissue d'or, qui recouvrait sa cuirasse; son épée était attachée à une riche ceinture; il avait sur la tête
1 Nicet.e Historiœ; Paris., p. 153; Ron., p. 307.
1 Nous sommes tenté de voir dans le clibanion cette brigandine à écailles qu'on rencontre fréquemment dans les peintures des manuscrits byzantins des neuvième, dizième et onzième siècles.
une tiare, xiàpav, et sa main droite portait un sceptre. Alexis, gendre de l'empereur, qui avait été élevé à la dignité de césar, se tenait à côté de lui sur un cheval dont l'équipement était également chargé de pierres précieuses ; l'armure complète qu'il portait était une œuvre d'orfèvrerie ; le clibanion , les gantelets , les genouillères et le cimier du casque étaient d'or ; son épée pendait à sa ceinture , et sa main était armée d'une lance où l'or avait remplacé le fer. Les membres de la famille impériale et les sénateurs, couverts de riches vêtements tissus d'or, que l'empereur avait fait faire, suivaient le triomphateur '.
A quelque distance de la Porte dorée, l'empereur descendit de cheval, et, le visage tourné vers l'orient, il se prosterna trois fois pour adorer Dieu. Puis il remonta à cheval et entra dans la ville par cette porte. L'éparque qui l'y attendait lui offrit une couronne d'or, rehaussée de pierres fines et de perles du plus grand prix. De là, l'empereur, passant par la place du Sigma et devant Saint-Mocien, arriva à l'Augustéon. Les sénateurs qui accompagnaient Théophile descendirent de cheval sous le Milliaire; là ils s'organisèrent en procession , avec les dignitaires qui avaient accompagné l'empereur en Asie et les officiers de sa maison, et tous, à pied, le précédèrent jusqu'à Sainte-Sophie. Théophile descendit de cheval à la porte du Puits-sacré (n° 1 , L) , et pénétra dans l'église par cette salle. Après avoir fait ses prières, l'empereur sortit de l'édifice et traversa tout le Formn à pied jusqu'à la porte du vestibule de la Chalcé (n° 20, A). En avant de cette porte, on avait élevé une estrade sur laquelle était placé le trône impérial, qui était en or et enrichi de pierreries. Dès que Théophile s'y fut assis, le premier magistrat de la ville lui offrit des bracelets d'or. L'empereur les accepta en le remerciant par quelques paroles gracieuses, et les attacha à ses bras. Après un discours dans lequel il raconta les combats qu'il avait livrés et 1 heureuse issue de la guerre, il descendit du trône aux acclamations de la foule. Alors remontant à cheval, il traversa les galeries de l'Achilleus, et, longeant la face latérale des Thermes de Zeuxippe (n° 15), il s'avança dans l'Hippodrome2.
Ces galeries de l'Achilleus, oiaÇaxi'xa tou A-/ iXXIcoç , qui prenaient sans doute leur nom des Bains d'Achille, situés dans le voisinage3, ne nous paraissent être autres que les portiques occidentaux du Forum. Nous trouvons en effet dans le livre des Cérémonies que l'empereur, en allant à Sainte-Sophie le jour de Noël, et recevant, suivant la coutume, les hommages des différents corps de fonctionnaires dans certaines localités qui se trouvaient sur son passage, faisait la troisième réception dans l'intérieur du vestibule de la Chalcé (n° 20), la quatrième en dehors de ce vestibule, et par conséquent dans l'Augustéon, la cinquième dans l'Achilleus, près de la grande porte de Mélétion (n° 10, A),
» De cer. aul Byz., appendix ad lib. I, p. 503. — Georgius mon., ap. Script, post Theoph., Paris., p. 516; Bon., p. 793.
1 De cer. aul. Byz., appendix ad lib. I, p. 505 et seq. * Du Cange, Const. Christ., lib. I, § 27, p. 88.